L'apprentissage a le vent en poupe. Autrefois boudé par les élèves et leurs familles car (encore) trop souvent associé à un sentiment d'échec scolaire, ce mode de formation qui alterne - sur une période donnée - enseignement théorique en établissement scolaire et pratique en entreprise est aujourd'hui très plébiscité. "Il y a une explosion de l'apprentissage ces dernières années", reconnait Heide Mathieu, la déléguée régionale du groupe IGS en Occitanie. Dans cet établissement privé installé à Blagnac (Haute-Garonne), qui forme du niveau bac au bac +5 (BTS, Bachelor et Master), 1.300 élèves ont un contrat d'apprentissage sur un total de 1.750 apprenants.
Bien qu'incroyable, cet attrait soudain pour l'apprentissage sur les deux à trois dernières années n'est pas anodin. Pour éviter le phénomène de génération sacrifiée (sur le plan professionnel) par la crise sanitaire, le gouvernement a dévoilé à l'été 2020 le plan "1 jeune 1 solution". Celui-ci repose notamment sur une mesure phare : une subvention à l'embauche pour un apprenti de 5.000 euros quand il est mineur et même 8.000 euros quand il est majeur. Ce dispositif devait s'arrêter à la fin du mois de juin, mais l'une des premières annonces du nouveau ministre du Travail, Olivier Dussopt, a été son prolongement jusqu'à la fin de l'année 2022. De plus, il est important de rappeler que ces contrats d'apprentissage sont exonérés de cotisations sociales et patronales la première année.