30% des emplois touchés par la révolution numérique en France

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(Crédits : Reuters)
Selon l'OCDE, 9% des emplois en France présentent un "risque élevé de substitution" par des robots. Cela représente 2,4 millions d'emplois. Au total, près de 30% des emplois devront, au minimum, évoluer sérieusement

Combien d'emplois sont menacés par la robotisation? Une étude des économistes Frey et Osborne, largement diffusée fait état d'une forte proportion de l'emploi américain qui serait menacé par la révolution numérique (47%). Dans une étude rendue publique ce mercredi, l'OCDE se veut moins alarmiste. Les experts estiment en moyenne à près de 9% (la France est très proche de cette moyenne) la proportion des "travailleurs à risque élevé de substitution", c'est à dire remplaçables par une machine (plus de 70% des tâches substituables).

Les économistes de l'OCDE ne croient manifestement pas au risque de "chômage technologique", évoqué par Keynes dès 1931 et mis en avant récemment par des experts comme McAfee (2014), qui anticipe une chute de l'emploi global. Pour l'OCDE,

Le risque de chômage technologique massif peut être écarté pour plusieurs raisons. Tout d'abord, bien que le nombre de nouveaux emplois directement créés dans le secteur des TIC ne permette pas forcément de compenser complètement les emplois supprimés par ailleurs, de nouveaux emplois sont susceptibles d'apparaître parallèlement au développement des applications technologiques et à l'expansion d'autres secteurs, dans le sillage de la baisse des coûts et de la hausse des revenus et du patrimoine, même si ces deux facteurs prennent du temps à se matérialiser. En effet, selon certaines estimations, chaque emploi créé par le secteur de la haute technologie entraîne la création d'environ cinq emplois complémentaires".

30% des emplois impactés

Pour autant, l'OCDE ne sous-estime pas l'impact de la révolution numérique. Les experts estiment que près de 30% des "travailleurs" devront en France faire face à un changement de la nature de leur travail, une évolution plus ou marquée liée au numérique.

Ces emplois ne présentent pas un risque élevé d'automatisation complète, mais "ils comportent une proportion importante (entre 50% et 70%) de tâches automatisables" souligne l'OCDE. Ces emplois ne disparaîtront pas totalement, mais une large part de ces tâches pourrait transformer radicalement la façon dont ces emplois sont effectués. Ces emplois seront réorganisés en profondeur et les travailleurs devront s'adapter aux changements

Cette proportion d'emplois affectés par le numérique dépasse même les 40% en Italie et en Allemagne, en raison sans doute de la forte présence de l'industrie dans ces pays.

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Commentaires
a écrit le 22/05/2016 à 18:40 :
Ce qu'il faudrait voir c'est quels emplois seront créés ? Ira-t-on vers plus de qualifications ? L'article évoque des emplois complémentaires ? de quoi s'agit-il ? De postes également plus qualifiés ? De postes sous-qualifiés ? ou moyennement qualifiés ? Une étude permettrait de dessiner une évolution : plus de qualifications voudrait dire des gens assez intelligents pour être qualifiés. L'évolution se ferait dans le sens de l'élimination des petits Qi.
a écrit le 19/05/2016 à 18:56 :
Si on peu appeler cela "révolution"... Il y a tout de même beaucoup de nouveau matériel informatisé pour réduire les coups de fabrication et garder un marché de soutien derrière au nom d'amélioration" pour ne pas dire débogage d'un matériel vendu pour terminé et qui est loin de l'être...
a écrit le 19/05/2016 à 14:29 :
J'ai participé pendant toute mon activité professionnelle à l'automatisation et robotisation des usines ou j'ai travaillé. (1972 en imprimerie à 2009 dans le caoutchouc)
A défaut de créer des emplois, ça a permis de les conserver et de tenir la concurrence étrangère par des prix similaires.
Ces boîtes existent toujours alors que les autres ont disparu.
Le chômage n'est pas du à l'automatisation mais à son absence.
La prochaine révolution technique avec la baisse du prix des robots (en 2000 un 8 axes coûtait 700k€ maintenant on peut trouver à 100k€.) va réintégrer des productions envoyées à l'autre bout du monde ou automatiser des productions dont on n'aurait jamais imaginé l'éxistence. (admiré dans la couture, l'horticulture, le maraichage)
Reste le problème du personnel lié à la décision dans les années 60 de détruire l'apprentissage et la phobie de donner de bons salaires aux techniciens car une ligne de production ça s'installe, ça s'entretient , parfois ça se déménage et le personnel doit être capable de faire plusieurs métiers à la fois, dont l'informatique .
Il est évident que le jeune entrant en apprentissage atteignant le bac pro, bts puisse escompter un salaire de 3000 euro au moins avec 5 ans d'ancienneté.
J'oubliais ces boîtes payaient très très bien, sinon je ne serais pas venu bien sur .
a écrit le 19/05/2016 à 11:17 :
"Combien d'emplois sont menacés par la robotisation?"

