Étape mythique du tour de France, tremplin pour les amateurs de parapentes, point de vue sans pareil pour randonneurs et photographes, le Mont-Ventoux « semble surgir de la plaine et peut apparaître comme très accessible vu d'en-bas », observe Ken Reyna, directeur du PNR du Mont-Ventoux. Pourtant, ceux qui s'essaient à grimper jusqu'à son sommet lunaire « se rendent compte que c'est un vrai défi. Que ce n'est pas une colline mais une vraie montagne ». Le Mont-Ventoux est aussi un havre de biodiversité, composé de paysages et d'écosystèmes très variés. Sur les 90.000 hectares que protège le Parc naturel, 53 % sont des espaces naturels composés d'espèces végétales - dont des espèces endémiques -, d'oiseaux nicheurs ou encore de plus de 1.400 papillons en tous genres... Une richesse qui vaut au Mont-Ventoux la qualification, depuis 1990, de réserve de biosphère par l'Unesco.
Sauf que le Mont-Ventoux n'est pas qu'un espace naturel. 9 % de sa surface sont urbanisés ; Carpentras, avec 28.000 habitants, étant sa ville la plus peuplée quand 32 % de ce territoire sont dédiés à l'agriculture, première activité économique devant le tourisme. Maraîchage, viticulture, arboriculture, oléiculture mais aussi lavande et élevage ovin... Des cultures reconnues par onze appellations d'origine (AOP) et neuf Indication géographique protégées (IGP), mais particulièrement impactées par les effets du réchauffement climatique : températures sans cesse plus élevées, moindre disponibilité de l'eau, cultures plus précoces... de même que par la déstabilisation de certains mécanismes naturels comme la pollinisation ou la disparition d'espèces auxiliaires qui peuvent également nuire à l'agriculture.
Autant d'enjeux, à la fois contradictoires et imbriqués les uns aux autres, qui rendent difficile la gestion d'un tel espace. D'où la volonté des collectivités locales liées au Mont-Ventoux de se fédérer autour d'un PNR. Un processus enclenché en 2013 pour n'aboutir que sept années plus tard, en juillet 2020.