Abandon du projet d’aéroport de NDDL : Vinci réclame une compensation à l'État

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(Crédits : Stephane Mahe)
Le géant du BTP et des concessions Vinci réclame "plusieurs centaines de millions d'euros" à l'État, en guise de compensation à l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont il devait être le concessionnaire.

Candidat à la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), Vinci réclame "plusieurs centaines de millions d'euros" à l'Etat en guise de compensation à l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont il devait être le concessionnaire, a déclaré dimanche la ministre des Transports Elisabeth Borne. Confirmant que l'Etat négocie avec le groupe de BTP une indemnité liée à l'abandon du projet de nouvel aéroport, la ministre a déclaré sur France 3 : « Nous ne sommes a priori pas d'accord sur les montants, mais on prendra nos responsabilités sur ce dossier ».

« Ils (Vinci, ndlr) ont parlé de quelques centaines de millions d'euros, tandis que nous parlons de quelques dizaines » de millions, a-t-elle précisé, avant d'ironiser : « Nous aurons une discussion passionnante ».

Vinci serait "un bon candidat" à la reprise d'ADP

Définitivement adopté par la parlement dans une ambiance tendue, le projet de loi Pacte prévoit de supprimer l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%). Cette privatisation fait l'objet d'un bras de fer : quelque 250 parlementaires ont enclenché la procédure d'un référendum d'initiative partagée (RIP), pour tenter d'empêcher le gouvernement de "vendre la poule aux œufs d'or", certains y voyant un "cadeau à Vinci".

Interrogée pour savoir si Vinci serait "un bon candidat" à la reprise d'ADP, Elisabeth Borne a déclaré :

« C'est effectivement un groupe qui a une grande expérience aéroportuaire. (...) Mais il y en a d'autres, et évidemment cela ne va pas se faire comme ça de gré à gré, il y a aura une consultation pour choisir le meilleur candidat », a-t-elle immédiatement ajouté.

ADP comme monnaie d'échange ?

Récusant que le choix du groupe de BTP pourrait faire figure de "compensation à l'abandon de Notre-Dame-des-Landes", comme l'ont affirmé des députés de l'opposition lors de vifs débats sur la privatisation jeudi à l'Assemblée, la ministre a affirmé : « Cela ne marche pas comme ça ».

« On a un contrat à Notre-Dame-des-Landes, sur lequel on est en train de travailler à la résiliation, et par ailleurs il y aura une procédure sur Aéroports de Paris, évidemment avec toutes les garanties de transparence », a-t-elle déclaré.

Le groupe Vinci gère dans douze pays (Royaume-Uni, Portugal, Cambodge, Japon...) 46 aéroports, dont 12 en France, parmi lesquels ceux de Lyon-Saint Exupéry, Rennes Bretagne, Toulon-Hyères et Nantes-Atlantique.

