Comment le gouvernement veut relancer les secteurs les plus touchés par la crise du Covid-19

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(Crédits : Costas Baltas)
Afin de les aider à se relever, le gouvernement a enchaîné les promesses de soutien auprès de plusieurs secteurs. Tour d'horizon des plans d'aide annoncés pour relancer l'activité de ces secteurs les plus en difficulté.

Des avions cloués au sol, des usines automobiles à l'arrêt ou encore des restaurants fermés jusqu'à nouvel ordre: de nombreux secteurs d'activité ont été durement touchés par l'épidémie de coronavirus, faisant vaciller l'économie française.

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Hôtellerie, restauration et tourisme

L'ensemble de la filière est à l'arrêt depuis mi-mars, avec 90% des établissements fermés. Le gouvernement a annoncé le 14 mai un plan de relance mobilisant plus de trois milliards d'euros, sous forme de prêts et d'investissements en fonds propres, portés par la Caisse des Dépôts et Bpifrance.

En parallèle, le recours à l'activité partielle pour les entreprises du secteur sera possible jusqu'à fin septembre, tandis que l'accès au fonds de solidarité sera prolongé jusqu'à fin 2020.

Pour inciter les Français à retourner au restaurant, le plafond journalier des tickets-restaurants est doublé, à 38 euros.

Au total, l'ensemble des mesures gouvernementales représente un engagement de plus de 18 milliards d'euros pour les finances publiques.

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Aérien et aéronautique

Le transport aérien est lui aussi touché de plein fouet par l'épidémie. Dans le monde, les compagnies aériennes ont supprimé des emplois par milliers, tandis que le trafic aérien mondial a enregistré la plus forte baisse de son histoire récente (-52,9% par rapport à la même période l'an dernier).

Air France, fleuron industriel français dans lequel l'Etat détient 14,3% des parts, va recevoir une aide massive de 7 milliards d'euros pour faire face à la crise. Selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, sa nationalisation n'est toutefois pas à l'ordre du jour.

Ce lundi, le ministre a précisé qu'un plan d'aide à l'aéronautique doit être annoncé "avant le 1er juillet". La filière estime ses besoins à plus de un milliard d'euros.

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Automobile

Bruno Le Maire a également annoncé ce lundi qu'il présenterait "sous 15 jours" un plan de soutien au secteur automobile qui favorisera "l'achat de véhicules propres".

Quelques jours auparavant, il avait soumis une condition à l'attribution d'aides : la relocalisation de certaines productions en France.

Les ventes de voitures en France se sont effondrées pendant la période du confinement. Les ventes de voitures neuves particulières ont ainsi chuté de 88,8% en avril.

Renault, qui a brûlé 5,5 milliards d'euros de cash sur trois mois, va obtenir 5 milliards d'euros sous forme de prêts bancaires garantis par l'Etat.

Le transport routier de voyageurs doit bénéficier d'une aide de 50 millions d'euros et le secteur des autocars et bus touristiques doit être inclus dans le "plan tourisme".

Agriculture

Des aides ont été promises le 11 mai par Bercy et le ministère de l'Agriculture pour soutenir le secteur viticole: exonérations de cotisations sociales pour une enveloppe de 100 millions d'euros et dispositif de distillation de crise à hauteur de 140 millions d'euros.

Le secteur est plombé par la chute de la consommation due aux fermetures des cafés et restaurants, mais aussi par le contentieux UE-USA sur l'aéronautique qui a conduit Washington à imposer des taxes sur les vins non pétillants en bouteille depuis octobre, bloquant un des principaux marchés d'exportation du vin français.

Concernant la pêche, la filière a obtenu ces dernières semaines un certain nombre de mesures d'aides, aux niveaux national et européen, dont la mise en place du chômage partiel et l'activation d'un dispositif de soutien à l'arrêt temporaire des navires pour aider les armements à passer le cap.

Lire aussi : Le prêt garanti par l'Etat, comment ça marche ?

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Commentaires
a écrit le 18/05/2020 à 15:12 :
Il vaudrait mieux licencier en masse, ce qu'il se fait dans le secteur aéronautique dans le monde, et envisager un revenu universel afin de tenter une relance par la consommation. Mais bon faut engraisser les paradis fiscaux.

Et que l'on arrête de grâce de nous dire qu'il n'y a pas de fric, quand c'est pour les marchés financiers on voit apparaître des centaines et des centaines de milliards d'euros disparaître dans la seconde d'après c'est plus discret.
Réponse de le 23/05/2020 à 13:14 :
C'est pire on oublie ou on ne voit pas les micro entreprises qui coulent, par contre nos dirigeants donne une masse d'argent aux grandes entreprises que délocalisent depuis des décennies... Mais dans quelques mois quand les impôts des PME qui auront coulées ne rentrera plus et que les grosses auront activé leur délocalisation et évasion fiscale, c'est encore nous qui payeront pour la piscine et la vaisselle de nos dirigeants... Eux ne se rivent jamais !
a écrit le 18/05/2020 à 13:45 :
Secteurs aérien et automobile: pourquoi vouloir relancer des secteurs plombés pour des années alors qu'il faut engager une colossale reconversion industrielle planifiée et financée par l'Etat et les entreprises concernées pour fabriquer à grande échelle des systèmes de transports collectifs terrestres de type navettes, tramways et trains autonomes de façon à régler à court moyen terme le problème du chômage dans l'aéronautique, le transport aérien et l'automobile (quant on est capable de fabriquer des avions ou des voitures, on a toutes les capacités techniques et humaines pour fabriquer des trains, tramways, navettes automatiques et la France pourrait être leader), et on répondra en plus à l'indispensable transition écologique. Mais c'est une démarche trop simple à engager....et trop éloignée du dogme du dividende à court terme. On a bien fabriqué dans l'urgence des respirateurs hospitaliers dans le cadre d'une reconversion éclaire !!!
Réponse de le 23/05/2020 à 13:18 :
Et pourquoi toujours aider les plus grands groupes qui embauchent au maximum 2000 salariés? Pourquoi ne pas aider les micro entreprises qui elles ne délocaliseront jamais et embauchent bien plus et ont besoin de beaucoup moins d'argent/salarié? Ah oui désolé je crois avoir apporté la réponse par lles mots délocaliseront jamais donc on va les laisser mettre la clé sous la porte et une autre prendre sa place...

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