Entre calendrier politique et judiciaire : ce qui attend Marine Le Pen

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De l'affaire des assistants parlementaire européens à celle des comptes de campagne des élections de 2012, le Front national et Marine Le Pen sont visés dans six affaires judiciaires.
De l'affaire des assistants parlementaire européens à celle des comptes de campagne des élections de 2012, le Front national et Marine Le Pen sont visés dans six affaires judiciaires. (Crédits : Charles Platiau)
La présidentielle terminée, Marine Le Pen a encore du pain sur la planche. Car, parallèlement au calendrier politique déjà bien chargé, la présidente du Front national et son parti sont visés dans six affaires judiciaires qu'il va falloir gérer.

La longue bataille pour l'Elysée est désormais derrière elle, mais la candidate frontiste n'est pas au bout de ses peines. Sèchement battue au second tour avec "seulement" 33,9% des voix, Marine Le Pen prépare les législatives et l'avenir de son parti en étant contestée dans son camp. Le tout en gérant les affaires judiciaires, qui concernent elle et son partie, impossibles désormais à ignorer.

Pas le droit à l'erreur aux législatives

La présidente du FN doit vite se remettre au travail pour préparer les législatives, dont le premier tour se tient dans un mois, le 11 juin. En 2012, après avoir réalisé un score de 17,9% des voix au premier tour (soit moins de 7 millions d'électeurs), le Front national n'était parvenu à placer que deux députés à l'Assemblée nationale : Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard - ce dernier étant sous la bannière du Rassemblement bleu Marine (RBM).

Cette fois-ci, Marine Le Pen n'a pas le droit à l'erreur. Dimanche, la candidate FN est arrivée première dans 45 circonscriptions et a réalisé un score supérieur à 45% dans 66 autres. Le parti vise 40 députés, mais, dans le cas d'une débâcle comme en 2012, ils espèrent au moins former un groupe parlementaire, ce qui nécessite d'obtenir au minimum 15 élus.

Transformer l'extrême-droite

Pour atteindre cet objectif, Marine Le Pen veut élargir le spectre : "J'appelle tous les patriotes à nous rejoindre afin d'engager ce combat décisif qui nous attend dès ce soir", a-t-elle déclaré dimanche après la publication des résultats du second tour. Cet appel concerne d'abord Nicolas Dupont-Aignan. En apportant son soutien à la candidate frontiste dans l'entre-deux-tours, le leader de Debout la France a aussi commencé à négocier des circonscriptions. Le nombre de 50 a été avancé, mais rien n'est confirmé pour l'instant.

Cette ouverture reflète l'ambition de Marine Le Pen d'"engager une transformation profonde" de l'extrême-droite, comme elle l'appelait de ses vœux le soir du deuxième tour, rassemblant les adversaires des "mondialistes". Cette stratégie lui permet aussi d'achever le processus de dédiabolisation du Front national, en accentuant la ligne de Florian Philippot tournée vers l'anti-européisme et le protectionnisme économique. Le prochain Congrès, qui doit se tenir entre fin 2017 et début 2018, permettra de clarifier cette nouvelle offre et peut-être de faire émerger un nouveau mouvement, impliquant un changement de nom et de logo.

Pour y parvenir, le succès aux législatives est crucial. Car Marine Le Pen est contestée dans ses rangs. L'influence de Florian Philippot sur la présidente du FN n'est pas particulièrement appréciée par une frange du parti, qui estime que la ligne anti-euro prenait trop de place dans la campagne, alors que l'accent aurait dû être mis sur les questions d'immigration et de sécurité. Pour rappel, lors de l'élection des membres du Comité central au Congrès du FN de 2014, Marion Marchéal-Le Pen, qui représente la ligne conservatrice au sein du parti, était arrivée première loin devant Florian Philippot seulement quatrième. De même, la façon dont Marine Le Pen a géré sa campagne est loin d'avoir fait l'unanimité, sa performance très critiquée lors du débat de l'entre-deux-tours le 3 mai en est le meilleur exemple.

> Lire aussi : au Front National, les couteaux s'aiguisent

Se rendre (enfin) à la convocation des juges

Parallèlement aux problématiques politiques, Marine Le Pen va devoir gérer les dossiers judiciaires, mis de côté durant la campagne présidentielle. A commencer par l'affaire des assistants FN au Parlement européen, pour laquelle Strasbourg lui réclame 5 millions d'euros. Le parquet français a fait une demande de levée d'immunité parlementaire en mars, quelques jours après que Marine Le Pen a refusé de se rendre à la convocation du juge le 24 février, retardant une possible mise en examen. La présidentielle terminée, la présidente du FN n'aura plus d'excuse pour répondre aux demandes de la justice.

