Retraites : Emmanuel Macron invente le crash test politique

Marc Endeweld
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Borne Retraite
Reuters

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Une fin de non recevoir. Emmanuel Macron a décidé de ne pas recevoir les organisations syndicales avant la fin du « travail parlementaire » concernant le texte de son projet sur les retraites. La réponse du chef de l'État a été transmise vendredi via une lettre aux huit syndicats et cinq organisations de jeunesse qui lui avaient écrit un jour plus tôt pour dénoncer « l'absence de réponse » tant du chef de l'Etat que du gouvernement face aux « mobilisations massives ».
Dans sa missive, le président Macron reste droit dans ses bottes et estime ainsi que le temps de la concertation avec les syndicats est passé. Peu importe si les syndicats ont réussi à mettre dans la rue des centaines de milliers de personnes au cours des 7 journées de mobilisation depuis janvier : « Le gouvernement a travaillé pendant plusieurs mois avec l'ensemble des partenaires sociaux et des groupes parlementaires pour élaborer un projet de loi qui tienne compte de ces discussions. Suite à ces concertations (...) de nombreuses évolutions ont été apportées au projet initial », écrit Emmanuel Macron, prenant pour exemple son renoncement à porter l'âge légal de départ à 65 ans... Autant dire : il n'y a plus rien à négocier.
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Vendredi, cette lettre n'a pas été la seule prise de position du président. L'après-midi, lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre britannique, Rishi Sunak, à Paris, Emmanuel Macron a déclaré que son projet devait aller à son « terme » au Parlement, alors que les oppositions dénoncent un « passage en force » avec l'usage de l'article 44.3 au Sénat, qui permet au gouvernement de procéder à un vote bloqué sur son texte. Résultat, alors que de nouvelles mobilisations se profilent et que les syndicats appellent à des grèves reconductibles dans plusieurs secteurs de l'économie, aucun rendez-vous n'est pour le moment programmé entre l'exécutif et les organisations syndicales, même si Matignon a fait savoir aux journalistes que tout était « ouvert ».
Marc Endeweld