Assurance chômage : ce que va proposer le Medef pour la dernière négociation

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Cette ouverture est censée ouvrir la voie à un accord entre patronat et syndicats sur les nouvelles règles du régime d'indemnisation des chômeurs, qui perd environ 4 milliards d'euros par an et affiche une dette de 30 milliards d'euros.
Cette ouverture est censée ouvrir la voie à un accord entre patronat et syndicats sur les nouvelles règles du régime d'indemnisation des chômeurs, qui perd environ 4 milliards d'euros par an et affiche une dette de 30 milliards d'euros. (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Le négociateur du Medef a arraché lundi un mandat a minima au conseil exécutif de l'organisation patronale pour tenter d'éviter un nouveau fiasco des tractations sur une nouvelle convention d'assurance chômage avant l'élection présidentielle.

Eviter un nouveau fiasco des transactions sur une nouvelle convention d'assurance chômage. Le conseil exécutif du Medef a donné lundi son aval pour proposer lors de l'ultime séance de négociation mardi d'augmenter la cotisation chômage des employeurs de 0,05 point, a-t-on appris auprès de l'organisation patronale, confirmant une information du Figaro.

Selon le projet d'accord transmis lundi soir aux syndicats, cette "contribution" de 0,03% appliquée à tous les contrats hors contrats de travail temporaire, sur la même assiette que celle des cotisations d'assurance chômage, sera à la charge de l'ensemble des employeurs. Le patronat propose de la mettre en place pour la durée de la future convention Unedic, soit trois ans maximum, mais précise qu'elle pourra être abrogée lors d'une évaluation a mi-parcours.

"Continuer la baisse du coût du travail"

En contrepartie, le Medef demande la suppression de la surtaxation des CDD courts (sauf CDD d'usage) décidée en 2013 et une baisse de 0,05 point de la cotisation des entreprises à l'AGS, le régime de garantie des salaires.

"On essaye de trouver une solution qui permette de continuer la baisse du coût du travail qui est absolument fondamentale", a déclaré le Medef

. "L'idée c'est d'avoir quelque chose de stable, qu'il n'y ait pas de hausse du coût du travail et qu'on puisse sortir de la logique mortifère où on dit que le problème ce sont les contrats courts".

"Tout cela sera conditionné à la participation de l'Etat aux efforts", a-t-on insisté. L'organisation patronale va demander à l'Etat de "prendre ses responsabilités sur tout ce qui concerne les frontaliers, les intermittents" et "reprenne à sa charge ce qui dépend de ses décisions".

"Personne n'est complètement à l'aise" avec la proposition

Dans l'esprit d'Alexandre Saubot, le négociateur du Medef, et de ses homologues de la CPME (ex-CGPME) et de l'U2P (ex-UPA), le but est d'amener le plus de syndicats possible à signer un accord très en-deçà de leurs attentes en matière de lutte contre les contrats courts. La contribution exceptionnelle proposée est d'ailleurs loin de faire l'unanimité au Medef. "Personne n'est complètement à l'aise avec ce mandat", a confié un responsable de l'organisation à Reuters. "Ce n'est pas un mandat d'enthousiasme mais de raison."

"Saubot veut un accord, donc [le président du Medef] Pierre Gattaz va le suivre", déplorait lundi après-midi un pilier du conseil exécutif, opposé à toute hausse de charges. "Encore une [de ces] fameuses lignes rouges franchies allègrement !"

De son côté, le président du Medef, Pierre Gattaz, interrogé par le site internet Boursorama, a déclaré en milieu de journée lundi ne pas être "complètement confiant" mais rester "optimiste".

Cette ouverture est censée ouvrir la voie à un accord entre patronat et syndicats sur les nouvelles règles du régime d'indemnisation des chômeurs, qui perd environ 4 milliards d'euros par an et affiche une dette de 30 milliards d'euros. Les précédentes négociations de juin 2016 avaient échoué, la principale organisation patronale ayant fait d'une hausse du coût du travail une ligne rouge. Plusieurs candidats, Emmanuel Macron et François Fillon en tête, ne cachent pas leur intention de remettre en cause le mode de fonctionnement de l'assurance chômage, quitte à en confier le pilotage à l'Etat, mettant de facto fin à 60 ans de paritarisme.

