Barrage de Sivens : la justice annule la déclaration d'utilité publique

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Les autorités locales comptaient se baser sur la DUP de l'ancien projet pour aller plus vite, mais elles risquent de devoir repartir de zéro.
Les autorités locales comptaient se baser sur la DUP de l'ancien projet pour aller plus vite, mais elles risquent de devoir repartir de zéro. (Crédits : reuters.com)
Près d'un an après l'abandon définitif de la construction du barrage de Sivens (Tarn), la justice vient d'annuler la déclaration d'utilité publique du projet. Une preuve, pour les opposants, que leur combat a payé.

C'est une victoire tardive pour les opposants au barrage de Sivens dans le Tarn. Le tribunal administratif de Toulouse a annulé ce jeudi la déclaration d'utilité publique (DUP) du projet. Celui-ci avait de toute façon été abandonné depuis 2015 après la mort de Rémi Fraisse en octobre 2014.

Le décès de ce jeune écologiste opposé au barrage, après l'explosion d'une grenade tirée par les forces de l'ordre, avait conduit l'Etat à renoncer à ce projet situé en zone humide. Le tribunal a également annulé l'autorisation de défrichement et la dérogation à la loi sur les espèces protégées.

"Il aura fallu un mort pour que tout s'arrête"

Pour Ben Lefetey, porte-parole du collectif d'opposants "Collectif Testet", "c'est la confirmation par la justice que ce projet était bien illégal et que, donc, les opposants, y compris les zadistes, avaient raison". Ben Lefetey a également fait part de sa "colère" en rappelant qu'"il aura fallu un mort pour que tout s'arrête".

Sollicité par l'AFP, le maître d'ouvrage, à savoir le conseil départemental du Tarn, n'avait pas encore réagi à la décision vendredi après-midi. Le jugement risque par ailleurs de compliquer la construction d'une nouvelle retenue d'eau, de dimensions plus restreintes, mais quasiment au même endroit, pour alimenter en eaux les terres agricoles alentour.

Les autorités locales comptaient en effet se baser sur la DUP de l'ancien projet pour aller plus vite, mais elles risquent de devoir repartir de zéro. Par ailleurs, les opposants sont prêts à repartir au combat contre le nouveau projet : "S'ils passent à nouveau en force, on sera là pour s'opposer. Il y aura à nouveau des zadistes" prévient Ben Lefetey.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/07/2016 à 19:00 :
Dire que sur ordre des financiers ce barrage a failli se construire en toute illégalité, ces gens là se permettent décidément vraiment tout.

Rémi Fraisse ne serait jamais décédé si ces gens là respectaient un temps soit peu l'humanité, l'appât du gain n'est pas une raison valable pour tout faire et n'importe quoi.

Oui cela laisse franchement un goût amer.
a écrit le 02/07/2016 à 13:56 :
Il y a des fonctionnaires qui ont quand même bossé sur ce dossier pendant 1 an, alors que ça ne servait plus à rien. On comprend pourquoi, la justice est longue à la détente !!
a écrit le 02/07/2016 à 9:32 :
on doit se poser la question de la transparence dans laquelle sont prises ces déclarations d'intérêt public ???? les dossiers qui sont présentés ne sont visiblement pas établis avec mesure et sérieux. Faut il poursuivre des responsables ?
Réponse de le 02/07/2016 à 10:22 :
Il est rare que dans un dossier, un juriste digne de ce nom ne trouve pas une faille quelque part méme si il a été monté avec beaucoup de sérieux.....
a écrit le 01/07/2016 à 17:26 :
Le projet de Sivens à au moins un point commun avec celui de Notre-Dame-Des Landes, il est grossièrement sur-dimensionné.

Le projet de NDDL a en plus contre lui de faire l'objet d'objections de la part de l'Europe qui considère que les contreparties écologiques au massacre de 1600 h de milieu humide, ne sont pas suffisantes, ce qui risque de se traduire par une condamnation et une amende... qui sera payé par le contribuable.

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