Alors que la situation à Goma continue d’être tendue, la ministre de la coopération internationale de la RDC relaie la demande faite auprès du conseil de sécurité de l’ONU de sanctions à prendre contre le Rwanda, qui, dit-elle, au-delà du fait humanitaire, étiquette frauduleusement les minéraux stratégiques venant du Congo. Et d’appeler plus largement à des relations Nord-Sud équitables.La situation à Goma continue de se tendre, les troupes du M23, soutenues par le Rwanda, ayant depuis bientôt 15 jours bouleversé cette partie du territoire de la République démocratique du Congo (RDC).
Une situation complexe qui pousse la RDC, par la voie de son ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, à demander au conseil de sécurité des Nations Unis la prise de sanctions contre le Rwanda. Une « voie diplomatique pour faire entendre la voix de notre pays », relaie Bestine Kazadi, ministre de la coopération internationale de la RDC.
Les minerais, doublement stratégiques
En fond, c'est un appel aux pays partenaires du Rwanda qui est fait, dont la France. Bestine Kazadi de citer notamment le protocole d'accord signé entre l'Union européenne et le Rwanda en février 2024, portant précisément sur le développement de chaînes de valeur concernant les minéraux critiques.
Un accord a par ailleurs été signé, en 2023, avec la République démocratique du Congo, la Zambie, l'Angola, les Etats-Unis dans le cadre du développement du corridor Lobito lequel s'inscrit dans la stratégie « Global Gateway », une stratégie qui est soutenue financièrement par une enveloppe de 300 milliards d'euros d'investissements publics et privés sur la période 2021-2027. Pour rappel, la RDC est le premier producteur mondial de cobalt et premier producteur africain de cuivre. Le pays dispose également de gisements importants en or, sans omettre ses capacités en lithium.
« Cette guerre (entre la RDC et le Rwanda) comprend deux axes, le foncier et les minerais », explique Bestine Kazadi.