(avec AFP et Reuters)

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a écrit le 28/03/2017 à 23:13 :
Le MEDEF n' a AUCUN intérêt à faire baisser le chômage et c' est même le contraire.
Ce serait comme demander à dentiste de chercher une molécule contre les caries.
Réponse de le 29/03/2017 à 8:38 :
Exactement, ou comme demander à un laboratoire pharmaceutique qui vend de la chimiothérapie de chercher un médicament contre le cancer.
a écrit le 28/03/2017 à 20:19 :
Enfin, oui, ENFIN, on va mettre fin au régime archi-super-hyper privilégié des un-tiers-mi-temps du spectacle !
En résumé: cotisations 400 millions, prestations servies 1.400 millions, déficit annuel UN MILLIARD !
Les salariés et employeurs du privé en ont marre de payer pour les saltimbanques !
a écrit le 28/03/2017 à 15:58 :
""On essaye de trouver une solution qui permette de continuer la baisse du coût du travail qui est absolument fondamentale"

Pour qui ?
Réponse de le 28/03/2017 à 17:15 :
Pour quiconque a déjà créé son entreprise même sous un format d'ESS et a des bases de comptabilités...
Réponse de le 28/03/2017 à 19:42 :
Je dirais : jusqu'où ? Quel niveau de casse sociale satisfera le patronat ? L'Europe nous condamne toujours plus au moins-disant social : les salaires et la protection sociale doivent t'ils s'aligner sur les salaires roumains, marocains, chinois ... sinon les usines partent la bas. Les travailleurs détachés travaillent (quand ils sont déclarés) pour pas cher. Nous payons le CICE, les allègements de charges, l'impôt sur les sociétés devrait baisser (mais mais mes IR). Si le patronat se gave de CDD ou d'intermittents (du spectacle) qu'il assume ses choix et mette la main à la poche.
Réponse de le 29/03/2017 à 12:02 :
@Xyz - c'est la faute de l'Europe si les charges sociales et fiscales en France sont à un tel niveau qu'elles bloquent la machine économique ?
C'est la faute de l'Europe ou des Français qui ne veulent pas remettre en cause leur modèle social inapdaté aux enjeux du monde moderne ?
a écrit le 28/03/2017 à 15:08 :
En ce qui concerne Macron, on sait ce qu'il veut faire avec l'assurance chômage, la faire payer par les retraités en augmentant la CSG de 1.70 %.
Réponse de le 29/03/2017 à 12:04 :
Les moyens financiers de l'Etat ne sont pas infinis.
Les retraités payent moins que les autres de CSG, alors que ce sont les plus grands bénéficiaires de l'assurance maladie...
a écrit le 28/03/2017 à 12:06 :
Solution completement debile: on taxe un peu plus les CDI pour eviter de taxer les CDD. soit exactement l inverse de ce qu il faudrait faire. Avec la solution Medef, on va inciter encore plus d entreprises a embaucher en CDD et donc a tourner avec un volant de personne qu on embauche/licencie/embauche ... Tout a fait ce qu il faut pour faire de la qualite et du long terme ... apres on s etonne que les allemand nous taillent des croupieres
a écrit le 28/03/2017 à 11:55 :
Les syndicats sont-ils réellement utiles dans les rapports humains au travail. Vous avez 4 heures, ensuite je ramasse les copies.
a écrit le 28/03/2017 à 10:43 :
La solution, l'unique solution consiste à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. (Une taxe sur l'énergie pour financer le chomage et les retraites). Cela correspond à l'application de la note n°6 du CAE, avec une allocation universelle pour respecter l'équité. Mais comme les Français refusent de donner un "juste prix" à l'énergie, alors ce sera la faillite. Mais les Français ne sont pas capables de le comprendre; les Allemands et les Suédois l'on compris et s'en portent très bien. Pauvre France!
Réponse de le 28/03/2017 à 12:09 :
ou vous voyez que la RFA taxe l energie pour financer le chomage et les retraites ? le systeme est assez comparable a la france, c est une taxe sur les salaires !
EN plus, votre solution est infaisable: l essence c est deja 90 % de taxe. Vous allez la taxer a combien pour financer des millions de retraités et de chomeurs (lesquels devront s eclairer a la bougie si vous voulez mettre 90 % de taxes sur l electricite aussi)
Réponse de le 28/03/2017 à 13:23 :
@gepe. Merci pour votre réponse. Lisez la note n°6 du CAE pour comprendre que cela n'a rien d'impossible, et que même notre prix Nobel d'économie y est favorable. Les Allemands payent l'électricité un peu plus chère que nous, mais pas tellement plus, et ils l'acceptent.
a écrit le 28/03/2017 à 10:24 :
Augmenter les cotisations des CDI est une idiotie. Il faut si besoin réduire un peu le CICE de l'équivalent des hausses de cotisation proposées et à terme convertir le CICE en baisse de cotisations (patronales et salariales) de chômage des CDI.
a écrit le 28/03/2017 à 9:20 :
Vos chaines seront faites dans un alliage empêchant toute blessure potentielle.

Nous vous prévenons que nous n'irons pas plus loin dans les concessions.
Réponse de le 28/03/2017 à 15:55 :
La liberté consiste à faire tout ce que permet la longueur de la chaîne.Francois Cavanna

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