Budget : un tiers des agences et des opérateurs de l'Etat vont être fusionnés ou supprimés
latribune.fr
180.000 personnes travaillent actuellement dans les agences ou opérateurs, « plus que de gendarmes dans le pays », appuie Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics.
Reuters
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé dimanche que « d'ici la fin de l'année », « un tiers des agences et des opérateurs » de l'Etat « qui ne sont pas des universités » allaient être »fusionnés ou supprimés ».
Annonce choc : fin 2026, un tiers des agences et des opérateurs de l'État connaîtront de profonds bouleversements, soit par fusion, soit par suppression. « C'est 2 à 3 milliards d'économies à la clé », a indiqué dimanche la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin sur CNews/Europe 1. « Nous réduisons notre complexité, nous remettons un État plus fort, plus efficace sur le terrain » a-t-elle poursuivi.
La ministre a précisé que ces restructurations se traduiront par des économies de fonctionnement, notamment grâce au rapprochement des équipes. « Il y aura donc moins d'emplois publics à la clé », a-t-elle indiqué, sans donner de chiffre précis. Actuellement, quelque 180.000 personnes travaillent dans ces agences et opérateurs, « plus que de gendarmes dans le pays, » a souligné Amélie de Montchalin.
Interrogée sur la façon dont les suppressions d'emplois publics pourraient se faire, la ministre a répondu : « vous avez des gens qui partent à la retraite, vous avez des gens que vous pouvez mettre ensemble, on a plein de moyens sans faire dans la casse sociale. Je serai auditionnéepar une commission du Sénat mi-mai, je ferai des annonces à ce moment-là. »
« Je ne viens pas pour dire 'Vous voyez, j'ai ma tête de Turc, j'ai celui-là que je vais couper à la tronçonneuse'. « Le but, c'est de montrer que l'État fait des efforts, reprend le contrôle sur sa masse salariale, sur ses dépenses de fonctionnement, et fait du ménage dans son organisation, parce que les Français le demandent », a encore déclaré la ministre.
Avant d'ajouter : « L'argent que nous gérons tous les jours, c'est celui des Français. Nous avons un devoir de rigueur, de sérieux. Nous devons rendre des comptes et supprimer ce qui est inutile ou ce qui coûte aujourd'hui trop cher. » Plusieurs agences étaient dans le collimateur du gouvernement et de la droite en début d'année, notamment l'Agence bio, menacée un temps de disparition après le vote mi-janvier au Sénat d'un amendement auquel la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, ne s'était pas opposée.
Début avril, le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, avait affirmé que le gouvernement était « défavorable par principe » à la suppression d'agence ou d'opérateurs de l'Etat dans le cadre de l'examen du projet de loi de simplification à l'Assemblée nationale. En février, le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici avait jugé mythique « de penser que ces agences sont toutes inutiles » : « il y en a beaucoup à réformer, beaucoup à préserver, mais sans doute très peu à supprimer. ». Dimanche, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, interrogée sur LCI, s'est dite « dubitative et inquiète » après cette annonce, déplorant qu'elle ait été faite « sans concertation ».
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