Accident entre deux Rafale en Meurthe-et-Moselle : une enquête judiciaire a été ouverte
latribune.fr
Deux avions de chasse de la base de Saint-Dizier (Haute-Marne) se sont percutés mercredi dans le secteur de Colombey-les-Belles. (photo d'illustration)
Reuters
Le procureur de la République adjoint de Metz, Thomas Bernard, a indiqué qu'une enquête judiciaire a été ouverte du chef de « destruction ou mise hors service d'aéronef militaire par négligence du commandant », après la collision, mercredi, de deux avions Rafale ayant entraîné la mort de deux pilotes en Meurthe-et-Moselle.
Que s'est-il passé lors de la collision, mercredi, de deux avions Rafale ayant entraîné la mort de deux pilotes en Meurthe-et-Moselle ? Ces avions de chasse de la base de Saint-Dizier (Haute-Marne) se sont, en effet, percutés dans le secteur de Colombey-les-Belles « lors d'une manœuvre de combat », selon le ministère des Armées de l'Air et de l'Espace. Le parquet de Metz a annoncé ce vendredi qu'une enquête judiciaire l'ouverture d'une enquête pour en déterminer les circonstances.
Elle a ainsi été ouverte du chef de « destruction ou mise hors service d'aéronef militaire par négligence du commandant », a précisé à l'AFP Thomas Bernard, procureur de la République adjoint de Metz. « C'est le déclenchement normal d'une procédure judiciaire à laquelle nous n'avons pas accès », a indiqué une source militaire proche du dossier.
« Le vocabulaire est difficile à lire pour des familles bouleversées, mais c'est la traduction juridique d'une possible erreur d'appréciation dans le pilotage des appareils », selon cette source qui a requis l'anonymat.
« L'objectif des investigations, à l'aune du recueil de témoignages, de constatations et d'examens techniques, est de déterminer les circonstances et les causes de ce tragique accident », a poursuivi le magistrat.
L'enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de l'air, avec l'appui du groupement de gendarmerie départementale de Meurthe-et-Moselle, indiqué Thomas Bernard. En parallèle, le Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l'aéronautique d'État (BEA-E) s'est saisi de l'enquête de sécurité.
Les recherches de débris se poursuivent
La route départementale reliant Colombey-les-Belles à Harmonville (Vosges), où a été retrouvée l'épave du biplace, est toujours coupée à la circulation ce vendredi. En effet, les militaires chargés des recherches de débris sont encore « à même le terrain », et leurs véhicules garés sur la route départementale, ce qui justifie sa fermeture, a précisé à l'AFP le maire d'Harmonville (Vosges), Stéphane Philippe.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
L'édile a été entendu, comme d'autres témoins, à la Base aérienne 133 de Nancy-Ochey, après avoir été contacté par la Section de recherches de la gendarmerie de l'Air de Villacoublay, a-t-il indiqué. Les enquêteurs interrogent « le plus de personnes, et le plus rapidement possible », selon l'élu.
Sébastien Lecornus'est rendu à Saint-Dizier jeudi soir
Le ministre des Armées Sébastien Lecornu s'est rendu jeudi sur la base aérienne de Saint-Dizier, a annoncé le ministère. « Cette visite avait pour but de témoigner du soutien de la Nation à l'ensemble des personnels de la base aérienne, et d'échanger avec les frères d'armes de l'escadron de transformation 3/4 « Aquitaine » (dont faisaient partie les deux pilotes décédés) ainsi qu'avec le pilote sain et sauf » qui « s'est éjecté lors de l'accident », a-t-il précisé dans un communiqué.
Lors de cette visite, le ministre« a également rencontré les familles et les proches des deux pilotes décédés, leur assurant de la pleine solidarité de la Nation et de son engagement à faire preuve de la plus grande transparence sur cet accident », selon le ministère.
Les deux pilotes comptabilisaient 2.000 et 800 heures de vol
Si le pilote du premier Rafale est donc parvenu à s'éjecter et a été récupéré légèrement blessé par les secours, ce n'est pas le cas des deux occupants de l'autre aéronefs. De vastes opérations de recherches avaient été entamées pour les retrouver, Mais Emmanuel Macron a annoncé leur décès mercredi soir.
«Nous apprenons avec tristesse les décès du capitaine Sébastien Mabire et du lieutenant Matthis Laurens, lors d'un accident aérien en mission d'entraînement en Rafale. La Nation partage la peine de leurs familles et frères d'armes de la Base aérienne 113 de Saint-Dizier », a écrit le président de la République sur le réseau social X.
Le capitaine Sébastien Mabire, 36 ans, était pilote de chasse depuis 2013 et instructeur au sein de l'escadron de transformation Rafale 3/4 « Aquitaine » depuis août 2022. « Qualifié chef de patrouille, il comptabilisait plus de 2.000 heures de vol et 47 missions de combat, réalisées dans le cadre de l'opération Chammal », précise l'armée de l'Air.
Le lieutenant Matthis Laurens, 29 ans, pilote de chasse breveté en 2021, était quant à lui affecté sur Rafale au sein du régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niémen » depuis novembre 2023 et poursuivait son instruction au sein de cet escadron. Il comptabilisait plus de 800 heures de vol.