Faut-il une bulle immobilière pour relancer la croissance ?

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Quel serait le prix à payer d'une hausse des prix de l'immobilier ?
Quel serait le prix à payer d'une hausse des prix de l'immobilier ? (Crédits : © Lucas Jackson / Reuters)
Créer un environnement propice au développement d'une bulle immobilière est souvent le meilleur moyen pour relancer la croissance et l'emploi... mais au prix de l'instabilité financière, voire de la perte de compétitivité.

Avant les échéances électorales de 2017, François Hollande doit relancer l'emploi et la croissance s'il veut avoir une chance d'être réélu. D'autant qu'il a par ailleurs assuré qu'il ne se représenterait pas à la prochaine élection présidentielle s'il n'inversait pas la courbe du chômage. Pour ce faire, il a créé un contexte favorable à l'offre en France. Mais même cumulés au recul du prix des matières premières, les milliards d'euros dépensés en baisses de charges pour les entreprises n'ont pas porté leurs fruits. Les entreprises préfèrent encore « reconstituer » leurs marges, plutôt que d'investir. Le secteur industriel a par exemple réduit ses investissements de 2 % en 2015. Sur le front de l'emploi, ce n'est pas mieux : le taux de chômage au quatrième trimestre 2015 s'est établi à 10,3 % en moyenne. Les efforts budgétaires du gouvernement sont donc pour l'instant inefficaces. Comment faire alors pour relancer la croissance et l'emploi avant 2017 ? Le gouvernement a une idée en tête : relancer l'immobilier.

Relance de la propriété

C'est d'ailleurs notamment pour cela que du côté de Bercy, on semble prêt à lâcher du lest sur les restrictions budgétaires demandées aux collectivités locales, qui investissent massivement dans le secteur du bâtiment, fort de plus d'un million d'emplois. Du reste, avec l'élargissement des prêts à taux zéro (PTZ) et l'assouplissement du dispositif d'aide fiscale à d'investissement locatif Pinel, le gouvernement montre depuis quelques mois que son objectif est désormais de renforcer l'investissement des ménages dans l'immobilier. Il fait ainsi passer un message de soutien à la hausse des prix de l'immobilier afin de diriger les anticipations des ménages vers l'achat. Le but est d'enclencher « un cercle vertueux » autour de la dépense en logement des ménages, qui représentait en France près de 22 % du PIB en 2014, soit 468,4 milliards d'euros, selon les Comptes de Logement.

Une stratégie payante ?

Cette stratégie de l'exécutif de dynamiser la demande pour faire monter les prix de l'immobilier peut-elle s'avérer payante ? Oui, à en croire les estimations de l'économiste du Cepii Thomas Grejbine, pour qui « une augmentation des prix immobiliers de 1 % dans les pays de l'OCDE conduit à une hausse du PIB de 0,6 %, ainsi qu'à une hausse de 1 % de l'activité de la construction ». Et sur le front de l'emploi, « en France, une hausse des prix immobiliers de 1 % conduit à une augmentation de l'emploi total de 0,15 %, et de 0,6 % dans la construction », ajoute-t-il.

Mais au-delà des douze prochains mois, peut-on penser qu'il serait meilleur pour la croissance et l'emploi de créer un environnement favorable à la formation d'une bulle immobilière, caractérisée par une hausse des prix des logements déconnectée de l'inflation ? Car il faut dire qu'un phénomène de stagnation séculaire des économies occidentales est en marche, du fait principalement de la baisse de la productivité marginale du capital et du travail.

