Après le 49.3, Emmanuel Macron plus que jamais seul

Marc Endeweld
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Photo d'illustration
STEPHANE MAHE

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La semaine dernière, j'annonçais dans ma dernière chronique le scénario d'un « crash test politique » porté par Emmanuel Macron sur le vote de son projet de loi retraites. Et il faut bien le dire, jusqu'au bout, le président a été tenté par un coup de poker sur le vote de la loi. Jusqu'au bout, le locataire de l'Élysée a tenté d'user de tous les stratagèmes pour trouver une majorité à l'Assemblée Nationale. Convocation des députés, des ministres, des responsables de la majorité, alertes multiples dans les médias, dramatisation de l'événement, coups de pression personnels... Emmanuel Macron s'est retrouvé en première ligne jusqu'à la dernière minute.
Sauf que... ce chemin était bien plus risqué que les « éléments de langage » venus de Matignon ou de l'Élysée, et repris en masse par les commentateurs des chaînes d'info, ne pouvaient le présenter. « Macron a inventé la majorité minoritaire ! », s'esclaffe un opposant. De fait, à quelques heures du vote de la loi, l'exécutif s'est retrouvé face au mur de la réalité politique, en s'apercevant un peu tard qu'il lui manquait un sacré paquet de voix, surtout pour contrer la motion (surprise) de rejet préalable déposée par le groupe indépendant LIOT. Jeudi, cette motion avait ainsi de grandes chances de passer, ce qui aurait provoqué une plus grande humiliation encore du président Macron.
« La Première ministre est parfaitement consciente qu'elle était minoritaire, rappelle à juste titre le député centriste Charles de Courson, fin connaisseur des arcanes parlementaires et ardent défenseur des libertés publiques. Je devais défendre, d'ailleurs, une motion de rejet qui aurait été adoptée. Tous les pointages le montraient. C'est pour ça qu'ils ont eu recours au 49.3. Ce qui est une pure folie, car le déni de démocratie continue. Et maintenant, c'est la rue. C'est ce que disaient depuis des semaines les syndicats au gouvernement qui ne voulait pas entendre. Il y a un rejet massif de ce texte et par des moyens d'artifices de procédures, on veut faire voter un texte qui est rejeté par la majorité des députés et l'immense majorité de nos concitoyens. »
Ça va mieux en le disant, car une fois encore, la macronie, la claque passée, a continué à s'enfermer dans le déni de la situation politique, en rejetant un peu facilement la faute sur les députés LR, comme si ces derniers faisaient réellement partie intégrante d'une majorité, un doux rêve à cette heure, tant les incompréhensions ne cessent de monter entre les élus de droite et ceux fidèles au président de la République.
Marc Endeweld