Depuis 2002, la question agite les débats de comptoir : les prix ont-ils explosé depuis l'avènement de l'euro en 2002 ? Une étude dévoilée mercredi par l'Insee détaille la variation des prix depuis cette date. Et...
Selon l'Institut, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4% en moyenne par an. "C'est nettement inférieur au rythme moyen de l'après-guerre au milieu des années 80 (+10,1% par an en moyenne). C'est aussi un peu moins qu'au cours des quinze années précédentes (+2,1% entre 1986 et 2001), période au cours de laquelle le contre-choc pétrolier, les baisses de TVA, les politiques de convergence et de stabilité des prix, suite au traité de Maastricht, avaient permis d'entrer dans une phase d'inflation modérée qui dure encore", détaille cette étude, précisant que cette hausse est comparable à celle mesurée en moyenne dans la zone euro sur la même période (+1,7% en moyenne par an).
Après avoir rappelé que les rythmes d'inflation fluctuaient beaucoup lors des Trente glorieuses, impactés par les mesures de contrôle et de régulation des prix, l'Insee constate que la période actuelle se caractérise par de faibles fluctuations de prix d'une année sur l'autre.
De fait, au cours des quinze dernières années, l'inflation n'a dépassé le seuil de 2% qu'à quatre reprises (2003, 2004, 2008 et 2011), avec des causes extérieures souvent bien identifiées. Ce fut le cas en 2003, 2004 et 2008 lorsque des variations de conditions climatiques ont stimulé les prix des produits alimentaires frais. Ce fut aussi le cas en 2008 et en 2011 lorsque, sous le coup des incertitudes géopolitiques, les cours du brut se sont envolés.
"Inversement, l'inflation a quasiment stagné en 2009, 2015 et 2016, avec à chaque fois un effet prépondérant du repli des cours internationaux de matières premières, notamment du pétrole", observe l'Insee, précisant que depuis 2002, l'indice d'inflation sous-jacente, qui exclut ces composantes volatiles de l'indice des prix, est lui aussi devenu peu fluctuant et modéré (+1,2% en moyenne depuis 2002, +0,5% depuis 2013).
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Le niveau d'inflation fut alors si faible que, lors des années récentes, c'est le risque déflationniste qui était fortement envisagé. Il aurait fallu que les salaires reculent pour créer une situation de déflation.
Pourtant, il existe une différence très nette entre les variations des prix à la consommation et la perception de celles-ci par Monsieur-tout-le-monde, probablement accentuée par le fait que les salaires ont quasiment progressé à un rythme inférieur à celui de l'inflation.
L'Insee avance deux explications.
L'Insee avance une autre explication : le consommateur observe d'autant mieux les variations de prix que les produits sont achetés plus fréquemment. Ainsi, il est par exemple plus particulièrement sensible aux hausses du prix du pain qu'aux baisses des appareils électroménagers. Réalisée en 2002, une précédente étude de l'Insee a montré que l'effet d'arrondi lors du passage à l'euro a été nettement haussier pour les produits fréquemment achetés. Il a été de +0,3 point sur le pain et la pâtisserie, de +1,5 point pour la consommation dans les cafés, entre autres, mais légèrement baissier pour les gros appareils électroménagers.
De fait, la hausse de 32% sur le prix de la baguette depuis le passage à l'euro pourrait sembler anormalement élevée. Mais elle correspond en fait à une hausse annuelle moyenne de seulement 1,9% par an. Une progression certes un peu plus rapide que l'inflation d'ensemble mais sans rupture brutale par rapport à la décennie précédant le passage à l'euro.
Cette mise au point est utile car elle permet de combattre les idées reçues sur l'euro, qui peuvent nourrir le sentiment anti-européen.
Le 7 février 2012, suivi par plusieurs journalistes, Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout la République faisait ses courses dans un supermarché de Lille. A sa manière, il souhaitait ce jour-là célébrer le vingtième anniversaire de la signature du Traité de Maastricht. De quelle manière ? En montrant la différence entre le contenu des deux chariots qu'il avait remplis : le premier tel qu'il aurait été si la France avait conservé le franc ; le second avec les produits aux tarifs d'alors.
Selon lui, le second était deux à trois fois moins rempli que le premier, ce qui lui permettait d'aboutir à la conclusion suivante : "Le passage du franc à l'euro a facilité une hausse des prix scandaleuse ", tout en dénonçant "l'arnaque" provoquée par la monnaie européenne.
Il n'est pas le seul à s'en prendre à l'euro. Avant lui, Jean-Marie Le Pen, lorsqu'il était à la tête du Front national, puis sa fille Marine ont également attaqué la monnaie européenne.
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