"Gilets jaunes" : les élus LREM pressent l'exécutif de répondre à l'urgence
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La ligne officielle, portée par le nouveau délégué général de La République en Marche Stanislas Guerini et le chef de file des députés LaRem Gilles Le Gendre, reste celle d'un maintien du cap réformiste mais les appels au dialogue et à l'accompagnement social de la transition écologique se font plus insistants depuis l'éruption de violences du 1er décembre en France.
La concertation décentralisée de trois mois lancée jeudi dernier par le Premier ministre Edouard Philippe servira de cadre à l'émergence de solutions, estiment une majorité de députés, alors que d'autres soulignent l'urgence.
Edouard Philippe, qui recevait lundi les représentants de la majorité dans le cadre de ses consultations politiques, se rendra mardi à la réunion du groupe LaRem à l'Assemblée, où l'inflexibilité du Premier ministre suscite en coulisses critiques et interrogations.
Le député de Gironde Florent Boudié - qui réclamait vendredi "une réponse très vive et très forte, sans quoi la situation pourrait se dégrader" - s'inquiète d'une dilution des débats. Dans Le Monde, notamment, il réclame "un blast politique, social et peut-être même institutionnel. "La réponse ne peut pas se borner à être placée sur le plan de la sécurité publique."
Dans un tweet publié dimanche matin, Emilie Cariou, élue de La Meuse et vice-présidente de la commission des Finances, laissait transparaître son irritation :
Au nombre des solutions immédiates, une suspension de la hausse de la taxe sur les carburants prévue au 1er janvier prochain est jugée la plus pertinente, au moins le temps des trois mois de concertation, mais pas suffisante.
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L'élu parisien Sylvain Maillard a également évoqué un coup de pouce au smic, écarté par Edouard Philippe. Le député de l'Hérault Patrick Vignal explique à Reuters souhaiter que le gouvernement "fasse évaluer par des économistes si on peut faire un geste sur le smic, si la réforme de l'ISF favorise ou pas l'investissement." Il défend aussi l'idée d'une progressivité de la CSG en faveur des retraités les plus modestes.
En pointe depuis des semaines dans le groupe pour demander une approche progressive de la transition écologique, l'élu du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin a rappelé à Reuters sa proposition d'une "prime mobilité travail" accordée selon les ressources, qui pourrait être étendue aux retraités, notamment.
Le gel de la taxe carbone figure aussi au nombre des hypothèses privilégiées par bon nombre d'élus.
De Pau (Pyrénées-Atlantiques), où il a reçu des manifestants, le président du Mouvement démocrate François Bayrou a plaidé pour un "moratoire". "Qu'on prenne le temps de réfléchir et pendant le temps où on réfléchit, qu'on n'ait pas de nouvelle augmentation", a-t-il dit au micro de BFM TV.
Le député de Paris Hugues Renson, vice-président de l'Assemblée, n'y est pas favorable.
Un député de la majorité s'inquiète d'un branle-bas finalement stérile.
Un sentiment d'urgence qui masque un début de mea culpa. "On a été trop dans l'idée de faire bien et vite", déclare à Reuters Bruno Questel, député de l'Eure.
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