Airbnb sponsor du CIO : les hôteliers se rebiffent et suspendent leur participation à l'organisation des JO 2024

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(Crédits : Philippe Wojazer)
Concrètement, les hôteliers ne siégeront plus aux réunions préparatoires, dans l'attente d'une clarification.

Les hôteliers ne décolèrent pas contre le partenariat noué par le Comité international olympique (CIO) avec Airbnb et ont annoncé mercredi en guise de représailles "suspendre leur participation" à l'organisation des Jeux olympiques 2024.

Réunis à Biarritz pour le 67e congrès de l'Umih, principale organisation patronale du secteur, les professionnels de l'hôtellerie-restauration affichent leur indignation face à l'arrivée du géant de la location de logements entre particuliers parmi les principaux sponsors du CIO, annoncée lundi.

"Déjà la plateforme rechigne à transmettre la taxe de séjour avec des adresses claires et des contribuables identifiés comme la loi l'y oblige, à compter du 1er janvier", a dénoncé Laurent Duc, président de l'Umih Hôtellerie.

Courroucés, "les hôteliers vont suspendre leur participation à l'organisation des JO 2024", a-t-il annoncé à l'AFP en marge du congrès qui réunit 600 professionnels. Concrètement, ils ne siégeront plus aux réunions préparatoires, dans l'attente d'une clarification, a précisé l'Umih.

Anne Hidalgo du côté des hôteliers

"Il y a déjà plusieurs années que nous travaillons avec (les professionnels de l'hôtellerie). À titre d'exemple, nous avons d'ores et déjà réservé plus de 40.000 chambres pour nos besoins en 2024", a souligné le patron de Paris-2024, Tony Estanguet, dans une déclaration envoyée à l'AFP.

Le comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo) de Paris-2024 négocie avec l'Umih pour réserver des lots de chambres afin d'accueillir sportifs et spectateurs.

Mais le choix d'AirBnb comme sponsor est "totalement irrespectueux envers les professionnels de l'hôtellerie", très impliqués dans cette phase préparatoire, estime l'Umih. D'autant plus que, selon elle, "l'offre hôtelière parisienne et francilienne était un atout dans le dossier de candidature de la ville de Paris".

Celle-ci, qui a vivement critiqué le choix d'AirBnb auprès du CIO, a rapidement exprimé mercredi son soutien aux hôteliers, jugeant "normal" leur "cri d'alarme" face à la "déstabilisation" générale provoquée par la plateforme et réclamant une nouvelle fois "une réponse politique" pour mieux protéger les hôtels.

Lire aussi : Jeux Olympiques: Airbnb devient sponsor du CIO, Hidalgo contre-attaque

Il y a un an, l'Umih a assigné Airbnb devant le tribunal de commerce de Paris pour "concurrence déloyale", l'accusant de laisser en ligne des annonces litigieuses: locations dépassant la durée légale de 120 jours par an, non déclarées ou sous-locations abusives.

Un partenariat jugé "outrageux"

"Où est la moralité?", s'est interrogé mercredi Roland Héguy, président de l'Umih, jugeant "outrageux de faire de cette entreprise qui joue de la déréglementation dans tous les pays du monde un partenaire mondial du CIO".

De son côté, le GNI, qui représente les indépendants de l'hôtellerie et de la restauration, a estimé qu'Airbnb, qui "ne respecte pas les règles, doit être disqualifié!" et affirmé son intention de saisir le Comité d'éthique du CIO ainsi que le comité d'organisation des JO de Paris-2024.

Airbnb a affirmé mercredi que "cet accord historique vise à permettre aux villes hôtes d'accueillir les Jeux de manière plus locale, authentique et durable".

Rappelant avoir déjà soutenu les Jeux olympiques Rio 2016 et les Jeux olympiques d'hiver PyeongChang 2018 en tant que sponsor national, la plateforme a assuré, dans une déclaration à l'AFP, que ses "valeurs sont en phase avec celles du mouvement olympique".

Ce contrat qui court jusqu'en 2028, évalué par des médias spécialisés à environ 500 millions de dollars (450 millions d'euros), permettra à la plateforme d'afficher sa marque aux abords des sites de compétition à Paris.

Lire aussi : Paris 2024: pourquoi Total renonce à sponsoriser les Jeux olympiques

Match inégal

La concurrence des plateformes de locations touristiques entre particuliers était déjà au cœur des préoccupations des hôteliers.

