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ÉconomieFrance

Enseignants : « Combien de sang versé avant qu’on nous entende ? »

Alexandre Duyck

Publié le 15 octobre 2023 à 03:50 - Mis à jour le 15 octobre 2023 à 06:02

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Au lendemain de la mort de Dominique Bernard à Arras, le monde éducatif dit sa colère, sa peur et exige des mesures sécuritaires concrètes.

Au lendemain de la mort de Dominique Bernard à Arras, le monde éducatif dit sa colère, sa peur et exige des mesures sécuritaires concrètes.

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Au lendemain de la mort de Dominique Bernard à Arras, le monde éducatif dit sa colère, sa peur et exige des mesures sécuritaires concrètes.

Trois ans après l'assassinat de Samuel Paty et huit mois après le décès d'Agnès Lassalle, professeure d'espagnol mortellement poignardée en plein cours à Saint-Jean-de-Luz par l'un de ses élèves, la mort de Dominique Bernard bouleverse la France entière, et plus durement encore le corps enseignant. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU (majoritaire dans le secondaire), s'est exprimée la voix tremblante : « C'est terrible. Il y a beaucoup d'émotion, de sidération. On pense à sa famille, ses collègues, ses élèves. Il y a une forme d'effroi aussi. Il faut que tout le monde entende la gravité de ce qui vient de se passer. C'est l'école qui est attaquée, ce sont des professeurs qui sont attaqués parce qu'ils font ce métier-là. »

« Pas de solution miracle »

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Vendredi soir, le ministre de l'Éducation nationale a reçu les organisations syndicales. Annonçant un « moment d'union et de recueillement partout en France » demain, Gabriel Attal a ajouté : « La peur n'a pas sa place à l'école. » Des professeurs qui arrivent le matin la boule au ventre. Des professeurs qui n'osent plus parler des caricatures en cours d'histoire, qui ne savent pas comment évoquer la sexualité en cours de SVT, qui sont pris à partie lors des cours de sport... Nombreux sont pourtant les enseignants à raconter ce quotidien dans les collèges et les lycées. Maxime Reppert, vice-président national du Snalc, le Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur, en croise tous les jours. Lui aussi dit sa colère face à l'absence de mesures de sécurisation des établissements scolaires : « Le problème est toujours le même : quand un drame comme celui-ci survient, il y a le temps de l'émotion, des discours, des mesures de renforcement temporaires et puis les choses ne changent pas. Les portiques, on en parle depuis vingt ans, mais il n'y a eu aucune étude, aucune réflexion sur un plan national. On est toujours dans les mots. » Il faut dire qu'en la matière l'État et les collectivités locales se renvoient la balle, les collèges dépendant des conseils départementaux, les lycées des Régions. « Oui, mais à un moment ce n'est plus possible, reprend Maxime Reppert. Mon syndicat attend des actes. Il faut protéger les établissements scolaires, empêcher les intrusions. Il faudra combien de morts, combien de sang versé pour qu'enfin on prenne le problème à bras-le-corps ? »

Alexandre Duyck

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