Quand je pense que la robotisation nous avait été vendu à une époque comme une aide précieuse pour l'être humain. Au fait , ça cotise à aucune caisse un robot.
Réponse de le 19/05/2016 à 12:47 :
Bonjour,

la robotisation est une aide précieuse. Travaillant dans l'industrie depuis des années, je vois un gain net en terme d'usure physique, de santé et de protection contre les accidents professionnels.
Si la robotisation permet de mécaniser les flux de matiéres et de générer une offre de services plus favorables au bien etre des gens.
Après, le second point est la socialisation des gens. Tant que notre société fera du travail l'unique forme acceptable de socialisation, la robotisation créera un problème social. Toutefois, dans ce cas, le problème n'est pas d'ordre technique mais social. On pourrait imaginer une société où la socialisation ne se fasse pas par le travail et où la robotisation serait alors un bienfait pur.
a écrit le 19/05/2016 à 9:03 :
Dans un pays qui ne vit que de Services (France) les robots (ou les outils donc les produits) impactent totalement le nombre d’emplois sans contrepartie.
Dans des pays fortement industrialisés (Allemagne, Italie, Pays-Bas, Danemark) la création et la production de robot ou d’outils compensent la perte d’emplois. De plus un emploi créé dans l’industrie crée indirectement 3 à 5 emplois induits.
Réponse de le 19/05/2016 à 11:24 :
"Dans un pays qui ne vit que de Services (France) "

Oui, mais avant les robots, il y a la délocalisation des services depuis une dizaine d'année ( RH, service paie etc..)dans des pays à bas coût , Egypte,Tchequie etc...
a écrit le 19/05/2016 à 9:02 :
la "révolution numérique" cela crée des tas de jobs de cyberdéfenseurs, de jobs dans les cliniques traitant les addicts du porno, de jobs de réalisateurs de films sur les petits chats...
a écrit le 18/05/2016 à 22:16 :
LA ROBOTIQUE ET LE NUMERIQUE VAS REVLUTIONER LE TRAVAIL EN FRANCE ?MAIS NOUS SOMME DEJA BEAUCOUP EN RETARD? ET SI NOUS NE LE FAISON PAS NOUS PERDRONS DES MARCHES ? C EST CE QUI A FAIS LA FORTUNE DES JAPONAIS ET QUI FAIS LA FORTUNE ACTUEL DE LA CHINE???
a écrit le 18/05/2016 à 21:57 :
C'est impossible en France parce que la loi travail ne le permet pas. Les entreprises ne peuvent changer ni les conditions ni la consistance du travail sans payer de lourdes indemnités. Les entreprises, surtout les PME n'auront pas les ressources financières pour s'adapter. Elles fermeront comme meurent les dinosaures.
a écrit le 18/05/2016 à 18:03 :
Pour avoir un taux de chomage bas, il faut mettre tout le monde a temps partiel comme en Allemagne ou en Angleterre !
Réponse de le 18/05/2016 à 19:07 :
@dilembue: et tu paies tes factures partiellement ou pas du tout comme en Grèce :-)
Réponse de le 18/05/2016 à 20:07 :
ce n'est pas trop le principe de l'automatisation .... trop de personne a formé donc pas rentable votre idée

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