Réduction du déficit : Bruxelles donne un sursis à la France
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Mais Bruxelles savait dès la rentrée que le délai allait être compliqué à tenir.
Jana Rodenbusch
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Mais Bruxelles savait dès la rentrée que le délai allait être compliqué à tenir.
Jana Rodenbusch
[Article publié mardi 24 septembre 2024 à 8h23, mis à jour à 9h06] C'est un petit « ouf » de soulagement pour le nouveau gouvernement. La Commission européenne a annoncé, lundi, autoriser la France à présenter son plan de réduction du déficit public fin octobre.
Pour rappel, la France a vu son déficit public s'établir à 5,5% de son PIB en 2023. Comme six autres pays membres de l'Union européenne, elle a dépassé la limite des 3% de déficit public fixée par le Pacte de stabilité et de croissance. Résultat, elle a été placée en procédure de déficit public excessif fin juillet. La France, la Belgique, l'Italie, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et Malte étaient tenus de présenter un plan de réduction du déficit public d'ici au 20 septembre.
Mais Bruxelles savait dès la rentrée que le délai allait être compliqué à tenir.
En effet, l'Hexagone, longtemps en quête d'un gouvernement, avait sollicité dès début septembre un report de l'échéance. La semaine dernière, il était même question d'une présentation après le mois d'octobre, mais l'échéance est finalement ramenée à la fin octobre, ont expliqué les responsables bruxellois.
La tâche promet d'être ardue. Le gouvernement précédent s'était fixé pour objectif de faire reculer le déficit à 4,1% en 2025 et à moins de 3% en 2027. Tâche qui incombera au nouvel exécutif. L'équipe de Michel Barnier doit présenter le 9 octobre aux députés le projet de loi de finances pour 2025.
« J'insiste sur l'importance de ce travail, car il est essentiel que ce cadre prenne un bon départ et soit crédible », avait déclaré Paschal Donohoe, le président de l'Eurogroupe, lors d'une conférence de presse organisée à Budapest après une réunion des ministres des Finances de la zone euro en septembre.
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Déjà la semaine dernière, le gouverneur de la Banque de France, avait sonné l'alerte. « Les déficits et la dette nous coûtent de plus en plus cher. Sur les seuls intérêts de la dette - je ne parle même pas de son remboursement - nous allons dépenser plus que pour l'école ! Si on continue ainsi, on condamne le futur de la France et la liberté des Français. Le déficit doit donc revenir sous les 3% », expliquait François Villeroy de Galhau.
Mais les dernières prévisions de Bercy ne vont pas dans le bon sens. Le déficit public de la France devrait atteindre 6% en 2024, bien supérieur à l'objectif de 5,1% fixé par le gouvernement sortant, selon des informations publiées vendredi par le quotidien Les Echos.
« En trois ans, d'ici 2027, ce ne serait pas réaliste et cela mettrait un coup d'arrêt à la croissance », confiait le banquier central. « Mieux vaut se fixer un cap de cinq ans, qui reste compatible avec les règles européennes », avait-il ajouté. Une temporalité qui requerrait selon lui de trouver 100 milliards d'euros sur cinq ans, soit 20 milliards d'euros par an.
Le gouverneur de la Banque de France juge que l'essentiel de cet effort devrait être fait sur les dépenses mais qu'il faudrait « aussi à titre complémentaire lever le tabou sur les hausses d'impôts, sans toucher si possible les classes moyennes ni les PME ». Ainsi, poursuivait-il, « un effort exceptionnel et raisonnable sur certaines grandes entreprises et certains gros contribuables ne doit pas être exclu, tant qu'on n'est pas revenu sous 3 % de déficit ».
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Concernant une éventuelle hausse des prélèvements pour certaines grosses entreprises, dont le patron du Medef s'est dit « prêt à discuter » sous conditions, le ministre de l'Economie a répondu ce mardi. « Nous allons y travailler avec lui, avec l'ensemble des entreprises de toutes les tailles, avec évidemment les partenaires sociaux », a affirmé Antoine Armand, estimant que « le dialogue avec les partenaires sociaux doit être repris. »
(Avec Reuters)
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