Corrélation entre hausse des prix de l'immobilier et croissance

La question mérite d'être posée, car les exemples de corrélation entre une hausse des prix de l'immobilier et un niveau de croissance du PIB élevé sont multiples. On l'a vu récemment au Royaume-Uni, qui a mis en œuvre ces dernières années le programme « Help to buy », hyper avantageux pour l'achat immobilier des ménages. Celui-ci a participé à l'envolée des prix de l'immobilier outre-Manche, qui ont atteint un niveau record en 2014 après une hausse annuelle de 11 %. Dans le même temps, la croissance britannique a repris de la vigueur : + 2,2 % en 2013 et + 2,9 % en 2014, selon Eurostat. Clairement, une bulle immobilière s'est formée outre-Manche, notamment à Londres, où la hausse des prix de l'immobilier, qui ont bondi de 18 % en 2014 et de 12 % en 2015, désespère toutefois les Londoniens. De même, aux Etats-Unis, le retour de fortes hausses de prix de l'immobilier (+25 % entre janvier 2012 et septembre 2014, selon les chiffres de l'économiste du Cepii) a contribué à la reprise récente de la croissance : +2,3 % en 2012, +2,2 % en 2013 et +2,4 % en 2014, selon la Banque mondiale.

Nécessaire d'engendrer des bulles ?

Si l'on prend en compte un horizon plus lointain, le constat ne change pas : les pays ayant connu des booms importants de l'immobilier sont aussi ceux qui ont connu la croissance la plus forte. Par exemple en Europe, entre 1995 et 2007, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Irlande ont vu leurs prix réels de l'immobilier croître respectivement de 168 %, 117 % et 266 %, alors que la croissance de leur PIB entre 1990 et 2013, crises comprises, fut de respectivement 60 %, 50 % et 150 %, selon les travaux de l'économiste du Cepii. Or, à l'inverse, en Allemagne, les prix réels de l'immobilier ont baissé de 17 % entre 1995 et 2007, alors que la croissance du PIB entre 1990 et 2013 n'a atteint que 35 %...

Et la situation aux Etats-Unis, si l'on sélectionne les années précédant la crise des subprimes de 2007, fut similaire à celle enregistrée dans les pays ayant connu des booms de l'immobilier. « Désormais, il pourrait être nécessaire d'engendrer continuellement de nouvelles bulles pour que les économies avancées atteignent le plein-emploi », note Thomas Grejbine. Dont acte.

Réalité préoccupante

Mais ces corrélations de chiffres s'accompagnent bien évidemment d'une réalité plus préoccupante. D'abord, la formation d'une bulle immobilière coïncide presque toujours à une montée de l'instabilité financière liée aux complexes innovations des banquiers, la crise des subprimes aux Etats-Unis en est le meilleur exemple. La solution viendrait alors d'un contrôle accru des pratiques. Mais la régulation financière mondiale reste aujourd'hui très insuffisante, malgré la crise financière de 2008. Au moindre choc - comme par exemple l'éclatement d'une bulle immobilière dans un pays occidental -, c'est toute l'économie mondiale qui serait affectée et qui replongerait dans une nouvelle récession, dans laquelle les plus fragiles se retrouvent toujours plus empêtrés dans le temps que les ménages aux revenus plus aisés.

Effets pervers

Ensuite, une politique visant coûte que coûte à favoriser l'accession à la propriété peut avoir des effets pervers. Créer une société de propriétaires pour tirer la croissance, comme jadis l'avait promis Nicolas Sarkozy en France, c'est aussi favoriser le creusement des inégalités entre les propriétaires qui profitent des effets richesses liés à la hausse des prix de l'immobilier, et des locataires aux revenus modestes dont le coût pour se loger restera prééminent par rapport à leurs revenus.

Enfin, la hausse des prix de l'immobilier peut, dans un contexte concurrentiel toujours plus accru au niveau international, générer une perte de compétitivité pour un pays. La forte croissance des prix de l'immobilier en France entre 1997 et 2011 a en effet été désignée par de nombreux experts comme l'une des causes des maux de l'économie française. Que ce soit à cause de la pression sur les salaires nominaux qui en découle, de l'augmentation des prix des loyers pour les entreprises, de l'éloignement des salariés de leur lieu de travail, ou même de l'impossibilité pour les ménages de dégager des marges de manœuvre financières pour consommer ou épargner autre chose que de l'immobilier.