"Si c'était un match de foot, le score serait de 1 but pour les hôtels, contre 9 pour les meublés touristiques", a déclaré mercredi Alexandre Coulon, fondateur de la startup Trackeet, venu présenter son logiciel de "mise en conformité du parc locatif saisonnier et d'aide à la collecte de la taxe de séjour".

Selon Trackeet, 12 plateformes (Airbnb mais aussi Abritel, LeBonCoin, Tripadvisor, VivaWeek, ParuVendu, Se Loger, PAP...) proposent 2,14 millions d'annonces depuis novembre 2018, soit près de dix fois l'offre des hôtels classés, qui s'élève à 250.000 chambres. Dont près de 877.000 pour Airbnb seul.

Et sur les 52 villes ayant mis en place un numéro d'enregistrement pour mieux déclarer ces locations, le taux d'annonces légales ne dépasse pas 47%, la capitale étant à 42%, selon ses pointages fin octobre.

La Ville de Paris a assigné en justice la plateforme, passible d'une amende de 12,5 millions d'euros pour avoir mis en ligne 1.000 logements non enregistrés.

Lire aussi : Paris assigne Airbnb en justice

Certains des litiges sont suspendus à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne qui devrait se prononcer au premier semestre 2020.

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Commentaires
a écrit le 22/11/2019 à 11:14 :
Je crois que les hôteliers se trompent s'ils espèrent obtenir gain de cause en parlant de morale, justice déloyale, etc au CIO. Ce qui compte pour le CIO, c'est le chèque qu'ils reçoivent des sponsors : un point c'est tout.
a écrit le 21/11/2019 à 19:04 :
On sait ce qui va se passer en 2024.
Les tenanciers d'hôtels vont doubler leurs prix et tripler leur rentabilité en plumant le pigeon qui voudrait simplement assister aux JO par amour du sport et de Paris.

Beaucoup de parisiens vont de toutes manières sous-louer leur logement avec ou sans Airbnb et ça contribuera à maintenir les prix à un niveau plus raisonnable.

Et de çà, le lobby hôtelier n'en veut pas.
a écrit le 21/11/2019 à 15:31 :
Airbnb sponsor du CIO : les hôteliers feraient bien de FAIRE GREVE, fermer leurs portes, A COMPTER DU 5 D2CEMBRE 2019

et utiliser leur temps libre pour établir la liste des propriétaires loueurs tricheurs fiscaux invétérés

puis déverser les listes sur tous les réseaux sociaux pour que les hauts fonctionnaires du fisc se mettent enfin au BOULOT pour notifier les redressements fiscaux et les amendes maximales
a écrit le 21/11/2019 à 13:55 :
Pourquoi se focaliser sur PARIS ? Très français jacobin que de croire qu'il n'y a rien en dehors de la capitale !
Regardez donc à moins d'une heure de TGV de PARIS : plein de petits hotels sympas , au calme et bien moins cher . Bon d'accord après il faudra 2 heures de train A/R ; guère plus long et bien plus confortable que 2 heures de RER ou métro .
a écrit le 21/11/2019 à 12:00 :
A priori, les capacités hôtelières parisiennes ne seront pas suffisantes pour accueillir la totalité des visiteurs lors des JO, alors on assiste à une sorte de gesticulation des hôteliers qui seraient mieux inspirés d'améliorer leur offre (souvent pitoyable) plutôt que de chercher des boucs émissaires à bon compte.
a écrit le 21/11/2019 à 10:51 :
S'en prendre à airbnb est ridicule et un manque de capacité de prise de recul dans l'analyse, airbnb profite de la bulle spéculative immobilière, si elle existe c'est parce que le logement est beaucoup trop cher faisant que airbnb remplace au final un service public indispensable mais totalement défectueux à savoir le droit au logement.

C'est donc à la finance qu'il faut s'en prendre là vous ne faites que vous acharner sur un simple outil ultra populaire car particulièrement nécessaire afin de pallier à ces prix exorbitants de l'immobilier que nos salaires toujours plus bas ne peuvent compenser.

Avant de s'attaquer à une multinationale américaine il vaut mieux penser, je sais un truc que l'oligarchie européenne a totalement oublié.
Réponse de le 21/11/2019 à 12:01 :
Pas faux, il y a une quarantaine d'année j'envisageais d'acquérir un appart à Paris, aujourd'hui ce n'est même plus imaginable. Je me souviens de cette époque folle ou des immeubles furent vendus à la découpe et des personnalités connues désemparées devant les hausses brutales de leurs loyers.

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