Dans la lutte contre les incendies, la prévention est le premier levier. Sauf qu'elle ne se cantonne pas au seul débroussaillement ou aux engins et matériels déployés, elle est aussi technologique. « Nous explorons toutes les solutions numériques qui existent pour identifier celles qui peuvent améliorer le travail des sapeurs-pompiers, notamment dans le domaine des feux de forêts », explique le Lieutenant-Colonel Philippe Meresse. A Aix-en-Provence, il pilote le département innovation - 12 personnes dont cinq développeurs, cinq géomaticiennes, un datascientist, un spécialiste 3D - de l'Entente Valabre, cet établissement public né à la fin des années 1960 et dévolu à la prévention et à la lutte contre les risques naturels.
Un travail de fourmi, de longue haleine aussi, car le recours aux solutions technologiques se heurte parfois tout simplement au manque de financement accordé. Mais les événements climatiques et l'intensification du risque incendie impactent la façon de dérouler la stratégie nationale, qui depuis près d'une trentaine d'années se focalise sur l'attaque massive de feux naissants. Des feux qu'il convient de détecter le plus tôt possible et par une diversité de moyens. C'est notamment ce que pose le rapport Panoptès (du grec « qui voit tout », NDLR), confié à L'Entente Valabre en 2023 par les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement et de l'Intérieur pour dresser une sorte d'état des lieux des solutions technologiques existantes.