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Commentaires
a écrit le 10/05/2016 à 11:13 :
Mais nous sommes déjà dans une bulle immobilière !!! La croissance n'est pas là pourtant.
Relancer les prix de l'immo, c'est enricher ceux qui sont déjà riche et appauvrir encore plus les autres. c'est la consummation des classes moyennes et plus faible qui fait la croissance, si on réduit leur pouvoir d'achat par le coût du logement, ils consommeront moins....
Votre conclusion "effet pervers" démontre bien que se lancer dans ces optiques d'une hausse des prix nous conduit dans le mur.
a écrit le 23/04/2016 à 14:10 :
Il y a déjà une bulle immobilière énorme en France. Elle est déjà gonflée à bloc. On dirait que l'article essaye sournoisement de nous faire croire le contraire...

La demande se raréfie et l'offre grossit (et cela va aller crescendo! avec le vieillissement de la population et l’appauvrissement des jeunes, surtout à cause de leur précarisation professionnelle, elKohmeri etc...) De toutes façons, les jeunes les plus qualifiés vont généralement à l'étranger trouver du travail, laissant les plus pauvres et les moins solvables en France, réduisant d'autant la demande solvable...
a écrit le 22/04/2016 à 23:59 :
Je ne comprends pas bien, c'est comme si l'article essayait de nous faire croire que nous n'étions pas déjà dans une énorme bulle immobilière... Ou alors il est très mal formulé.
a écrit le 22/04/2016 à 13:38 :
Les bulles spéculatives, c'est comme la drogue : ça semble très sympa ... au début.
A mon tour d'avancer une corrélation: Pays d'Europe avec le plus fort taux de propriétaires: Roumanie, Lituanie, Croatie. Pays d'Europe avec le plus faible taux de propriétaires: Suisse, Allemagne, Autriche Le taux de propriétaires est le marqueur d'un modèle économique. Les pays qui valorisent excessivement la propriété immobilisent leur épargne dans la pierre, là ou d'autres investissent ailleurs ( recherche, industrie )
Quelle modèle veut-on? Roumanie ou Suisse?
a écrit le 22/04/2016 à 11:07 :
On va payer aujourd'hui le prix de la bulle crée en 1998-2007, qui va bientôt éclater.

Regardez les courbes de Friggit. L'immobilier français n'a pas été corrigé en 2007 contrairement aux autres pays européens (Londres exclus). Et les la pression pourrait faire chuter de plus de 50% les prix immobiliers pour les ramener dans le couloir de Friggit.

Ajoutez à cela la surabondance croissante de biens immobiliers qui ne trouvent pas preneur (cherchez l'indice de tension immobilière de votre région!) il y a deja plus de 3 vendeurs par acheteur en France et le papyboom va encore durer 30 ans! Qu'est ce que ce sera après?

Le chômage et la précarisation des emplois ne feront qu'accroître la pression à la baisse car les rares jeunes de notre pays fuient à l'étranger pour trouver du travail, surtout les plus éduqués, prédestinés à être bien payés et à racheter les biens des vieux papy boomers, ils vont faire leur vie à l'étranger, laissant les plus pauvres et les plus précaires en France, insolvables auprès des banques, réduisant la demande solvable face à l'offre de biens de plus en plus surabondante.

Cet hiver sera rude pour les proprios qui n'auront pas profité des taux bas pour vendre! Meme le PDG de century21 avoue à contre cœur que toute hausse de 1% des taux fera mécaniquement baisser de 10 à 15% les prix Immo. Quel manque à gagner pour les vendeurs s'ils attendent! Les acheteurs eux, peuvent toujours renégocier un taux vers la baisse mais jamais un prix d'achat, une fois signé, et ils s'en fichent de donner moins au vendeur et plus à la banque. Cela revient au même pour eux.

Ajoutez les rentabilités pourries de l'immobilier, et la moins value garantie à la clef: l'immobilier n'est plus un investissement c'est un boulet fiscal.
Réponse de le 24/04/2016 à 10:35 :
@guymoquet" la bulle immobiliere va bientôt éclater" ..C est quand bientôt? marre d attendre depuis 2008 ..
Réponse de le 30/04/2016 à 12:54 :
Quand est ce que la bulle va exploser?

La rentrée en vigueur de Bâle3 va accélérer les choses (et Bâle 4 est en préparation).

