« L’export doit devenir la nouvelle grande cause économique de la France » (Laurent Saint-Martin, Business France)
Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - Vous estimez que 2024 sera une année de croissance. Et que l'export en sera un contributeur notamment grâce au Plan France 2030...
LAURENT SAINT-MARTIN - Nous mettons des moyens que nous n'avons jamais mis sur la table pour l'export. France 2030 c'est 54 milliards d'euros. Nous accompagnons, dans ce cadre, le chef d'entreprise pendant 30 mois, nous le subventionnons à hauteur de 50.000 euros... Ceci est un vrai changement d'échelle et un vrai changement de braquet dans ce que nous voulons faire. Nous assumons que la France, demain, aura des champions et ce sont ces entreprises labellisées France 2030. Nous les accompagnons et les projetons durablement à l'international sur des marchés sur lesquels il y existe un fort potentiel. C'est cela, le vrai gamechanger à partir de 2024. Depuis mon arrivée en janvier dernier, j'ai lancé un plan stratégique avec la volonté de faire de cette agence, une entreprise publique de conseil à l'international qui soit performante, musclée avec une culture, un peu nouvelle, d'entreprise. Nous voulons parler la langue du chef d'entreprise et passer d'un rôle parfois un peu administratif à un vrai regard d'entrepreneur. Cette bascule doit être ressentie par les chefs d'entreprises.
Vous parlez de momuntum à propos de la capacité d'attractivité de la France. La stratégie de réindustrialisation impulsée depuis deux ans contribue-t-elle à cette attractivité ?
La France est le pays le plus attractif d'Europe depuis 4 ans. Il y a dix ans, personne n'aurait parié sur cela. Il y a eu une accélération dans le regard vers la France et ça s'est accéléré avec la stratégie de réindustrialisation depuis le Covid. En 2017, le Président de la République a eu la volonté de rendre le pays plus attractif par des mesures que nous appelons des mesures d'attractivité du quotidien - baisse de la fiscalité, réforme du marché du travail - qui ont envoyé un message selon lequel il est bon d'investir en France. Mais le véritable changement de braquet de la réindustrialisation c'est la période Covid qui a mis en exergue les problématiques d'autonomie stratégique sur certains produits. France 2030, avec dix verticales très claires, doit nous permettre de regagner en souveraineté alimentaire, sanitaire et, de manière générale, industrielle. L'enjeu est de créer les grandes filières de demain, sur l'industrie décarbonée, sur le nucléaire, sur le véhicule électrique... Nous voulons reprendre les beaux sites industriels - comme Dunkerque ou Fos - qui ont été totalement oubliés, pour en faire des champions industriels. Et ça, ça se voit dans le monde.
Laurence Bottero