Haine en ligne : après le meurtre de Samuel Paty, le grand retour de la loi Avia

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(Crédits : CHARLES PLATIAU)
Le drame de Conflans-Sainte-Honorine donne l'opportunité au gouvernement de défendre la loi Avia sur la haine en ligne, retoquée en juin par le Conseil constitutionnel, et de remettre ses dispositions dans l'agenda politique. Les précautions pour éviter une nouvelle censure seront-elles suffisantes ? Décryptage.

Après le drame, la récupération politique. Suite au meurtre par décapitation, vendredi, du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty par un terroriste, pour avoir montré à sa classe des caricatures du prophète Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression, plusieurs personnalités politiques -le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal- ont jeté en pâture dans les médias le Conseil constitutionnel. Sa faute à leurs yeux ? Avoir censuré, en juin dernier, la loi de la députée Laëtitia Avia contre la haine en ligne, qui obligeait les plateformes comme Facebook, YouTube et Twitter à supprimer en moins de 24 heures les contenus haineux signalés par les utilisateurs ou la police.

"Le gouvernement a essayé avec le Parlement d'avoir des armes pour lutter contre la haine en ligne. Mais la proposition de loi de Mme Avia qui aurait permis de faire retirer et de poursuivre ce père de famille, a été censurée par le Conseil constitutionnel', a taclé Gérald Darmanin sur Europe 1 lundi matin.

La députée Läetitia Avia, dans une interview au Parisien publiée dimanche soir, a également attaqué frontalement la décision des Sages :

"Avec cette loi, les messages de cyberviolence et les attaques sur un fondement religieux auraient pu être mieux modérés et retirés", estime-t-elle.

Lire aussi : Comment une campagne haineuse sur les réseaux sociaux a conduit au meurtre d'un enseignant

Que contenait la loi Avia ?

Adoptée mi-mai par l'Assemblée nationale après un parcours...

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Commentaires
a écrit le 20/10/2020 à 18:33 :
Cet épisode ne fait que mettre en valeur la médiocrité crasse de ce gouvernement d'amateurs, qui tout en dévoyant l'état d'urgence, légifère dans la précipitation, sans prendre l"avis du parlement et finalement découvre avec stupeur et fureur que ses créations "géniales" ne tiennent pas la route juridiquement parlant et sont retoquées massivement par le Conseil constitutionnel, le conseil d'état et les cours de justice administrative.

On a bien senti le désir du chéri de ces dames de se "faire" une mosquée , une dizaine d'organismes (CCIF, Baraka.....) et des centaines de fichés S.
Mais s'il rate son coup et que la justice administrative annule les arrêtés de fermeture, d'expulsion, de dissolution, que ce soit sur le fond ou la forme, ce sera fromage ET dessert pour les radicalisés parce qu'elle leur donnera un argument de plus pour étayer leur thèse d'une islamophobie d'état et recruter.
a écrit le 20/10/2020 à 13:08 :
La haine originelle venant de la classe dirigeante il est bien évident que la solution ne viendra pas d'eux ou de leurs laquais.

"Tout est bruit pour celui qui a peur" Sophocle

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