La banque de France annonce deux (et seulement deux) scénarios possibles:
Une chute abrupte des prix Immo ou alors une longue baisse continue (20 ans ou plus, nommé "scénario japonais") où les biens perdraient 3% par an pendant 20 ans.

Dans tous les cas on termine dans le tunnel de friggit, a -60% par rapport aux prix actuels.

Libre à vous de faire plus confiance à century21, la fnaim, le professeur mouillard et toute la clique de lobbyistes immobiliers corrompus et sous-éduqués plutôt qu'aux économistes de la banque de France... Vous allez vous ruiner mais dans votre malheur vous ferrez des heureux.


Alors oui c'est la catastrophe pour les spéculateurs, mais pour les citoyens français, cela sera salvateur, (l'emploi pourrait peut-être même repartir réellement sans que l'état n'ait à falsifier les chiffres avec des magouilles à peine voilés).

a écrit le 22/04/2016 à 9:37 :
La mémoire courte, la dernière fois et ce n'était pas la première cela a couté 50% de dette de PIB à la France en 2008 et vous en redemandez , franchement, nous sommes dans un monde de voyous, experts et commentateurs complices du grattage du menu peuple.
Mais d'accord sur un point, l'incapacité de nos dirigeants de trouver les solutions simple et efficaces pour répondre au seuls besoins vitaux de nos congénères, dans la paix et la fraternité.
Le monde de voyous ne sait pas le faire , il est centré sur l'enrichissement personnel de lui même est ses proches : c'est la classe internationale...voilà ce qu'il faut dénoncer et combattre à outrance, pas donner le temps aux exilés fiscaux de s'amender avant d'ouvrir les hostilités
a écrit le 22/04/2016 à 8:44 :
La bulle éclate un jour, et marche arrière, sauf à partir de prix très bas, ce qui n'est pas le cas de certaines régions comme Paris. Une hausse des prix de ventes sans hausse des loyers n'a pas de sens sauf à débarrasser les biens locatifs.
Il serait mieux d'encourager la construction locative ou la rénovation via une réduction d'IRPP de 20% sur tous les loyers sans limites comme autrefois.
a écrit le 21/04/2016 à 21:55 :
Une société qui maltraite autant sa jeunesse est vouée au déclin ...
et l'article en "oublie" même de citer les principales victimes de cette bulle: quantité négligeable
a écrit le 21/04/2016 à 19:20 :
"qu'un phénomène de stagnation séculaire des économies occidentales est en marche". Cette possibilité est devenue une réalité qu'Adam Smith avait déjà envisagé au XVIIIéme siécle ... John Stuart Mill nous donne le remède "Les sociétés industrielles modernes doivent laisser de côté la croissance supplémentaire et se concentrer sur la distribution.". Ce n'est pas le chemin qui est pris. Malgré le constat d'une croissance en berne, aucune distribution n'est faite envers les plus pauvres, ce qui pourrait pourtant permettre de relancer la machine économique, bien au contraire les moyens financiers sont concentrés vers ceux qui sont déjà les plus riches.
a écrit le 21/04/2016 à 17:03 :
La bulle immobilière française actuelle a été bénéfique pendant les années 2000-2007.
Mais on en paye désormais le prix. La compétitivité est au point mort, les familles n'ont plus de quoi consommer, une fois le loyer payé (ou le remboursement mensuel). Et sans consommation, l'emploi chute. La spirale est lancée.

La solution serait de laisser la bulle exploser, mais l'Etat et ses politiciens sont trop exposés, car ils détiennent trop d'immobilier locatif, et ils préfèrent voir le pays couler, plutôt que d'agir pour le bien du pays et des citoyens.

