Hausse des taux de la BCE : la dette française s'alourdit lentement mais sûrement
Paul Marion
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Bruno le maire defend une trajectoire de croissance et de baisse des deficits "credible"
ANNEGRET HILSE
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Bruno le maire defend une trajectoire de croissance et de baisse des deficits "credible"
ANNEGRET HILSE
C'était attendu, c'est arrivé. Ce jeudi midi, la Banque centrale européenne a acté une augmentation de ses taux directeurs de 0,75%. Pour casser l'inflation (et ne plus être taxée d'attentisme), l'institution de Francfort a donc eu la main lourde. La conjoncture économique n'en sortira pas indemne. En première ligne, les particuliers et les entreprises qui souscrivent des prêts à courte-échéance pour se financer.
« La BCE a agi sur ses trois taux directeurs à court terme. Cela se répercute d'abord sur les taux des crédits que souscrivent les ménages et les entreprises », rappelle l'économiste Eric Dor, professeur à l'IESEG. Quid des conditions d'emprunts des États ? Ils ne sont évidemment pas épargnés dans un contexte financier qui se durcit.
« Une hausse des taux directeurs ne peut avoir qu'un effet à la hausse sur les taux souverains (ndlr : taux d'intérêts auxquels les Etats empruntent sur les marchés financiers). Déjà parce qu'une partie des obligations d'Etat ont une échéance à court terme, même si ce n'est qu'une petite portion de l'ensemble de la dette », poursuit François Ecalle, ancien haut fonctionnaire à la Cour des comptes et fin connaisseur des finances publiques.
L'essentiel des titres de dettes publiques ont une échéance assez longue, au moins plusieurs années. L'obligation de référence arrive à maturité à 10 ans. Ce taux souverain à 10 ans est scruté comme l'indicateur clé de la confiance qu'ont les marchés dans la solvabilité d'un pays. « L'effet d'une hausse des taux sur la charge de la dette est progressif car il ne se manifeste que quand les emprunts arrivent à échéance. Mais cela aboutit à alourdir la charge de la dette », précise François Ecalle. En tout logique, une augmentation du taux à 10 ans ne se fait sentir qu'au moment où le Trésor rembourse ses créanciers... au bout de 10 ans. L'ardoise peut alors être lourde.
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François Ecalle souligne que +1% sur le taux souverain français à 10 ans coûte environ 40 milliards d'euros à la puissance publique, Etat et collectivités confondues. Cela représente le budget annuel des Armées. Pour cette seule année 2022, le paiement des intérêts de la dette a aussi gonflé de 17 milliards supplémentaires, en raison de l'indexation d'une partie des intérêts de la dette sur l'inflation.
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Paul Marion