Bayrou défend bec et ongles son budget face aux oppositions
latribune.fr
Le chef du gouvernement a balayé les propositions budgétaires du Parti socialiste, qui veut ramener le déficit de 21,7 milliards d'euros en 2026, contre les 44 milliards envisagés par l'exécutif.
Tom Nicholson
Le Premier ministre a défendu dimanche son projet de réduction de la dette lors d'une interview aux chaînes d'information, à une semaine du vote de confiance. Il a exclu toute ouverture aux socialistes et se dit prêt à des ajustements marginaux sur les jours fériés.
François Bayrou a tenté dimanche de reprendre la main. À l'occasion d'une interview accordée aux quatre chaînes d'information en continu, le Premier ministre a martelé sa détermination à faire adopter son budget 2026, clef de voûte du vote de confiance qu'il a convoqué pour le 8 septembre. « Négocier n'a de sens que si l'on est d'accord sur le constat », a-t-il affirmé pour expliquer ce vote de confiance, en précisant « être ouvert à la discussion à condition que l'on reconnaisse que l'on ne peut pas ne rien faire ».
Le chef du gouvernement a balayé les propositions budgétaires du Parti socialiste, qui veut ramener le déficit de 21,7 milliards d'euros en 2026, contre les 44 milliards envisagés par l'exécutif. « Ça veut dire qu'on ne fait rien », a-t-il cinglé, jugeant cette politique « plus laxiste » et « à la dérive ». François Bayrou a écarté l'hypothèse d'un remaniement pour intégrer des socialistes au gouvernement.
Supprimer des congés payés, une proposition« discutable »
Interrogé sur la suppression de deux jours fériés, mesure qui a suscité une vive polémique François, Bayrou a reconnu que cette proposition était « discutable ». Il se dit « prêt à la discussion » et a évoqué l'idée de n'en supprimer qu'un seul. « Ce ne sont pas quelques minutes de travail en plus, c'est de la richesse pour le pays », a-t-il insisté, tout en rappelant qu'il avait renoncé à d'autres pistes, comme le passage aux 36 heures hebdomadaires.
Revenant sur sa déclaration controversée sur les « boomers », le Premier ministre a tenu à clarifier : « Je n'ai jamais dit qu'il fallait cibler les boomers dont je suis ». Mais il a invité cette génération, qui a connu la croissance et l'emploi facile, à aider les plus jeunes, qu'il juge « sacrifiés » par la dette et privés de perspectives.
Une opposition résolue
Dans le même temps, les forces politiques affûtaient leurs positions. À gauche, Olivier Faure a confirmé sur BFMTV le vote contre la confiance et réclamé la nomination d'un Premier ministre de gauche.
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À l'extrême-droite, Sébastien Chénu (RN) a affirmé sur RTL que son parti se battrait pour une majorité absolue en cas de dissolution. Laurent Wauquiez (LR) a demandé à Bayrou de « corriger » sa copie pour « entendre la France qui travaille », sans appeler explicitement à la censure. Quant à Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, il a mis en garde à Tourcoing contre « l'instabilité » et a adressé des signaux d'ouverture aux socialistes.