Du coup, l'Etat subventionne l'immobilier français via les APL, le Pinel ou meme les PTZ (ou l'Etat endosse gratuitement le risque de non-remboursement). Ces subventions sont payés avec vos impots, citoyens. Et vu que ces subventions augmentent, il va falloir, mécaniquement, augmenter vos impôts! (car les grandes entreprises et les riches font de l'optimisation fiscale - traduire "évasion fiscale"): du coup, c'est la classe moyenne française qui va trinquer.
a écrit le 21/04/2016 à 15:56 :
Test
a écrit le 21/04/2016 à 14:55 :
Il faut stopper la hausse de l'immobilier. Cela se fait au détriment des autres secteurs d'activités. Même les arbres ne montent pas au ciel. La déconnection entre salaire et prix de l'immobilier est totale
a écrit le 21/04/2016 à 13:46 :
"Le but est d'enclencher « un cercle vertueux » autour de la dépense en logement des ménages, qui représentait en France près de 22 % du PIB en 2014, soit 468,4 milliards d'euros" : Drôle de cercle vertueux... Les bénéficiaires de cette manne sont rarement en âge d'entreprendre et ces milliards seraient plus utiles dans les entreprises que dans l'immobilier ou sur des assurances vies.
Au lieu d'acheter du matériel pour produire, on investit dans de la pierre stérile et on fait monter les prix pour les jeunes qui ne peuvent plus économiser pour monter une boite.
Je doute que ce soit une volonté de la croissance, surtout une volonté de plaire à l'électorat de cette gérontocratie...
Réponse de le 21/04/2016 à 16:07 :
@hum : ok avec vous pour dire qu il vaut mieux investir dans les entreprises pour l économie .Sauf par exemple qu un investisseur immobilier reverse en 10 ans 56 % du prix de son achat en taxes et impôts : quelle belle idée reçue de dire que l immobilier coute de l argent à l état et au contribuable.
a écrit le 21/04/2016 à 12:51 :
Je pense plutôt que l'augmentation des prix de l'immobilier est une conséquence indirecte de l'augmentation du PIB : en effet, si le PIB augmente, cela signifie que le revenu par habitant augmente (si le PIB augmente plus vite que la population), donc que l'on peut acheter plus facilement, cela renforce la demande pour une même offre, et donc une augmentation des prix de l'immobilier.


Bref, ce n'est pas en doublant les prix de l'immobilier que l'on crée de la croissance, c'est avec de la croissance et la possibilité d'acheter plus cher que l'on augmente les prix de l'immobilier.
a écrit le 21/04/2016 à 10:36 :
Vous oubliez un élément essentiel, celui du niveau actuel des prix.
La référence en la matière sont les courbes de Friggit.
a écrit le 21/04/2016 à 10:29 :
dans les modeles "rational expectations" on apprend que c'est pas l'inflation qui influe les comportements, mais les variations inattendues de celle ci ( ou plutot de son ' esperance statistique')
effectivement, creer une bulle ca modifierait la perception......... le pb c'est que ca montre aussi qu'on revient a la realite une fois assimilee la vilaine fourberie ( ' a long terme', terme que les ultra neo keneysiens refusent, vu que ce qui compte pour eux, c'est le prochain trimestre et que l'addition est tjs ' payee par personne') ..... et ca il se trouve que c'est ce qu'on a actuellement
faut arreter d'aller de bulle en bulle, ca va mal finir...
a écrit le 21/04/2016 à 10:12 :
Les prix de l'immobilier sont totalement déconnectés de la hausse du pouvoir d'achat depuis des années.
Quel gouvernement aura la lucidité d'augmenter de 2 étages la hauteur des immeubles dans les grands centres tout en exigeant des habitations de qualité pour supprimer le déficit de terrain à batir ?
Les élus ont souvent beaucoup de patrimoine immobilier, veulent-ils vraiment que les prix se tassent ?
a écrit le 21/04/2016 à 10:11 :
Créer une bulle immobilière au niveau d'un pays, c'est comme contracter un emprunt toxique au niveau d'une commune. C'est bon pour se faire réélire, mais le retournement inévitable à moyen terme est dévastateur. Voir la crise du début des années 1990 en France. La crise des subprimes n'est pas seulement technique : c'est le fait que les américains ont pu consommer plus en empruntant plus avec la garantie d'une propriété immobilière qui ne cesse de se réévaluer. C'était aussi le résultat d'encourager massivement les plus démunis à l'accession à la propriété. Ce fut aussi la politique de Zapatero en 2004. Les crises espagnole et irlandaises de 2006 sont aussi exemplaires de l'éclatement de bulle immobilière.
a écrit le 21/04/2016 à 9:23 :
Oui pour la relance de la construction
Non pour l augmentation des prix de l immobilier

