Airbnb : après le débat sur Paris 2024, l'Assemblée renforce le pouvoir des maires

Dans la soirée du jeudi 21 novembre, l'Assemblée nationale a voté des obligations accrues pour les plateformes de type Airbnb qui seront tenues de transmettre aux communes des informations complémentaires sur les loueurs.
(Crédits : Gabrielle Lurie)

Les députés ont validé en première lecture une disposition introduite en commission dans le cadre de l'examen du projet de loi sur les maires [Engagement et proximité, Ndlr]. Elle prévoit que les plateformes devront transmettre aux communes le nom du loueur et dire si le bien loué constitue ou non sa résidence principale.

L'objectif est de permettre aux communes de disposer d'éléments supplémentaires pour identifier les éventuels contrevenants et faire appliquer les sanctions prévues par la "loi Elan" sur le logement. Depuis cette loi de 2018, la location d'un logement est limitée à 120 jours par an et celui-ci doit avoir un numéro d'enregistrement. A défaut, la plateforme risque une amende de 12.500 euros par annonce non conforme.

Savoir s'il s'agit d'un particulier ou d'un professionnel

Les députés ont aussi prévu via un amendement de Pacôme Rupin (LREM) que les offres de location devront indiquer la nature de l'annonceur afin de savoir s'il s'agit d'un particulier ou d'un professionnel. Un autre amendement entend permettre à certaines communes de soumettre à autorisation préalable toute transformation d'un local existant en meublé de tourisme.

Le Sénat avait lui prévu en première lecture du même texte de permettre aux communes de limiter la durée des locations entre 60 et 120 jours par an.

Plusieurs députés ont plaidé en vain pour revenir à des dispositifs similaires, dont des candidats à la mairie de Paris à l'instar de l'élu de centre-droit Pierre-Yves Bournazel ou de Cédric Villani, candidat dissident LREM, qui a jugé "naturel" de permettre aux villes en tension d'avoir "des standards plus stricts" que 120 jours.

La colère récente des hôteliers

D'autres élus, tels Christine Pires Beaune (PS) et Danièle Obono (LFI) ont défendu des amendements similaires ou plus restrictifs. Stéphane Peu (PCF) a invité la majorité à ne pas "avoir des yeux de Chimène" pour Airbnb qui "s'affranchit de toutes les réglementations", rappelant la colère récente des hôteliers au sujet du partenariat entre les JO et la plateforme.

Lire aussi : Airbnb sponsor du CIO : les hôteliers se rebiffent et suspendent leur participation à l'organisation des JO 2024

Le ministre des Collectivités Sébastien Lecornu a émis un avis défavorable à ces amendements, le rapporteur Bruno Questel (LREM) faisant valoir que le chiffre de 120 jours avait "moins d'un an", des "marcheurs" plaidant aussi qu'il fallait d'abord "tester" cette loi.

Lire aussi : Logement : ce qu'il faut retenir de la loi Élan

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Commentaires 4
à écrit le 24/11/2019 à 17:09
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L'approche jacobine de la France consistant à interdire ne mènera jamais nulle part. Il ne faut pas empêcher les gens de travailler et de créer des emplois, il faut rendre égalitaires les conditions d'exploitation de tous les entrepreneurs en termes ...

à écrit le 23/11/2019 à 14:31
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Quel pays ! On s'en prend aux propriétaires - qui payent charges et impots ! - mais qui ne peuvent pas disposer de leur bien comme ils l'entendent - alors que SEUL AIRBNB est comptable de ses manquements a la fiscalité ! Tout ça sur la pres...

à écrit le 23/11/2019 à 10:29
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Enfin, cela commence à bouger. Depuis 2 ans, je ne peux plus profiter de ma maison ni de mon jardin durant l’été, car un pseudo investisseur a acheté une bicoque juste à côté pour la transformer, à coups de travailleurs roumains, en gîte avec piscine...

à écrit le 23/11/2019 à 9:02
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"rappelant la colère récente des hôteliers" LFI et PS qui soutiennent les intérêts des hôteliers, c'est bien à ça qu'on les reconnait les "gauchistes"...

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