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Commentaires
a écrit le 16/04/2019 à 13:58 :
Vinci s'est déja payé avec la privatisation des autoroutes!
a écrit le 16/04/2019 à 9:24 :
Plutôt que de dépenser des centaines de millions sur l'indemnisation que l'état doit à Vinci en raison de l'annulation totalement injustifiée de Notre Dame des Landes, il ferait mieux de les dépenser sur la restauration de Notre Dame de Paris. Et donc, par une disposition législative adaptée, proroger la déclaration d'utilité publique de NDDL et lancer immédiatement expropriations, évacuation et chantier, afin d'éviter ce nouvel Ecomouv puissance 10.
a écrit le 15/04/2019 à 22:40 :
Notre dame de parie n es pas vendre elle est en ruine dommage pour darmanin et le maire une mosquée à la place de notre dame de Paris m b s vas acheter le carré la France vent sont patrimoine Jupiter monseigneur des sous sous
a écrit le 15/04/2019 à 21:01 :
Les dirigeants de Vinci sont évidemment dans leur droit. serait-ce, pour nous l'occasion de demander des comptes à ceux qui ont négocié ce contrat et qui n'ont visiblement pas prévu astucieusement LA clause de dénonciation pour quelque raison que ce soit qui permet d'esquiver ses obligations à moindre coût; ce sont certainement les mêmes qui "gèrent" la France depuis un demi siècle de misère, dont on n'accepte les services dans le privé que pour leur carnet d'adresses. Il est peut-être temps de faire appel aux patrons du privé qui ont fait leurs preuves dans les conditions difficiles du contexte social et gouvernemental français - ils devraient le rendre public! -; on connaît leur tarif et leurs conditions, mais ils savent négocier et seront plus humains que nos beaux semeurs de promesses; on peut être assurés du résultat!
Réponse de le 16/04/2019 à 9:33 :
Ceux qui gèrent ce genre de détail envisagent peut être une pantoufle bien fourrée..En d'autres temps on leur aurais envoyé le général Cambronne.
Réponse de le 17/04/2019 à 21:22 :
Croyez-vous une seconde que Vinci na pas l'armada de juristes de haut volnécessaires pour débusquer LA clause de dénonciation astucieuse qui aurait permis à l'état (ou à tout autre contractant) d'esquiver ses obligations à moindre coût ? Vu le métier qu'exerce Vinci, cette armada est indispensable pour bétonner les contrats que l'entreprise signe. Et si Vinci se manifeste maintenant sur NDDL c'est parce que le joli lot de consolation qu'aurait constitué ADP pourrait bien ne pas se concrétiser. La piqûre de rappel sur la demande d'indemnisation très élevée pour NDDL est en fait un message à l'état pour qu'il ne renonce pas à la privatisation d'ADP.
a écrit le 15/04/2019 à 20:09 :
Que Vinci vire les anciens politiques qui avaient validés NDDL et qu'ils avaient ensuite embauchés, cela leur fera des économies.
Réponse de le 16/04/2019 à 11:20 :
Des noms ? Sinon c'est des accusations gratuites.
a écrit le 15/04/2019 à 15:43 :
De toute évidence cela pèsera dans l'appel d'offre pour ADP, l'état n'ayant pas un centime à donner à Vinci
a écrit le 15/04/2019 à 14:57 :
Non seulement le renoncement à NDDL fut un scandale démocratique car le transfert fut approuvé par referendum à plus de 55% des voix, mais ce fut également une énorme erreur politique car validant, de fait, la validité de la violence d'une minorité comme moyen d'obtenir satisfaction. Les Gilets Jaunes l'ont amplement démontré.
Réponse de le 15/04/2019 à 15:18 :
NDDL et toutes les communes alentour ont voté massivement contre l'aéroport!

Si on avait fait voter l'ensemble de la région, ou la région Bretagne aussi, ou les départements voisins (44+49+35+56), ou la zone de chalandise (à 30 50 ou 100km alentours)... C'était NON, NON et NON!

Le gouvernement a choisi de faire voter le département 44 suite é des sondages, car c'était le seul moyen d'avoir un petit oui. Ils ont choisi la zone pour obtenir un oui, au mèpris du bon sens!

Évidement les Nantais voulaient se débarrasser de leur problème pour le transférer à leurs voisins!

Elle est belle votre démocratie!

Quant à la violence il n'y a en avait pas jusqu'à que Macron envoie des CRS matraquer des pacifistes... soutenus dans un second temps par des violents!

La violence est d'abord celle de l'Etat dans ce cas! (rien à voir avec les GJ)
Réponse de le 15/04/2019 à 20:26 :
@Alai1498, la vraie démocratie aurait été de poser la question suivante : "Voulez vous disposer d'un aéroport sur le territoire de votre commune ou ses environs immédiats?" Et ensuite de construire l'aéroport là où la plus forte concentration de OUI (supérieure à 66%) aurait été obtenue. Avec un résultat inférieur, on peut considérer que les habitants n'ont pas besoin d'aéroport.
a écrit le 15/04/2019 à 14:18 :
Ils vont avoir ADP , ça devrait suffire.
a écrit le 15/04/2019 à 13:46 :
Francais, a vos porte-monnaies.
a écrit le 15/04/2019 à 13:25 :
Si l'état avait, sans mollir, fait évacuer NDDL et lancé la construction de l'aéroport, il aurait fait démonstration de force et d'autorité... et aurait sans doute évité les débordements du 1er mai 2018 et ceux autour des manifestations des gilets jaunes.
Réponse de le 15/04/2019 à 14:48 :
L'état (les collectivités locales) se seraient également mis sur le dos une facture dont le montant est encore discuté mais qui variait, selon l'interlocuteur de 250 à 900 millions d'€, en frais d'aménagements et infrastructures routières au bénéfice de Vinci airports.

