Airbnb prépare son entrée en Bourse pour 2020

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Airbnb propose aujourd'hui plus de 6 millions de lieux (...) dans près de 100.000 villes et 191 pays, selon le site du groupe.
Airbnb propose aujourd'hui "plus de 6 millions de lieux (...) dans près de 100.000 villes et 191 pays", selon le site du groupe. (Crédits : Dado Ruvic)
Le géant de la location saisonnière entre particuliers, valorisé 31 milliards de dollars, vise une entrée en Bourse "courant 2020". À l'image des récentes introductions de Spotify et de la messagerie professionnelle Slack, Airbnb devrait opter pour la procédure atypique de la cotation directe.

Cette fois, c'est la bonne. Après plusieurs années de rumeurs, Airbnb officialise son projet d'introduction en Bourse. La licorne américaine -ces startups non cotées et valorisées plus d'un milliard de dollars- a annoncé vouloir entrer en Bourse "courant 2020" dans un très bref communiqué publié jeudi 19 septembre. Le géant de la location de logements touristiques entre particuliers n'a donné aucun détail supplémentaire.

Airbnb devrait privilégier la procédure atypique de la cotation directe, selon le Wall Street Journal. Cette forme d'introduction en Bourse assez inhabituelle ne prévoit pas d'émission de nouvelles actions : elle permet uniquement aux actionnaires actuels de revendre leurs titres. Réputée comme plus simple, la cotation directe permet aussi aux entreprises nouvellement cotées d'économiser certains coûts, comme des commissions. En revanche, cette procédure est aussi imprévisible, car le prix des titres n'est pas fixé d'avance. Cette forme d'introduction atypique a été utilisée avec succès l'année dernière par la plateforme de streaming Spotify, puis par la messagerie d'entreprise Slack en juin.

Valorisation de 31 milliards de dollars

Fondée en 2008 à San Francisco, la plateforme est valorisée 31 milliards de dollars depuis mars 2017. Airbnb a levé 4,4 milliards de dollars depuis sa création, selon le site spécialisé Crunchbase. Jusqu'ici très discret quant à ses performances financières, la startup a annoncé mercredi avoir dégagé un chiffre d'affaires de plus d'un milliard de dollars au deuxième trimestre 2019 pour la deuxième fois depuis sa création. Début janvier, il avait déclaré être bénéficiaire, sur une base ajustée, pour la deuxième année consécutive.

En plus de dix ans, la startup est devenue un acteur mondial incontournable de la location saisonnière. « Nous avons créé un nouvel usage en comblant des failles du marché », résumait auprès de La Tribune en juin 2018 Emmanuel Marill, Pdg France et Belgique d'Airbnb. Alors que les vols low cost explosaient, Airbnb est parvenu à capter dès ses débuts la génération des millennials (née à partir des années 1980), connectée et au pouvoir d'achat limité. Ils représentent environ 30% des utilisateurs de la plateforme.

Autre atout expliquant son succès : un site épuré. Grâce à une esthétique héritée de leurs études de design, les cofondateurs Brian Chesky et Joe Gebbia ont misé sur une plateforme intuitive, permettant de géolocaliser les logements sur une carte. Airbnb propose aujourd'hui "plus de 6 millions de lieux (...) dans près de 100.000 villes et 191 pays", selon le site du groupe. Depuis 2016, le site opère une montée en gamme avec des logements vérifiés par la startup et "d'exception". Le groupe a également entamé une diversification de son activité avec les réservations "d'expériences", où professionnels et particuliers peuvent proposer des activités payantes en tout genre.

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Contexte morose

L'annonce d'Airbnb arrive dans un contexte morose pour les startups de l'économie dite de partage souhaitant s'introduire en Bourse. La startup de location de bureaux partagés WeWork a ainsi annoncé en début de semaine un report de son introduction en Bourse "d'ici à la fin de l'année". En cause : la chute drastique de sa valorisation en quelques mois, passant de 47 milliards de dollars en janvier à environ 12 milliards de dollars ce mois-ci.

De leur côté, les plateformes de réservation de VTC (voiture avec chauffeur) Lyft et Uber, introduits en Bourse respectivement en mars et en mai, ont vu leurs titres s'effondrer. Depuis leur arrivée à Wall Street, les actions des deux groupes ont dégringolé d'environ 24%, chiffre l'AFP. De façon générale, les marchés s'interrogent sur le modèle économique de ces sociétés, qui bien souvent, ne sont pas rentables et alignent des pertes colossales depuis leur création en dépit de lourds investissements.

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