La Cour sera plus que jamais « vigilante en matière de finances publiques en 2023» a asséné le premier président de l'institution Pierre Moscovici lors de ses voeux à la presse.« Le "quoi qu'il en coûte" doit prendre fin en 2023 ». Après avoir injecté des milliards d'euros dans l'économie pour venir en soutien aux entreprises et aux ménages, l'Etat va devoir se serrer la ceinture, a asséné le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici lors de ses voeux à la presse ce mercredi 18 janvier. « Notre niveau de préoccupation est élevé sur les finances publiques [...] Nous avons dépensé beaucoup d'argent de façon légitime. La Cour des comptes a été compréhensive sur le "quoi qu'il en coûte". Il fallait sauver des vies et l'économie. Nous constatons que certaines dépenses qui n'avaient pas de rapport avec la crise ont tendance à devenir structurelles. Nous pensons que la sortie du "quoi qu'il en coûte", qui n'a pas été mise en oeuvre en 2022, doit être à l'agenda en 2023, » a-t-il déclaré devant les journalistes.
Pour rappel, la dette publique brute s'élève à 113,1% du produit intérieur brut (PIB) à fin 2022 selon Eurostat, soit 2.916 milliards d'euros. Selon ce ratio, la France est en cinquième position dans la zone euro derrière la Grèce (188% du PIB), l'Italie (152%), le Portugal (123%) et l'Espagne (116%).« Nous sommes entrés dans la crise avec des niveaux élevés de déficit structurel et de dette, et les mesures mises en œuvre pendant la crise n'ont fait que détériorer cette situation, » a-t-il ajouté. En décembre dernier, le taux d'emprunt de l'Etat Français a dépassé la barre symbolique des 3% sonnant l'alerte dans les milieux financiers. « Le taux à 10 ans a ainsi augmenté de près de 250 points de base depuis le début de l'année 2022 » a souligné l'ancien ministre de l'Economie.
Revue des dépenses publiques : la Cour des comptes tacle le flou du gouvernement
Le gouvernement a prévu de mettre en oeuvre une revue des dépenses publiques dans les semaines à venir. Lors d'une récente réunion avec la presse économique, le ministre des Finances Bruno Le Maire a insisté fortement sur l'organisation des assises des dépenses publiques au printemps. « La revue des dépenses publiques va consister à rencontrer chaque ministère pour voir quelles sont les baisses possibles de dépenses publiques. Nous allons convoquer le responsable des administrations publiques dès le mois de février, » a-t-il expliqué.