Cela paraît contradictoire à première vue mais c est tout à fait possible : il faut d attaquer à la rente du foncier et de l immobilier ancien et simplifier les normes

1. Fin de la rente du foncier et baisse cout des terrains
- obligation de construire dans les 5 ans si un permis de construire a été donné sinon perte du permis de construire
- les permis de construire sont donnés exclusivement sur des terrains appartenant à l état : l état racheté les terrains privés au prix de marché non constructible et récupère toute la plus Value suite au permis de construire + seule une autorité centrale peut donner des permis et pas les maires qui sont incités à la corruption (une simple signature d un maire permet de multiplier par 10 le prix d un terrain, comment s imaginer dans une petite ville où tout le monde de connait qu il n y ait pas corruption / copinage ?

2. Baisse des prix de l'immobilier ancien (taxe pour les multipropriétaires + baisse de la demande insolvable)
- taxe annuelle de 4% de l valeur des biens immobiliers déductible de l impôt sur le revenu sur la CSG et sur les charges salariales payés afin de n impacter que les rentiers
- plafonnement des loyers annuels à 6% de la valeur du bien immobilier
- suppression des apl
- interdiction de s endetter a plus de 15 ans pour de l immobilier
- obligation d avoir 30% d apport

=> immobilier ancien divisé par 2 ou 3 pour revenir sur une moyenne historique de la valeur de l immobilier par rapport aux salaires

3. Soutien construction
- pas de taxe de 4% sur l immobilier de moins de 10ans
- baisse des normes
a écrit le 21/04/2016 à 8:58 :
évidemment ! elle se profile
a écrit le 21/04/2016 à 8:29 :
Les bulles spéculatives, c'est comme la drogue : c'est très sympa
... au début seulement.

A mon tour d'avancer une corrélation:
Pays d'Europe avec le plus fort taux de propriétaires: Roumanie, Lituanie, Croatie.
Pays d'Europe avec le plus faible taux de propriétaires: Suisse, Allemagne, Autriche

Le taux de propriétaires est le marqueur d'un modèle économique.
Les pays qui valorisent excessivement la propriété immobilisent leur épargne dans la pierre, là ou d'autres investissent ailleurs ( recherche, industrie )
Quelle modèle veut-on? Roumanie ou Suisse?
Réponse de le 21/04/2016 à 12:00 :
Dans un pays où l'on doit forcément cotiser à la retraite, mais où les droits acquis par ces cotisations diminuent drastiquement (hold up de l'Etat, des élus et des régimes spéciaux que le privé doit tout de même financer à hauteur de près de 4 milliards tous les ans), mettre pendant 20 ou 25 ans toutes ses économies pour avoir un toit sur la tête est une précaution. Peut être que les Suisses ont davantage confiance dans l'avenir que nous. Peut être que l'on respecte davantage le cotisant et la propriété chez nos voisins. Hollande ne gouverne pas en Suisse. Bref, certains préfèrent partir en vacances tous les ans, d'autres découvrir les pays étrangers, d'autres encore investir dans la bourse ou changer régulièrement de voiture, voir fumer ou s'acheter des bijoux... Doit on aussi les taxer et les fustiger sur ces choix différents ? À partir du moment où on a payé toutes les taxes cotisations et impôts on devrait être libre de choisir comment utiliser le reliquat de notre salaire sans être pour autant des boucs émissaires de ceux qui ont fait des choix différents, que nous, nous respectons.
a écrit le 21/04/2016 à 8:20 :
Bonjour,
Cet article est très intéressant, il suscite néanmoins de nombreuses interrogations permettant d'affiner le raisonnement.
La corrélation entre hausse du PIB et augmentation du prix de l'immobilier est souvent due a des externalités qui sont absentes de votre article. Les politiques nationales, les taux directeurs de la BCE, la bulle obligataire en croissance, la baisse des rendements de l'épargne etc ... .
Créer une bulle profite énormément pendant la bulle et a des effets catastrophiques à l'éclatement.
Le manque de rendement marginal du capital et du travail est due en France à plusieurs facteurs structurels qui rentrent en corrélation avec les théories de Schumpeter à savoir que la concentration de capital dans un nombre restreint d'acteurs principalement liés au secteur bancaire et financier empêche l'innovation qui est génératrice de nouveaux marchés et donc d'emplois.
La capacité des entreprises françaises à innover est quasiment nulle car elles sont majoritairement dirigées par la génération soixantehuitarde qui a une vision de l'innovation et du futur devenue un peu trop étriquée pour le monde moderne.

