Neomerys veut lever 15 M€ en bourse pour son biocarburant écovertueux

Pierre et Jérémy Dutheil, cofondateurs de la startup Neomerys à Montpellier
Neomerys

Pierre et Jérémy Dutheil, cofondateurs de la startup Neomerys à Montpellier
Neomerys
Cinq ans que la start-up montpelliéraine Neomerys, créée en 2014 par quatre biologistes, travaille dans le secret sur l'idée d'un nouveau biocarburant vertueux, à même, selon ses concepteurs, « de sortir l'humanité de sa dépendance au pétrole tout en réparant la planète »...
Le 18 avril, Jérémy Dutheil (ingénieur en chimie verte et docteur en microbiologie des algues), directeur R&D de Neomerys, et son père Pierre Dutheil (ingénieur), P-dg de Neomerys, ont présenté l'aboutissement de leurs travaux de recherche, le projet Kodama.
Déforestation massive, ressources pétrolières épuisées, pollution atmosphérique... C'est sur un constat implacable que Jérémy Dutheil entame sa démonstration avant de rappeler les limites et faiblesses des différents biocarburants existants, les biofuel à base de céréales, de ligno-cellulose (bois et parties non-alimentaires des plantes) ou de micro-algues.
Le principe de Neomerys est d'exploiter une micro-algue bleue qu'ils nourrissent avec la sève des arbres, une substance naturelle riche en nutriments.
La start-up a mis au point un procédé de transformation des micro-algues qui ambitionne de ramener le prix du litre en-dessous des 2 €, contre 20 € aujourd'hui. Comment fait-elle baisser ce coût ? En recourant à la sève des arbres (extraite sans découpe) plutôt que des engrais chimiques, à un bioréacteur spécifiquement conçu par le Breton Synoxis pour la multiplication des micro-algues, à une méthode innovante de récolte des micro-algues à bas coût (par aimantation), ou à un biocatalyseur mis au point par SupAgro Montpellier pour achever la transformation en biocarburant.
En attendant la mise sur le marché de son biocarburant, pas avant 2035 selon les évaluations des fondateurs, Neomerys compte valoriser les sous-produits des micro-algues pour d'autres applications : des ingrédients pour faire de la cosmétique, des pigments fluorophores pour faire de la recherche (imagerie fluorescente), ou des biomolécules pour le secteur pharmaceutique.
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La start-up mise aussi sur la valorisation de son système solaire de dessalement et de dépollution de l'eau de mer (pour l'humanitaire par exemple).
Elle vise ainsi un chiffre d'affaires de 1 M€ (700 000 € de résultat) en 2020, 10 M€ en 2021 et 30 M€ en 2022, sur des marchés mondiaux qui se chiffrent en milliards.
Actuellement hébergée dans les locaux de l'ex-École de chimie de Montpellier, la start-up s'apprête à s'installer courant 2020 sur le site du Mas Dieu à Montarnaud (34), où sont déjà implantés cinq auvents de panneaux photovoltaïques, afin d'y construire ses laboratoires.
Les deux fondateurs prévoient de recruter une cinquantaine de chercheurs.
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Pour financer ce développement, ils ont fait le choix de l'introduction en bourse. Accompagnés par l'expert en stratégie boursière Louis Thannberger, qui estime la valorisation de la jeune société à 50 M€, ils prévoient de lever 15 M€ d'ici juin, sur le marché Euronext Growth.
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