Brexit : l'UE veut croire à un accord rapide, Londres privilégie l'option du no deal

 |  | 740 mots
Lecture 4 min.
Michel Barnier (en photo) a aussi souligné qu'un échec en fin d'année restait une éventualité.
Michel Barnier (en photo) a aussi souligné qu'un échec en fin d'année restait une éventualité. (Crédits : FRANCOIS WALSCHAERTS)
D'un côté, le négociateur européen Michel Barnier juge "difficile mais possible" le fait de parvenir à un accord post-Brexit d'ici vendredi, tandis que, de l'autre, un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson a déclaré à la presse qu'un "no deal" restait "l'issue la plus probable". La principale pierre d'achoppement restant le sujet de la pêche.

Le négociateur européen Michel Barnier juge "difficile mais possible" de parvenir à un accord post-Brexit d'ici à vendredi avec le Royaume-Uni, à condition qu'un compromis se dégage sur la pêche, principal point de blocage qui doit être discuté jeudi.

Lire aussi : Brexit : ciel dégagé avec risques d'intempéries

Les propos du Français ont eu lieu lors d'un point sur les pourparlers jeudi matin avec les chefs des groupes politiques au Parlement européen, au cours duquel il a aussi souligné qu'un échec en fin d'année restait une éventualité.

Londres a d'ailleurs rapidement tempéré les espoirs d'un accord rapide, un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson déclarant à la presse qu'un "no deal" restait "l'issue la plus probable".

Sans accord commercial, les échanges entre l'UE et le Royaume-Uni se feront selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, avec ses lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie.

À l'issue de leur rencontre avec M. Barnier, les eurodéputés ont averti que s'ils ne recevaient pas le texte d'un accord d'ici à "dimanche minuit", ils ne pourront pas le ratifier à temps pour qu'il entre en vigueur le 1er janvier 2021, quand le Royaume-Uni - qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier dernier - abandonnera définitivement le marché unique.

Le chef de fil des écologistes, Philippe Lamberts, a cependant souligné que le délai laissé au Parlement était déjà trop court et qu'une ratification cette année porterait "un coup sévère à la crédibilité du Parlement européen".

"De par sa taille et son importance politique, l'approbation de ce traité par le Parlement ne peut être expédiée en quelques jours seulement", a-t-il protesté.

Sans ratification parlementaire cette année, un éventuel accord pourrait entrer en vigueur de manière provisoire le 1er janvier, une option considérée par les États membres comme "la meilleure", selon un haut responsable européen - malgré l'opposition du Parlement, qui en serait réduit à l'examiner et à le valider a posteriori.

Compensations

Downing street a pour sa part précisé que le Parlement britannique, qui suspend ses travaux jeudi, pourrait être rappelé sous 48 heures, y compris le week-end, en cas d'accord.

Avant sa rencontre avec les eurodéputés, Michel Barnier, avait noté "de bons progrès" dans les discussions, malgré d'ultimes "obstacles" et rappelé que l'UE ne signerait "qu'un accord protégeant [ses] intérêts et [ses] principes".

De fait, l'horizon semble se dégager depuis quelques jours vers un accord en raison de progrès récents, la question de la pêche, explosive pour quelques États membre, France et Pays-Bas en tête, semblant constituer la principale pierre d'achoppement des discussions.

Lire aussi : Brexit: le secret des eaux britanniques, si poissonneuses et si convoitées par les pêcheurs de l'UE

M. Barnier a expliqué aux eurodéputés que l'UE avait accepté le principe d'une "période de transition" - sans préciser sa durée - à l'issue de laquelle le Royaume-Uni récupérera le contrôle de ses eaux et pourra théoriquement les fermer aux pêcheurs européens. Dans ce cas, l'UE réclame des compensations.

"Le Royaume-Uni sait que sans accord sur la pêche, il n'y aura pas d'accord du tout", a-t-il insisté, selon des participants.

Les deux autres sujets qui bloquaient jusqu'alors les discussions - les conditions de concurrence équitable et la gouvernance du futur accord - semblent en voie de résolution.

Sur les garanties réclamées par l'UE en matière de concurrence afin de se prémunir contre tout dumping social, fiscal ou environnemental de la part des entreprises britanniques, le Royaume-Uni a apparemment basculé. Il attend en conséquence que les Européens bougent sur la pêche.

Selon des participants à la réunion, Londres s'engage non seulement à ne pas régresser dans ces domaines, mais il accepte aussi la possibilité de rester "le plus proche" possible de l'UE au fil du temps.

