Après les "Gilets jaunes", les "Blouses blanches" se mobilisent

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(Crédits : Reuters)
Après les "Gilets jaunes", les infirmières, les "oubliées" du plan santé, sont appelées à cesser le travail et à manifester partout en France mardi par seize organisations dénonçant le "mépris" du gouvernement, accusé d'avoir cédé au "lobby" des médecins.

Qu'ils soient libéraux, salariés de l'hôpital, qu'ils exercent dans les écoles ou dans les blocs opératoires, les infirmiers - des femmes à plus de 80% - partagent tous un "même sentiment", celui "d'une profession laissée pour compte", a résumé lundi le vice-président de la FNI (libéraux), Daniel Guillerm, lors d'un point presse.

Une vingtaine de rassemblements sont prévus à partir de 14h en région, notamment devant les préfectures, et à Paris, devant le ministère de la Santé, pour réclamer la "reconnaissance" de la profession, de meilleures rémunérations, plus d'autonomie ou encore un renforcement des effectifs dans les établissements.

Presque rien à voir avec les "Gilets jaunes"

La mobilisation, annoncée depuis octobre et soutenue par l'Ordre des infirmiers, "n'a rien à voir" avec celle des "Gilets jaunes" même si "certaines revendications" sont "peut-être" partagées, a tenu à préciser Daniel Guillerm. Ce n'est pas la hausse des prix du carburant qui a provoqué la colère des organisations syndicales, mais la déception née de la présentation du plan santé en septembre par le président Emmanuel Macron, un catalogue de mesures "décidées autour des seuls médecins", a estimé Daniel Guillerm.

En particulier, la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux", à mi-chemin entre la secrétaire et l'aide-soignante, "a mis le feu aux poudres", a rappelé son homologue du Sniil (libéraux), John Pinte.

Pourquoi créer un nouveau métier au lieu de s'appuyer sur les quelque 660.000 infirmières existantes? Pourquoi "payer des secrétaires aux médecins sur le dos de l'assurance maladie", pour un total de 200 millions d'euros par an, au lieu de créer des postes en maison de retraite ou d'augmenter actes et salaires des infirmières, a demandé Daniel Guillerm.

"Souffrance" et "perte de sens"

En novembre 2016, plusieurs milliers d'infirmières, mais aussi d'aides-soignantes avaient défilé partout en France à l'appel d'un mouvement unitaire, inédit depuis 1988, afin de dénoncer leurs conditions d'exercice. Mais les grandes centrales syndicales comme FO ou la CGT, représentatives dans les établissements de santé, avaient également appelé à la grève, ce qui n'est pas le cas mardi.

La profession infirmière était alors endeuillée par les suicides d'au moins cinq infirmiers survenus durant l'été.

"La souffrance" et la "perte de sens" au travail persistent "dans tous les secteurs", à en croire Nathalie Depoire (CNI, hospitaliers), selon qui "les cas d'épuisements professionnels se multiplient" à l'hôpital.

Mais les infirmières libérales pourraient être les plus mobilisées mardi, leurs négociations avec l'Assurance maladie devant reprendre le 4 décembre, selon les syndicats. Ces derniers avaient claqué la porte au début de l'été estimant que les propositions n'allaient pas assez loin notamment sur la création de nouveaux actes pour suivre les patients à domicile.

"La seule préoccupation du gouvernement c'est la désertification médicale. Pourquoi ne pas donner aux infirmières certaines prérogatives" pour pallier le manque de médecins, suggère Daniel Guillerm, citant par exemple la possibilité de prescrire des soins de réhydratation aux personnes âgées pendant les canicules.

Présentée comme une avancée par le gouvernement, la création d'un nouveau métier d'infirmier en pratique avancée, c'est-à-dire aux compétences élargies, ne concernera qu'une minorité de professionnelles qui seront maintenues "sous le joug du corps médical", regrette Daniel Guillerm.

Et il ne règlera pas les difficultés rencontrées quotidiennement sur le terrain, abonde John Pinte, comme lorsque les infirmières adaptent des doses de médicaments "de façon illégale" dans "l'intérêt du patient", lorsque le médecin n'est pas disponible, notamment le week-end.

(avec l'AFP)

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Commentaires
a écrit le 21/11/2018 à 17:55 :
Décidément avec macron LeS retraitees LeS gilets jaune la retraites parts points La csg leS 80 km heures le stationnement a 60€ La taxe habitation apl le geles des retraites 2018 le revalorisation de 0.3% 2019/20 les taxes des carburants plus plus plus macron le roi de l arnaque sociale president de misère démission de M micron intox pour la france en recule mercis aux Giles jaunes 2 morts pour riant respect
a écrit le 20/11/2018 à 18:36 :
"On peut tromper qq un tout le temps, mais on ne peux pas tromper tout le monde tout le temps."" a dit qq un. Ceux qui soutiennent Macron : la police, la gendarmerie, les CRS, les BOBOS, ça fait juste 19 %. Normalement la démocratie c'est la dictature de la majorité sur la minorité. En France, c'est devenu la dictature de la minorité sur la majorité. LIBERTE. EGALITÉ FRATERNITE, des mots vides de sens. Le tourisme en France, va chuter + que lors des attentats terroristes islamistes. Car la violence peut éclater partout et en même temps car les organisateurs ont les moyens.
a écrit le 20/11/2018 à 14:07 :
Notre gouverneur de province céder à des lobbys ?!

Ah ben ça ce serait vachement étonnant hein...
a écrit le 20/11/2018 à 12:34 :
J'espère que mon Mari et Moi-Meme, et nos Parents, ne seront Jamais hospitalisés.
Blouses Blanches, Pantalons Blancs, Mains surinfectées de dortoir en dortoir ( à deux inconnus) ( chambres intimes toutes bloquées pour pseudo V.I.P. On y rentre pour une chirurgie courante, décharge, on ressort Mort ( 10000/An : 3 fois la route) ou Amputé ! ou Séquelles Nosocomiales : 400 000/An. Dénutrition donc affaiblissement : faux potage, jambon purée, bouillie, yaourt, compote, haricots fades…. pour 20eur/ jour. Trempé en permanence par la bache plastique sous le drap. INFAME-INDIGNE.

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