Si elle n'est pas impliquée personnellement, Marine Le Pen doit également gérer l'affaire des comptes de campagne de la présidentielle et des législatives de 2012. Sorte de Bygmalion version FN, la société d'événementiel Riwal, dirigée par un ancien du GUD (une ex-association étudiante d'extrême-droite) Frédéric Chatillon et proche de Marine Le Pen, est soupçonné d'avoir surfacturé ses prestations. Des cadres frontistes sont mis en examen dans cette affaire.

Déclaration de patrimoine sous-évalué de Marine et Jean-Marie Le Pen, publications de photos d'exactions de Daesh sur Twitter... la présidente du Front national a quatre autres affaires judiciaires à gérer. Les vacances d'été risquent d'être mouvementées.

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Commentaires
a écrit le 11/05/2017 à 12:35 :
Article scandaleux ! Sur 2012 tout est faux et touys les comptes ont été validés par la C NCCFP ! et tous les candidats ont été remboursés par l'état !en plus comparer à Bygmalion qui est un dépassement de plusieurs dizaines de millions de frais de campagne ce qui est strctement interdit par la loi ! L'élection aurait dû être annulé et Sarkoky traduit en justice ! Pour le moment les affaires que vous citez sont des mises en examens depuis plusieurs années contre un grands nombre de députés européens du FN et tous n'ont eu aucune suite comme d'habitude !
Vous feriez bien d'être prudent sur des vos accusations non fondés !
Faites donc une enquête sur les attachés parlementaires de tous les députés ! Chez les communistes et le verts qui sont des spécialistes mais également chez tous les autres !
En qu'élu, je pourrai compromettre un nombre impressionnant d'attachés parlementaires qui ne travaille que pour leur parti ! Allez faite une investigation si vous en êtes capable et honnête ! Mais comme l'ensemble de vos confrères, vous êtes au ordres et au garde à vous 8
a écrit le 11/05/2017 à 12:25 :
Les Lepen doivent quitter le FN, leur nom est un blocage politique !
a écrit le 10/05/2017 à 17:35 :
POUR NETOYEZ LES ECURIES POLITIQUES FRANCAISE ILS FAUT UNE ENQUETTE SUR TOUS LES ELUES ET A TOUS LES NIVEAUX? ESQUE MACRON OSERAS LE FAIRE ? S IL EST VRAIMENT SINCERE IL DOIT LE FAIRE CAR ON A EN FRANCE DES JEUNES QUI ON FAIS MOINS DE FAUTES QUE CERTAIN GRAND ELUES ???
a écrit le 10/05/2017 à 13:52 :
Qu'il y ait eu magouilles, je n'en doute pas; c'est le système qui est ainsi organisé. Je ne vois pas d'enrichissement personnel, mais il faudrait en effet passer au crible tous les députés et autres élus pour ne pas faire de jaloux, n'est-ce pas :-)
a écrit le 10/05/2017 à 9:05 :
La sensibilité de mes concitoyens à la probité politique est telle que cette dame a obtenu dix millions de suffrages. Ah le " Peuple "!
a écrit le 10/05/2017 à 8:35 :
Entre calendrier politique et judiciaire : ce qui attend Marine Le Pen

La Justice doit impérativement aussi s'intéresser aux 130 Parlementaires dénoncé par François Fillon, François Bayrou en premier lieu, Cohn Bendit aussi, et aussi Pierre Moscovici, né le 16 septembre 1957

il faut faire le nettoyage de printemps
Réponse de le 10/05/2017 à 10:13 :
Entièrement d'accord, ne pas revenir sur ces 130 parlementaires( il n'y en avait pas plus ?) qui détournent ouvertement l'argent public c'est faire preuve de subjectivité démocratique.

SI déjà nos politiciens ne se gavaient plus sur notre dos ils seraient moins enclins à nous mentir pour se faire élire.
a écrit le 10/05/2017 à 8:28 :
Après un débat calamiteux insultant pour notre pays, le côté judicaire va la rattraper et elle ne pourra se draper sur sa dignité politique les juges feront la lumière et si certaines pratiques du FN pour détourner de l'argent public, car l'argent de Bruxelles est public que cela plaise ou non au FN, sont mises en évidence et doivent être remboursées cela pourrait une nouvelle fois mettre en difficulté financière le parti. Le parti va peut-être demander des comptes Mme Le Pen ne sautera pas car comme dans tout parti familial les liens familiaux passent au dessus du parti mais M. Phillipot par exemple pourrait en faire les frais un bon toutou numéro deux qui sert de verrou. Le coup de grace pourrait venir des législatives car atteindre 12 pour cent des inscrits et non des votes exprimés changent beaucoup de donnes vu le nombre de partis prétendants représenter les citoyens.
Réponse de le 10/05/2017 à 9:12 :
Vous revez, rien ne lui sera demande. Elle est la cheffe. Au fn on respecte le chef comme au temps de III eme reich.
Réponse de le 10/05/2017 à 14:19 :
@matins calmes: tu sembles perdre ton calme du matin parce que ce n'est pas son parti qui va juger, mais la justice officielle :-)

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