Créer une bulle immobilière dans un secteur actuellement réputé cher en France par rapport à nos voisins européen, ne serait pas de bon aloi et permettrait uniquement de consolider des prêt de long terme pour le système bancaire.

Les besoins de logements en France sont aujourd'hui majoritairement liés aux classes populaires et classe moyenne peu aisée. Cela entre donc dans la politique de la ville des 20% de HLM par commune. Certes cela suscitera de l'emploi et des revenus publics néanmoins cela ne génèrera pas de bulle.

Enfin majoritairement miser sur la pierre aura pour effet indubitable d'augmenter les frais de succession mais également la fiscalité foncière. Cela aura donc un effet négatif sur les ménages aisés qui préfèrerons peut-être la Belgique ou l'Allemagne car moins cher dans le bâti et moins violent dans le fiscal.

Bref je reste très réservé quand à la pertinence de créer volontairement des bulles pour assurer des rentes de courts termes à certains secteurs économiques. LA R&D, la Formation, l'innovation, le digital, la robotique, la Chimie 2.0, l'économie propre et durable offrent plus de possibilités, de stabilités et sont un vivier de croissance totalement inexploité pour le moment en France si ce n'est entre Paris et Lyon ce qui est largement insuffisant.
a écrit le 21/04/2016 à 7:58 :
Seul probleme... nous sommes deja dans une bulle immobiliere..voir courbe de Friggit
a écrit le 21/04/2016 à 7:47 :
La solution à nos problèmes économiques est liée à l'énergie. Qui le fera comprendre aux Français? Nous sommes les seuls au monde à ne pas le croire en nous vantant d'avoir une énergie bon marché. Il faut taxer l'énergie pour réduire le cout du travail.
a écrit le 21/04/2016 à 7:46 :
Plus de bulle en France ?
Avec des prix trois fois plus élevé que les moyennes historiques rapportées sur le revenu ??

Vivement une correction de 66% pour revenir à la norme

Assez facile à obtenir :
- plafonnement loyer
- taxe immobilière
a écrit le 21/04/2016 à 7:44 :
Il est quoi, ? Thépot,,,,un "guignol" de l'info .....
Ben , c'est simple,,,,faites-moi une bulle immo , en avant même la fin de celle déjà énorme qui n'a pas fini de se résorber ! D'ailleurs, on peut attendre encore 10 ans.
Ce pays souffre de prix à l'accession pour les jeunes générations, et cet écocomique voudrait que cela s'aggrave. La pseudo-keynésie et ses cohortes de petits rappeurs déconnectés des fondamentaux sont devenus bons à faire les titres de La Tribune ?
Le dogme de la création de l'argent est devenu un droit, à croire que Ms Yellen a remplacé les playmates centerfold pour les apprentis en krypto-chiromancie...
C'est peu près du même acabit que les propositions du triste sire éructant Mélanchon pour sa solution à la dette française : ne pas la rembourser !

Nos ploutocrates philosophes économistes et maintenant écrivains, ont « basé » la monnaie sur la « désirabilité »….
Sans déconner, le jour où ça se produit, on va devoir être solidaires… mais avec le Somalien,,, pour arriver in fine à classer ce pays avec les républiques banannières.

Ce jour là, à tous les gauchiasses qui tenteraient de m’approcher, je leur incruste un marteau et une faucille entre les deux yeux…. et je les laisse crever la dalle… J’veux les entendre me dire : J’veux d’la soupe…:)
a écrit le 21/04/2016 à 7:22 :
Mais il n'y a pas de bulle immobilière en France, contrairement a l'Espagne, les prix baisses et la construction redémarre !

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