Covid-19 : la zone euro s'accorde sur une première riposte, le plan de relance se fait attendre

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(Crédits : Yves Herman)
Les Etats membres de la zone euro ont donné vendredi leur aval définitif à la première partie du plan de 540 milliards d'euros élaboré pour aider les plus touchés d'entre eux à faire face aux conséquences économiques la pandémie de coronavirus.

Les 19 ministres des Finances de la zone euro se sont entendus vendredi soir sur les détails d'une première riposte à la crise engendrée par le nouveau coronavirus, mais tout reste à faire sur un grand plan de relance.

Mario Centeno président de l'Eurogroupe

Mario Centeno, président de l'Eurogroupe.

Des lignes de crédits de précaution

Concrètement, le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage de la zone euro né en 2012, pourra mettre à disposition des pays les plus touchés par la crise des lignes de crédits "de précaution", pouvant atteindre jusqu'à 2% du PIB du pays concerné. Si on le rapporte à l'ensemble du PIB de la zone euro, le montant théorique de cet instrument pourrait s'élever à 240 milliards d'euros.

Ces prêts devraient être disponibles en juin et sont destinés à combler les trous engendrés par les énormes dépenses de santé et de prévention liées au coronavirus. Or, l'Italie, le pays qui pourrait en avoir le plus besoin (il est le deuxième plus endetté de la zone euro après la Grèce et a été durement frappé par la crise), a jusqu'ici montré peu d'appétence pour ce nouvel instrument.

"Il est important de souligner qu'aucun pays n'est stigmatisé" s'il utilise cet instrument, qui est disponible pour les 19 Etats membres, a souligné Mario Centeno, le président de l'Eurogroupe, le cénacle des 19 ministres, lors d'une conférence de presse.

Pour y avoir accès, "il y a des conditions standardisées et pas de surveillance après", a-t-il ajouté.Comme s'y sont également employés la Commission et le MES, M. Centeno a tenté d'apaiser les doutes italiens.

Rome craint en effet, en contrepartie des crédits obtenus, d'être notamment obligé par le MES de faire de douloureuses réformes, comme ce fut le cas lors de la crise financière pour la Grèce, avec des objectifs budgétaires très stricts.

Un plan de relance "crucial", des divisions toujours présentes

Face à la récession historique qui se profile pour 2020 dans la zone euro (-7,7% selon les dernières prévisions de la Commission), M. Centeno, également ministre portugais des Finances, a insisté sur le fait qu'un plan ambitieux était crucial pour que la reprise de l'économie européenne se fasse sentir de la même manière sur tout le continent. "Tous les pays n'ont pas la même puissance de feu, et nous devons garantir des conditions de concurrence équitables", a-t-il dit.

La Commission européenne est chargée de présenter courant mai des propositions sur cet "instrument" de sortie de crise aux 27 pays de l'UE, profondément divisés. "Dans les discussions, il y a des clivages assez importants entre le nord et le sud sur l'ampleur et la nature de ce que l'on doit faire", avait confié une source française. "Ce qui reste à définir reste très controversé notamment avec les Néerlandais, mais aussi les Danois et les Suédois". Afin de "contribuer au débat", Paris a fait circuler un document proposant "un fonds de relance" d'un montant compris entre 1.000 et 1.500 milliards d'euros.

Des investissements gigantesques

Pour réaliser des investissements gigantesques sur le long terme, la France plaide de nouveau pour des emprunts communs à toute l'UE, ce qui permettrait aux Etats du Sud de bénéficier des taux d'intérêt avantageux des pays du Nord. Mais ces derniers sont contre.

Le ministre néerlandais des finances, Wopke Hoekstra, a insisté sur le fait que l'UE devait prendre son temps pour élaborer un plan, et que la priorité était de trouver ce qui était réellement nécessaire. La question de savoir comment le plan "sera financé ... est secondaire. Le plus important ici est d'avoir une discussion approfondie sur ce qui est nécessaire et sur la manière de le structurer", a-t-il déclaré aux journalistes après les discussions.