Au passage, c'est évidemment le motif financier qui avait motivé Macron, et non le désir de faire plaisir à Vinci sinon il aurait vendu NDDL.

D'autre part, l'état a fait preuve d'autorité à NDDL, et ça a couté environ 3 millions € en grenades, blindés, et personnels pour évacuer 200 pedzouilles résidents qui faisaient pousser des carottes bio.

Pour terminer, lier NDDL et grand débat au motif de la présence de gauchistes est aussi aventureux que de lier Manif pour tous et gilets jaunes au motif de l'implication des groupes d'extrême droite dans les manifs et sur certains barrages.

Bref, l'état a fait évacuer NDDL, et ca n'a rien a voir avec la grogne de 70% des français contre le président apprenti.
Réponse de le 15/04/2019 à 16:52 :
Sans NDDL ça coûtera aussi 250 à 900 millions (soi dit en passent dix fois moins que le prolongement de la LGV du Mans à Rennes)... sans résoudre le problème aéroportuaire de Nantes.
a écrit le 15/04/2019 à 13:22 :
Super la photo : zadiste et gilet jaune... belle image de la France.
Réponse de le 15/04/2019 à 14:55 :
Le port du gilet réfléchissant est obligatoire pour les cyclistes hors agglomération et la nuit en ville depuis 10 ans. le défaut est passible dune amende de 35€.

Donc écolo et bon citoyen... :-)
Réponse de le 15/04/2019 à 20:18 :
Vous pensez que la photo a été prise hier?

Je vous replace dans le contexte.

Il a mis son gilet jaune pour éviter de se faire renverser par un Bonnet rouge rentrant de sa partie de chasse bien arrosée et roulant à 130 au volant de son SUV qui consomme 12 litres au 100 .


C'est surement ce deuxième personnage qui est aujourd'hui avec les gilets jaunes.
Réponse de le 16/04/2019 à 0:01 :
Celà fait plus de 10 ans que le gilet jaune est obligatoire pour les cyclistes hors agglomération et de nuit en agglomération.

Donc citoyen écolo et respectueux des lois.
Je ne vois pas ce qui vous choque.
a écrit le 15/04/2019 à 13:15 :
On nous la fait au chantage permanent entre la finance et le politique mais c'est toujours le politique qui perd payé par le contribuable mais largement remercié "hors camera"!
a écrit le 15/04/2019 à 12:37 :
Eh ben voyons !

Alors je propose maintenant de rédiger la suite de l'histoire: Vinci et Bercy vont feindre de négocier le montant de cette compensation, ils vont même feindre d’être à couteaux tirés, quand soudain, Vinci va abandonner cette demande et se verra proposer l'ADP.

Je lance les paris ...et si j'a raison, rdv aux urnes
Réponse de le 15/04/2019 à 13:20 :
Comme par hasard, la revendication de Vinci (légitime car l'abandon de NDDL était totalement infondé...) revient à la surface au moment où, pour des intérêts politicards, certains veulent revenir sur la privatisation d'ADP (qui avait été plus ou moins promise à Vinci en contrepartie de sa discrétion sur NDDL. A ce propos, à Nantes, on n'a toujours pas avancé d'un iota, l'actuel aéroport continue à être une nuisance croissante pour tout le sud-ouest de la ville.
Réponse de le 15/04/2019 à 18:49 :
@bruno_bd

NDL n'avait aucune raison d’être. C'est d'un réseau ferroviaire puissant dont nous avons besoin. Quant aux promesses, tout énarque sait qu'elles ont faites pour ne pas être tenues. Donc je maintiens les paris, cette affaire est cousue de fil blanc (avec l'argent du contribuable of course).
Réponse de le 15/04/2019 à 21:31 :
@Frank : le ferroviaire est beaucoup trop cher (l'extension de la LGV du Mans à Rennes a coûté 10 fois ce qu'aurait coûté NDDL). Il faudra remettre sur le tapis la construction d'un aéroport capacitaire pour Nantes et sa région. Et cette fois-ci prendre toutes mesures législatives pour que ça ne prenne pas 50 ans.

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