L'armée de l'air et de l'espace va devoir réorganiser une partie de sa flotte de Rafale avec la prochaine cession de Mirage 2000-5 à l'Ukraine annoncée il y a une dizaine de jours par Emmanuel Macron malgré le peu d'appareils concernés (probablement entre six et douze sur une flotte de 26 Mirage 2000-5). « C'est une réarticulation du partage des missions entre la flotte Mirage 2000 et les Rafale », a expliqué jeudi au Paris Air Forum (organisé par La Tribune), le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Stéphane Mille. Et d'expliquer que cette cession entrainera le transfert « de quelques activités, qui sont aujourd'hui réalisées par le Mirage 2000-5 sur la flotte Rafale », des missions de posture permanente de sûreté aérienne (PPS-A), des missions dites de police du ciel. Des Rafale prendront donc le relais des Mirages 2000-5, qui devraient être cédées à Kiev d'ici à la fin de l'année.
Pour compenser la perte de ces Mirage 2000-5, le chef d'état-major de l'armée de l'air souhaite une accélération des livraisons de Rafale. Quel est « le bon calendrier des Rafale pour compenser le plus rapidement possible la perte d'usage de ces quelques appareils ? », s'est interrogé le général Mille, tout en soulignant que que la modification du calendrier de livraison relevait d'une décision politique. « Je suis favorable à ce que l'on compense le nombre d'appareils qu'on me fera céder », a-t-il précisé. Toutefois, il a indiqué qu'une partie de la réponse était également chez Dassault Aviation. « Il y a aussi la faisabilité par Dassault Aviation de pouvoir délivrer des appareils dans des cadences qui seraient supérieures », a-t-il expliqué. Un calendrier de livraisons « déjà très tendu » mais le chef d'état-major de l'armée de l'air croit « savoir qu'il y a quelques petites marges de manœuvre d'ici à 2030 ». Dassault Aviation a besoin de trois avions pour fabriquer un Rafale.