« Nous avons enclenché le désendettement du Gabon » (Charles M’Ba)

Laurence Bottero
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Charles M'Ba estime que le Gabon dispose de tous les leviers nécessaires pour gérer la dette conventionnée du pays.
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LA TRIBUNE AFRIQUE - La dette de votre pays, le Gabon, a « alarmé » le FMI, en juillet dernier, notamment parce qu'elle dépassait de plus de 70% le montant du PIB...
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CHARLES M'BA - Il est important de faire la distinction entre la dette conventionnée et la dette non conventionnée. Le montant de la dette conventionnée à septembre 2023 était de 7 288 milliards de francs CFA, dont 4 615 milliards de FCFA de dette extérieure et 2 673 milliards de FCFA de dette intérieure. La dette conventionnée c'est celle dans laquelle l'Etat a des engagements fermes, tels la dette sociale, les retards de paiement des pensions de retraite, les rappels de soldes, toutes les instances (factures) qui arrivent au Trésor et qui ne sont pas réglées. Ce que nos disons au Fonds monétaire et à toutes les institutions, c'est vrai cette dette existe mais l'Etat à des marges de manœuvre pour la gérer. La preuve, en 18 mois, nous avons acté un désendettement de 266 milliards de FCFA. Je ne fais pas une plaidoirie systématique, mais j'étais ministre délégué aux finances entre 2006 et 2009, lorsque le Gabon a voté 250 milliards de FCFA de budget d'investissement. Au cours des quatre années où je suis resté ministre délégué aux Finances, le Fonds monétaire nous taxait de capacité insuffisante d'absorption du budget d'investissement. Tout le monde disait que nous n'étions pas capables de dépenser le budget d'investissement. En 2010, sous le pouvoir d'Ali le budget d'investissement est passé à plus de 1 000 milliards de FCFA. Entre 2010 et 2022, le Gabon a bénéficié de 18 000 milliards de francs CFA d'investissement. Vous pouvez me dire comment vous consommez 18 000 milliards quand vous n'êtes pas capables de consommer 250 milliards de dollars ? Voilà une somme qui n'a pas servi à construire des routes, des hôpitaux, des universités, des écoles... Ni à construire les 600 MW d'énergie électrique dont nous avons besoin aujourd'hui. Et ce que je dis à nos partenaires, c'est qu'ils étaient bien là pour laisser filer un endettement et ne pas construire de la richesse. Ce n'est pas une façon de nous plaindre mais c'est une réalité et il nous faut reprendre les choses en main.
Laurence Bottero