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a écrit le 10/05/2020 à 9:13 :
Pensez-vous que la France profite, en la circonstance, de son appartenance à l'UE et à la zone euro ? Si vous parcourez le lien Wikipedia relatif au Mécanisme européen de stabilité vous lisez que son capital est 700 milliards d’euros et que la contribution de la France à ce capital, depuis 2012, s’élève à plus 142,7 milliards de d’euros. Donc maintenant il s’agirait, pour la France de recevoir, quelques dizaines de milliards de prêt du MES. C’est comme si quelqu’un me donnait 300000 euros dont je vais par la suite lui en prêter 100000 euros en gageant le prêt que je lui ferais sur son appartenant au cas où il ne pourrait pas rembourser ! Vous en tireriez la conclusion que celui qui m’a donné 300000 euros au départ est un idiot total. C’est pourtant le cas de la France vis à vis du MES.
Ce sont surtout les quantitative easing de la BCE qui servent à réduire les taux d’intérêt des États sur les marché. Le MES devait servir aux États de la zone euro qui ne pouvaient plus emprunter sur les marchés à taux raisonnables (les pays de l'union européenne qui n'ont pas l'Euro n'en ont pas besoin!) et pour lesquels la BCE ne pouvaient pas faire de quantitative easing car leur dette était classée en "junk bonds" par les agences de notation, c’était la cas de la Grèce en 2012, année où le MES est créé. Dans le cadre de la crise du Coronavirus la BCE a provisoirement levée cette condition du "junk bonds" mais l’arrêt de la cours constitutionnelle allemande du 5 mai dernier lui demande de la rétablir à nouveau une fois la crise du Coronavirus passée (c’est l’une des exigences de ladite cours) et il n’est pas impossible que la dette italienne qui va avoisiner les 160 % du PIB suite à cette crise du coronavirus finisse par être classée en "junk bonds" par l’une ou l’autre des agences de notation. C’est à ce moment que l’Italie pourrait avoir besoin du MES et de la troïka si elle veut rester dans l’Euro !
a écrit le 09/05/2020 à 15:12 :
"la France" plaide de nouveau pour des emprunts communs...ce qui permettrait au Sud de bénéficier des taux d'intérêt avantageux du Nord.
Ce n'est pas la "France" qui plaide, mais les incompétents qui l'ont mise à genoux et voudraient continuer comme avant en endettant nos enfants et petits enfants.
SVP, les journalistes, arrêtez d'identifier le peuple à vos idoles, écrivez "Le Maire" ou "Macron", pas la France.
Réponse de le 09/05/2020 à 15:53 :
@confusion: Les MACRON et autres LE MAIRE n'agissent (en principe et supposant que nous soyons une démocratie) qu'avec l'aval du parlement; il est vrai que notre démocratie s'inspire plus de Napoléon III, la faute aux désordres de la IVième république… et de notre penchant pour Louis XIV et Napoléon Ier
Réponse de le 10/05/2020 à 15:15 :
ce sont les dirigeants d'un Etat ultra centralisé datant de Louis XIV, les nobles ayant été remplacés par les no(ta)bles (dont beaucoup de parlementaires et hauts fonctionnaires). Un Etat obèse qui prélève 50% du PIB pour le dilapider (la France recule dans tous les classements) tout en nous endettant à 100% et en incitant les entreprises à délocaliser. Une vraie politique de fous.
a écrit le 09/05/2020 à 14:17 :
Nulle part ailleurs, on ne met de l'argent sur la table sans savoir à quoi on va s'en servir. A "Donne-moi de l'argent", tous les individus du monde, toutes les sociétés du Monde, répondent:"Pour faire quoi?" Il n'y a qu'à Bruxelles, ou dans quelques Ministères parisiens, que cela est différent...
a écrit le 09/05/2020 à 13:25 :
moi aussi j'attends qu'on me libère, j'ai des choses importantes à faire à plus de 100 Km
En cas de problème je porterait plainte contre ce gouvernement pour détention arbitraire non respect de la constitution suppression du mot liberté dans la devise de la république.
a écrit le 09/05/2020 à 13:24 :
Le manque de solidarité en Europe laisse chaque jour des traces de plus en plus profondes. Si la crise économique doit durer longtemps, les tensions entre pays vont s'exacerber, les thèses populistes déjà bien répandues vont s'ancrer d'avantage. Fin de partie pour l'UE.
a écrit le 09/05/2020 à 11:55 :
CA SUFFIT, on attend tjrs que l' UE sorte le fric des paradis fiscaux avant de faire à nouveau les poches des français.!!
a écrit le 09/05/2020 à 11:51 :
Nietzsche disait que les allemands respectaient la hiérarchie mais pas les lois tandis que les français respectaient les lois mais pas la hiérarchie.

Et dans le seul nom du fric et de la cupidité pathologique et exponentielle des megas riches européens ils ont créé ce tas de rien condamné à ne jamais fonctionner.
a écrit le 09/05/2020 à 11:17 :
Étonnant retournement de situation de l'histoire pour les pays du nord de l'Europe...qui après la seconde mondiale auraient pu être traités comme aujourd'hui les pays du Sud. Ont ils oubliés ces allemands et néerlandais leur lourd passé ? Et pourtant on ne leur a pas fait payé leurs dettes. Avec le recul, nous aurions dû ! Il faudrait sans cesse leur rappeler.
Réponse de le 09/05/2020 à 13:29 :
Vous oubliez juste une chose; Dans un cas , les économies , y compris françaises !!sortaient d'une guerre
Ici, nous sommes en présence de disparités entre pays , dues au laxisme budgétaire de certains , et à la rigueur d'autres
a écrit le 09/05/2020 à 10:30 :
Pays bas, Suede danemark, Allemagne ,vous êtes des pays fortement exportateurs...si les pays importateurs que sont La Grèce l' Italie, l' Espagne, la France,cessaient leurs consommation....de vos produits-services votre commerce s' écroulerait et votre faillite viendrait...donc réfléchissez bien
Réponse de le 09/05/2020 à 10:47 :
C'est tout réfléchi : l'hyperconsommation et le gaspillage des ressources doit cesser. Laissons donc couler toutes les entreprises inutiles et lançons un plan massif de réhabilitation de nos terres agricoles pour y rendre la vie.
Réponse de le 09/05/2020 à 14:13 :
Bof,si les européens du sud n'ont plus de pognon,il vaut mieux chercher d'autres marchés pour vendre,l'Asie est encore une zone très dynamique,et il n'y a pas que la Chine.

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