Sécu : les médecins libéraux inquiets d'un gel budgétaire de 120 millions en 2019

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(Crédits : Philippe Wojazer)
Le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, s'est inquiété jeudi d'un gel budgétaire de 120 millions d'euros en 2019 pour les dépenses de santé en ville (hors hôpital), réagissant à une mesure annoncée la veille par la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Auditionnée mercredi par la commission des Affaires sociales du Sénat, Mme Buzyn a évoqué "une provision de 120 millions d'euros, une réserve prudentielle" sur les dépenses prévues pour les "soins de ville" dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019.

Il s'agirait de "faire un gel, quelque part, tel que nous le faisons sur les établissements de santé", a expliqué la ministre. Une mesure qui va selon elle "dans le sens" d'une récente préconisation de la Cour des comptes "pour une meilleure régulation de l'enveloppe soins de ville".

"Les soins de ville sont déjà largement mis à contribution dans le cadre du plan d'économies" en santé, s'est indignée la CSMF dans un communiqué, "rejetant" une telle disposition.

 "Prévoir un peu plus d'économies que nécessaire"

Chaque année, des crédits destinés aux hôpitaux sont mis en réserve puis dégelés ou non en fonction du respect des objectifs budgétaires. Dans son dernier rapport sur la Sécu, la Cour des comptes suggère d'instaurer des mécanismes similaires pour enrayer le dérapage des dépenses parmi les professionnels de santé libéraux.

Le ministère de la Santé a précisé que ces 120 millions correspondaient à une volonté de ne pas "imputer le dépassement de la ville sur l'hôpital". L'objectif selon lui était de "prévoir un peu plus d'économies que nécessaire" sur les soins de ville, afin de "dégager une marge de 120 millions" si les économies se réalisent, de sorte que ça "améliore la situation financière globale".

Dans le cas contraire, les économies permettront d'"absorber le différentiel" à hauteur de 120 millions d'euros, a-t-il précisé.

De son côté, la CSMF promet d'être "particulièrement vigilante" pour garantir des "marges de manœuvres suffisantes" aux soins de ville et "répondre aux besoins de la population".

Le projet de budget de la Sécu pour 2019 prévoit 3,8 milliards d'euros d'économies en santé, malgré une rallonge budgétaire de 400 millions d'euros destinée à financer le plan santé dévoilé en septembre par le gouvernement.

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Commentaires
a écrit le 14/10/2018 à 12:26 :
Tout le monde doit faire des efforts y compris les professions libérales médicales .... de toute façon la médecine libérale et de ville a réduit sa plage de consultation de 20% en 30 ans ... le report s est effectué sur les urgences ..
Dont l agent doit être reporté à la hauteur de cette situation sur les urgences ...
a écrit le 12/10/2018 à 9:55 :
Pendant ce temps :

Quel lien entre médecine et droit ? Aucun, ou très peu. Pourtant, Le Conseil des ministres de ce mercredi 10 octobre, a nommé “M. Yves Lévy professeur des universités-praticien hospitalier” comme “conseiller d’État en service extraordinaire”. Problème : outre un changement radical de fonction, l’heureux élu, et ex-patron de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), n’est autre que le mari de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. C’est d’ailleurs en raison de ce conflit d’intérêts qu’il dirigeait l’établissement public uniquement par intérim depuis 2014, dans l’attente d’un successeur.

Yves Lévy, 61 ans, a plutôt fait une bonne affaire avec cette nomination. Il devrait en effet toucher plus de 6.100 euros bruts par mois. Cette somme comprendra un revenu fixe garanti de 1.558 euros bruts mensuel pendant cinq ans, auquel s’ajoutera, au maximum, une part variable de 4.583 euros bruts mensuel, en fonction du nombre de réunions auxquelles il participera. Il pourra, par ailleurs, poursuivre son activité professionnelle de médecin et d’enseignant, avec les rémunérations qui vont avec.
a écrit le 12/10/2018 à 9:15 :
Alors que si les salaires des amis ou de la famille de cette dame dépendant de cette "enveloppe" et bien elle ne serait pas remise en question. Comme quoi parfois, trois fois rien hein...

"Agnès Buzyn a été rémunérée par les labos pendant au moins 14 ans !" http://www.libreactu.fr/agnes-buzyn-a-ete-remuneree-par-les-labos-pendant-au-moins-14-ans/

Quand est-ce que ça s'arrête ?

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