Les leçons de l’incendie de Marseille
Laurence Bottero et Colombe Laferté
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Une maison du lotissement Campagne Bleue à l'Estaque après l'incendie.
LTD / Viken Kantarci / AFP
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Une maison du lotissement Campagne Bleue à l'Estaque après l'incendie.
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« C'était un vrai coin de paradis, calme, à côté de la mer, avec des pins tout autour. Nous y avons organisé tellement de réunions de famille », soupire Christian. De sa maison du lotissement Campagne Bleue à l'Estaque, quartier du seizième arrondissement de Marseille, il ne reste plus que les murs et de la ferraille. « Nous avons vu les flammes se propager très rapidement avec une puissance incroyable. Les cendres chaudes nous tombaient dessus et la langue de feu arrivait par derrière la colline », se remémore avec émotion l'homme de 77 ans.
Les habitants des quartiers Nord de Marseille ont toujours du mal à y croire et pourtant, le passage des flammes est encore nettement visible : tapis de cendres, troncs d'arbres dénués de branchages, logements brûlés, détruits et cette odeur qui persiste dans l'air. L'incendie est parti le 8 juillet au matin d'un véhicule enflammé sur l'autoroute A55. Sous l'effet du vent, il a progressé et dévalé les pentes et les collines dans leur direction.
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Après le feu, les habitants sont retournés sur les lieux avec, à chaque pas, la peur grandissante de retrouver sa maison détruite. Au cas par cas, le bilan est dressé, lourd, pesant. A côté de constructions calcinées, certaines bâtisses sont intactes, ou presque : la trajectoire du feu, injuste, a frappé aveuglément. Sur la route pour rejoindre l'Estaque, Philippe ne se fait aucune illusion quant à l'état dans lequel il va retrouver la maison familiale. Il a reçu des photos, par le voisinage, de ce qui est désormais un tas de cendres.
Laurence Bottero et Colombe Laferté