L'Agence française de développement déplore « la très forte » baisse de son budget
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Rémy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD) (photo d'illustration)
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Rémy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD) (photo d'illustration)
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Le directeur général de l'Agence française de développement (AFD) est remonté. Ce mercredi, Rémy Rioux a déploré mercredi « la très forte baisse des ressources » prévue pour son agence, dans le budget du gouvernement pour 2025. Une perspective qui « déformerait fortement l'activité et la stratégie » de cet établissement financier public, déployé dans 150 pays.
L'aide publique au développement est l'une des missions les plus durement touchées dans le projet de loi de finances (PLF), dévoilé le 10 octobre, avec une baisse d'1,3 milliard d'euros, à laquelle s'ajoutent des économies additionnelles de 641 millions d'euros annoncées fin octobre par le gouvernement. Soit une diminution au total d'environ 34% l'an prochain par rapport à cette année.
Une situation que le directeur général a déplorée, lors d'une audition ce mercredi devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. « À un tel niveau, il ne s'agit pas d'une légère contraction. L'action de développement n'est pas un simple supplément d'âme. C'est une condition de notre prospérité. C'est une condition de notre sécurité. Elle prépare, elle complète, elle approfondit l'action diplomatique », a-t-il mis en avant.
Sur l'enveloppe totale actuelle allouée par l'Etat à la mission d'aide publique au développement de « 6 milliards d'euros, soumise à l'examen » des parlementaires dans le cadre du budget, l'AFD « en reçoit 2 », a précisé Rémy Rioux. « Ces 2 milliards d'euros de crédits budgétaires sont complétés par des ressources de marché (en empruntant sur les marchés, ndlr), nous atteignons 12 à 13 milliards d'euros de financement par an », a-t-il détaillé.
« Et si on ajoute les cofinancements », comme ceux de la Banque mondiale par exemple, « vous pouvez ajouter à peu près l'équivalent. Et donc avec 2 milliards d'euros, on fait 25 milliards de financements positifs, concrets. Pour 1 euro du contribuable, finalement, c'est 12 euros qui sont in fine investis par la capacité bancaire », a-t-il ajouté.
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Et le directeur de rappeler que l'AFD comptait « près de 5.000 collaborateurs dont 2.500 sur terrain, dans 150 pays et onze départements et territoires d'outre-mer ». « Nos interventions ont permis l'année dernière à 64 millions de personnes d'avoir un meilleur accès aux soins, à 14 millions de jeunes filles d'être scolarisées. Pour le climat, 40 milliards ont été engagés depuis 2017 », a-t-il notamment relevé.
Ce budget moindre de l'AFD va de pair avec une aide publique au développement globale de la France en baisse. Selon l'OCDE, l'aide publique au développement (APD) de la France aux pays pauvres a reculé en 2023 (14,3 milliards d'euros milliards d'euros), par rapport à 2022 (15,2 milliards d'euros). Ce qui a représenté 0,5% du Revenu national brut (RNB). Les autres pays riches francophones n'ont pas fait beaucoup mieux : l'APD de la Suisse représente seulement 0,6%, celle de la Belgique 0,44%, et celle du Canada 0,38%.
La France est donc encore loin de l'objectif des Nations unies visant à faire reverser par chaque pays développé 0,7% par an de son RNB, bien qu'elle se soit engagée dans une loi d'août 2021 à reverser ce pourcentage chaque année à partir de 2025. Depuis, de nouvelles coupes ont été annoncées cette année pour tenter de réduire le déficit public, attendu au-delà de 6% du PIB en 2024.
Début octobre, l'ONG économique Oxfam s'était montrée sévère sur le sujet envers le gouvernement. A l'occasion du Sommet de la francophonie, qui se tenait à Paris, l'association avait déploré dans un communiqué l'« hypocrisie » de la France sur sa politique d'aide au développement, entravée par des coupes budgétaires. Ceci, alors que des millions de francophones « ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence » à travers le monde.
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« Emmanuel Macron réalise l'un de ses plus beaux ''en même temps'' puisqu'il réunit ses homologues à Paris tout en leur retirant des financements essentiels à leur développement », dénonçait ainsi Alan Anic, chargé de campagne et plaidoyer solidarités Internationales au sein de l'ONG, cité dans ce communiqué.
(Avec AFP)
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