Bruno Le Maire : fugue en do majeur
Bruno Jeudy
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KEN CEDENO
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Aussi loin que je me souvienne, Bruno Le Maire a toujours hésité entre l'écriture et la politique. Il finira par marier les deux. Après tout, il n'est pas le premier ministre-écrivain. Avant lui, la vie politique française a fait de la place à des auteurs célèbres de Georges Clemenceau à Edouard Herriot, du Général de Gaulle à François Mitterrand, de Maurice Druon à Françoise Giroud. Il n'y a guère de pays au monde qui cultive cette singularité politique et culturelle. Une chance qui nous tire vers le haut. Évidemment, le timing de la publication du dernier essai (le treizième depuis 2004) du ministre de l'Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique tombe au plus mauvais moment alors que la note financière de la France vient d'être dégradée...
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La polémique qui a entouré la sortie de « Fugue américaine » (Editions Gallimard) est révélatrice de l'époque. Dans l'entretien qu'il accorde à La Tribune, le numéro deux du gouvernement affiche sa sérénité malgré les moqueries et les attaques qui le visent sur les réseaux sociaux. Rassuré par les critiques littéraires qui saluent un « remarquable » livre, il sait qu'à l'arrivée cette « fugue américaine » sculpte un peu plus une trajectoire originale et humanise une image un brin aristo et professorale. Il s'inquiète, en revanche, de ce que cache cette polémique : une « mécanique » qui ne sert pas, dit-il, la démocratie, la liberté d'expression et la culture française.
Bruno Jeudy