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Baisse du déficit public : dépenses, impôts... Le « cocktail bien proportionné » de François Villeroy de Galhau

latribune.fr

Publié le 25 septembre 2024 à 08:30 - Mis à jour le 25 septembre 2024 à 14:32

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Reuters

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Face à la situation critique du déficit, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, recommande une combinaison de réductions des dépenses publiques et de hausses d'impôts ciblées.

Un « cocktail bien proportionné » de diminution des dépenses et de « certaines hausses d'impôts ciblées, justes ». C'est ce que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a suggéré ce mercredi pour faire face au déficit vertigineux du pays.

«La maladie française, c'est que nous accumulons depuis trop longtemps trop de déficit et trop de dettes, et que cette situation ne peut plus durer. La dette coûte de plus en plus cher, les dépenses héritées du passé nous empêchent de financer les dépenses d'avenir. Et les prêteurs internationaux, qui prêtent (de l'argent) à la France nous disent qu'il faut réagir», a déclaré le gouverneur au micro de France 2.

Depuis la nomination du nouveau gouvernement de Michel Barnier, « le débat politique fait rage, [...] on a tendance à s'enflammer, à se disputer sur un des remèdes, qui est certaines hausses d'impôts », a-t-il ajouté.

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« Nous ne sommes pas plus bêtes que nos voisins européens»

Selon François Villeroy de Galhau, « il faut se poser la question de façon plus simple : quand une famille vit au-dessus de ses moyens et qu'elle n'arrive pas à boucler son budget, et c'est le cas de la France, on peut diminuer ses dépenses ou on peut augmenter ses recettes ».

«Le bon sens, c'est qu'aujourd'hui il faut faire les deux. Je crois que la bonne proportion c'est une majorité d'économies de dépenses pour environ trois quarts, et sans doute un recours à certaines hausses d'impôts ciblées, justes, pour un quart», a-t-il estimé.

Le 17 septembre, François Villeroy de Galhau avait d'ailleurs suggéré un effort « exceptionnel et raisonnable » sur certaines grandes entreprises et gros contribuables afin de réduire les déficits. Mercredi, il propose également d'être attentif à ce qu'il se passe dans les pays voisins car « nous allons bientôt être le seul pays européen qui n'arrive pas à ramener sa dette sous 3% » et « nous ne sommes pas plus bêtes que nos voisins européens ».

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Dans le projet de budget pour 2025, le gouvernement devra donc détailler la manière dont il compte redresser les finances publiques de la France, qui se trouve dans une situation budgétaire « très grave », selon le Premier ministre Michel Barnier.

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D'autant que le calendrier budgétaire a été nettement retardé cette année par la dissolution et la longue recherche d'un Premier ministre et d'un gouvernement. Le projet de budget 2025 de la France pourrait ainsi être examiné à l'Assemblée nationale à partir du 9 octobre prochain. Tout en sachant que le chef du gouvernement doit présenter sa feuille de route dans une déclaration de politique générale à l'Assemblée début octobre.

Dans une note datée de juillet, le Trésor a prévenu d'un risque de dérapage du déficit à 5,6% du PIB en 2024 à politique inchangée, contre l'objectif de 5,1% fixé par le gouvernement sortant. La semaine dernière, Les Echos donnait un dérapage « autour de 6% », d'après la nouvelle anticipation du ministère de l'Économie et des Finances.

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La France hors des clous de Bruxelles

En 2023, le déficit public était déjà sorti des clous, à 5,5% du PIB contre 4,9% anticipés. L'État avait attribué en début d'année ce dérapage à des recettes fiscales de 21 milliards d'euros plus faibles qu'espéré l'an dernier. Ce qui a valu à la France d'être épinglée, ainsi que six autres pays européens, par Bruxelles pour déficit excessif.

Ces pays ont dépassé l'an dernier la limite fixée à 3% du Produit intérieur brut (PIB) par le Pacte de stabilité, qui limite aussi la dette à 60% du PIB. Ils devront prendre des mesures correctrices pour respecter à l'avenir les règles budgétaires de l'Union européenne, sous peine de sanctions à hauteur de 0,1% du PIB par an, soit près de 2,5 milliards d'euros dans le cas de la France. Même si en réalité, ces punitions, politiquement explosives, n'ont jamais été appliquées.

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La Commission européenne a néanmoins annoncé, lundi, autoriser la France à présenter son plan de réduction du déficit public fin octobre. La France, la Belgique, l'Italie, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et Malte étaient tenues de présenter un plan de réduction du déficit public d'ici au 20 septembre.

(Avec AFP)

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