Si l'une des deux parties s'estimait lésée, elle pourrait prendre des contre-mesures, comme des droits de douane et ce sur n'importe quelle partie de l'accord: l'UE pourrait par exemple appliquer des taxes sur les automobiles britanniques si Londres ne respectait plus les règles environnementales sur un autre produit.

Par Clément Zampa, avec Germain Moyon à Londres, AFP

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/12/2020 à 20:30 :
Allez Barnier finit de servir la même soupe depuis 5 ans, Micron te veut pour les régionales contre wauqiez
a écrit le 18/12/2020 à 16:13 :
Les médias - qui reprennent l'AFP sans le moindre recul - servent la même soupe depuis je ne sais combien d'années : il y a, d'un côté, la gentille Union européenne, parée de toutes les vertus et, de l'autre, le méchant Royaume-Uni, lesté de tous les défauts du monde. L'AFP fait de la propagande sur au moins trois sujets : le Brexit, Trump et le covid-19. Cette agence de presse cause du tort au journalisme, le métier que j'ai pratiqué pendant plus de 35 ans.
a écrit le 18/12/2020 à 9:03 :
"l'UE veut croire à un accord rapide, Londres privilégie l'option du no deal"

Bah un "no deal" serait "un accord rapide" hein, ils sont enfin d'accord donc ! :-)
a écrit le 18/12/2020 à 6:30 :
Le brexit est le résultat de manoeuvres du lobby d'ONG sous influence d'intérêts étrangers qui visent à affaiblir l'Europe, forcement sous couvert de bonnes intentions... Que ce soit les USA, la Russie ou la Chine, aucune de ces puissances n'ont intérêt à ce que l'europe se renforce. Qu'il y ai deal ou pas, la division de la communauté va encore s'accentuer.
Réponse de le 19/12/2020 à 4:23 :
C'est bien la théorie du complot pour diviser l'Europe néanmoins rappelez-nous combien de langues parle-t-on en Europe et combien de "partenaires" n'ont pas adopté la monnaie unique?

La triste réalité c'est que l'Europe est une chimère qui attire les vampires de l'ex-union soviétique en saignant la France qui achète la paix avec ses voisins depuis sa cuisante défaite face à l'Allemagne nazi car force est de constater que depuis le départ des américains, c'est l'Allemagne qui dirige l'Europe!
a écrit le 17/12/2020 à 20:37 :
Le no-deal a l'intérêt de ne pas se compromettre, BoJo a des pressions derrière lui, ses soutiens qui le laisseront s'il trouve un accord. Tout le monde y aurait intérêt mais ça serait un compromis, et la position de la GB est connue et stable, ils n'ont pas l'intention de bouger d'un millimètre, c'est à l'UE d'aller vers eux, we want le beurre et l'argent du beurre, please ! La politique intérieure passera devant l'économie.
Comment défendre l'autorisation, même quantifiée et remise en cause chaque année, de pêcher près des côtes d'un pays souverain ? Les brexiteurs ne comprendraient pas, trahison !
Réponse de le 17/12/2020 à 22:54 :
Rien compris de ces propos abscons vous pouvez tout reprendre ?
a écrit le 17/12/2020 à 20:03 :
Barnier ça fait juste cinq ans qu'il nous sert la même soupe, de la dernière chance !
La dernière chance, pour qui ?
Dans le privé, c'est lui, qui aurait dégagé.
Réponse de le 18/12/2020 à 9:46 :
Plus personne ne croit à un accord dans le monde privé. Pour eux qui travaillent à la City et sont relocalisés en UE, les déménagements ont été avancés pour que tout soit effectif avant la fin de l'année. Et qui peut croire que c'est acceptable pour les anglais de laisser leurs eaux de pêche à d'autres.. Barnier a échoué (ce n'est peut-être pas sa faute mais il faut en finir -c'est tout de même nous qui payons..-.
a écrit le 17/12/2020 à 19:52 :
La France négocie comme la Chine, en demandant aux britanniques de renoncer à leur souverainneté en maintenant le déficit commercial... que BoJo claque la porte du racket européiste!
a écrit le 17/12/2020 à 19:26 :
Les Anglais vont pêcher "leur" poisson, mais vu que c'est l'UE qui l'achète en majorité, en cas de non accord, les taxes sur leur pêche pourraient rendre leur poisson invendable.
Réponse de le 17/12/2020 à 20:39 :
Au lieu de manger celui de Norvège ils le mangeront, leur poisson côtier, il est comestible vu qu'on le consommait, c'est mieux que le poulet javellisé. :-)
Réponse de le 17/12/2020 à 22:57 :
Je vais en mange deux fois plus et ma soeur et ses copains aussi parce que le poisson anglais est le meilleur qui vient du nord et le poisson de l' indépendance. Comptez sur nous pour aider la GB.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :