Et s'il n'y avait pas de LGV Bordeaux-Toulouse : quel impact économique ?
Florine Galéron et Gael Cérez
Florine Galéron et Gael Cérez
La bataille de chiffres a repris de plus belle ce mardi entre opposants et défenseurs de la ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse. Hier lundi, la commission d'enquête a rendu un avis défavorable sur l'utilité publique du projet.
Dans le rapport remis à la préfecture de Gironde, les commissaires estiment que la construction de la LGV présente une "rentabilité socio-économique faiblement positive" et que les retombées économiques "favoriseront essentiellement les deux grandes métropoles" Bordeaux et Toulouse. Déjà, en octobre dernier, la Cour des comptes soulignait que la fréquentation stagnante sur le réseau TGV associée à une rentabilité des lignes en baisse "au fil de nouveaux projets de plus en plus coûteux" ont fait passer sa marge opérationnelle "de 29 % du chiffre d'affaires en 2008 à 12 % en 2013".
Le projet de ligne à grande vitesse permettrait de relier Toulouse et Bordeaux en 1h05, ce qui amènerait Toulouse à 3h10 de Paris contre plus de cinq heures actuellement. Coût de l'investissement : 8,3 milliards d'euros. Les travaux doivent commencer en 2017 pour une mise en service à l'horizon 2024.
En attendant, l'incertitude autour du projet inquiète les professionnels du BTP. Thierry le Friant, le président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP), dénonce "le manque de visibilité autour du projet" alors que le secteur traverse une sévère crise :
Même constat du côté d'Eurosud Transport, structure qui promeut les grands projets ferroviaires dans la région. "D'après une étude réalisée par l'observatoire économique de la ligne Tours-Bordeaux, pour un euro investi, 3,42 euros de production sont générés dans l'économie française", assure Valérie Cormier, la directrice de la structure.
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Valérie Cormier pointe le danger pour la métropole de Toulouse de se retrouver sans ligne à grande vitesse:
Professeur d'économie à Toulouse School of Economics (TSE), spécialisé dans les transports et l'industrie, Marc Ivaldi est plus prudent sur l'impact économique de la LGV sur le tissu économique local :
Une analyse partagée par la chercheuse Marie Delaplace, rattachée au Lab'Urba de l'université Paris Est et spécialiste de la LGV :
C'est aussi la position avancée par les écologistes. Guillaume Cros, qui préside le groupe EELV au Conseil régional, lance : "En améliorant les réseaux existants, on peut descendre à 3h40 de trajet entre Toulouse et Paris et en favorisant le développement de l'ensemble du territoire, pas uniquement de deux métropoles."
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Lundi 30 mars, pourtant, Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine, Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées, Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, et Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole ont de leur côté réagi conjointement pour regretter la décision de la commission d'enquête publique :
Par ailleurs, à l'instar de la FRTP, les élus notent l'importance de ce projet du point de vue du "nombre d'emplois créés par le chantier et du maintien des entreprises de travaux publics".
La préfecture a jusqu'au mois de décembre 2015 pour se prononcer sur l'utilité du projet. De son côté, le gouvernement doit rendre ses conclusions d'ici juin 2016.
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