Les secousses de la pandémie risquent de se prolonger. Plus d'un an et demi après l'arrivée du virus sur le territoire européen, l'économie française retrouve peu à peu des couleurs. L'Insee et la Commission européenne ont prévu une croissance du produit intérieur brut de 6% en 2021, soit une prévision supérieure à celle du gouvernement, de l'OCDE et de la Banque de France. Toutefois, le marché du travail risque de connaître encore des soubresauts. En effet, dans ses perspectives pour l'emploi dévoilées ce mercredi 7 juillet, l'institution explique que le taux d'emploi -le ratio entre le nombre de personnes à temps complet et le nombre de personnes en âge d'avoir un emploi- en France ne devrait pas retrouver son niveau d'avant-crise avant le troisième trimestre 2022.
Même si cette projection est plus favorable que la moyenne des pays développés (T2 2023), ces nouvelles estimations témoignent de la gravité de la crise pour le marché du travail.
La montée en puissance de l'activité partielle a permis de limiter les dégâts sur le marché du travail depuis le début de la pandémie. Ce dispositif largement utilisé en Allemagne lors de la crise de 2008 a globalement été jugé favorable par un grand nombre d'économistes. En prenant en charge une grande partie de l'indemnité des travailleurs, l'Etat et l'Unedic ont joué un rôle d'amortisseur social au regard de la récession enregistrée l'année dernière (-8%). De plus, même si le recours au chômage partiel a considérablement baissé par rapport au printemps 2020 (près de 35%), il reste largement utilisé par les entreprises. En mars dernier, 9,6% des salariés étaient encore concernés avant le troisième confinement. L'augmentation du reste à charge par les entreprises avec la baisse des aides et la reprise économique espérée devrait néanmoins faire baisser les effectifs des salariés en chômage partiel.