Tic, tac, tic, tac... à seulement quelques jours de la date fatidique, les entreprises françaises et britanniques sont toujours dans un brouillard épais plus de quatre années après le résultat du référendum en faveur du Brexit. En dépit des derniers achoppements entre les institutions européennes et le Premier ministre Boris Johnson sur les zones de pêche notamment, le gouvernement français essaie de se préparer tant bien que mal. Les nombreuses tergiversations et rebondissements suscitent toujours de l'incertitude des deux côtés de la Manche. "Qu'il y ait un accord ou pas, il y aura des changements importants parce que le Royaume-Uni va sortir de l'Union douanière et donc les échanges entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ne se feront plus de manière libre comme ils le sont encore aujourd'hui. Autrement dit, il y aura une frontière qui va être restaurée et il y aura des formalités de passage à la frontière qui seront obligatoires à la fois sur le plan douanier, sur le plan sanitaire et phytosanitaire" rappelle-t-on à Bercy. Suite à l'apparition d'une nouvelle variante du coronavirus qui inquiète l'Europe, la France a décidé dimanche soir de suspendre toute arrivée en provenance du sol britannique pour au moins 48 heures.
La position géographique de la France au sein du Vieux continent explique qu'une majorité des flux de personnes et de marchandises passe par son territoire. D'après des chiffres communiqués par le ministère de l'Economie, 30 millions de voyageurs circulent entre les deux rives de la Manche chaque année. "Il y a 5 millions de camions et autant de véhicules légers qui traversent la Manche. Et il y a 80% des flux routiers entre l'Europe et le Royaume-Uni qui passent par la France. Autrement dit, on a la principale frontière terrestre entre l'Union européenne et la France" ajoute l'entourage du ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Si la pandémie a profondément bouleversé le trafic de voyageurs en 2020, l'arrivée du vaccin et la levée progressive à prévoir des mesures d'endiguement du virus pourraient à nouveaux booster les flux de personnes dans les mois à venir.