Argentine : la pauvreté atteint plus de 50% de la population sous Milei
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Sur une population de près de 47 millions d'Argentins, 52,9%, vivaient sous le seuil de pauvreté sur les six premiers mois (Photo d'illustration).
Reuters
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Sur une population de près de 47 millions d'Argentins, 52,9%, vivaient sous le seuil de pauvreté sur les six premiers mois (Photo d'illustration).
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En Argentine, la pauvreté explose. Sur une population de près de 47 millions d'Argentins, 52,9%, vivaient sous le seuil de pauvreté sur les six premiers mois de l'année, contre 41,7% au second semestre 2023, selon les chiffres de l'Institut national de statistiques (Indec), les premiers couvrant la présidence Milei. Soit un bond de plus de 11 points sur six mois.
Selon l'Indec, un « pauvre » en Argentine début 2024 disposait de moins de 237.000 pesos (près de 240 dollars). L'indigence, ou extrême pauvreté, sous le seuil d'un panier alimentaire de 107.000 pesos (109 dollars) a elle aussi fortement augmenté : 18,1% de la population. Un saut de plus de 6 points.
A noter que l'enquête semestrielle de l'Indec sur la pauvreté est une extrapolation, appliquée à la population totale, sur la base d'un échantillon statistique de 31 centres urbains.
Javier Milei, économiste « anarcho-capitaliste » comme il se décrit, mène depuis neuf mois une politique d'austérité drastique, qui a vu en particulier une dévaluation brutale du peso de 54% fin 2023, et un assèchement de la dépense publique, au nom de l'objectif « zéro déficit » budgétaire. Le président ultralibéral a ainsi défendu mi-septembre son premier budget prévenant qu'il opposera son veto présidentiel « à tous les projets » de loi menaçant l'équilibre du zéro déficit.
Cette thérapie « de choc » a entraîné une décélération marquée de l'inflation, ramenée à autour de 4% mensuels (contre 17% en moyenne par mois en 2023) et des équilibres budgétaires mensuels successifs, sans précédent depuis 15 ans. Mais sa politique a aussi conduit à une forte récession (-3,5% prévus à fin 2024), une baisse d'activité et des milliers de pertes d'emploi : le chômage est passé en un an de 6,2% à 7,7%. Un chiffre qui ne dit rien, pourtant de l'impact sur l'énorme secteur informel (qui représente plus de 45% de l'emploi total).
Hormis quelques semestres faisant exception, la tendance lourde en Argentine est à la hausse de la pauvreté depuis 2017, quels que soient les gouvernements : du libéral Mauricio Macri (2015-2017) ou du péroniste Alberto Fernandez (2019-2023). Mais elle n'avait jamais atteint 50% depuis une vingtaine d'années, quand la troisième économie d'Amérique latine se remettait à peine de sa « Grande crise » traumatique de 2001.
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Le porte-parole de la présidence Manuel Adorni a évoqué jeudi « la dure réalité » et les « bombes à désactiver » laissées par le gouvernement péroniste. « Personne n'a jamais dit que ce serait simple, que l'activité ne souffrirait pas ». « La meilleure façon de lutter contre la pauvreté est de lutter contre l'inflation », a-t-il insisté, défendant le cap d'austérité.
L'exécutif mise, lui, sur une reprise spectaculaire (jusqu'à +5%) mais seulement en 2025, après une récession de -3,8% en 2024. Et une inflation en 2025 à 18,3%, après 104,4% escomptés à fin 2024.
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La presse s'alarme d'un climat hostile envers les médias
Les médias argentins, réunis en assemblée générale, ont exprimé la semaine dernière leur inquiétude face à un climat « hostile » et de « dénigrement » à l'égard de la presse depuis plusieurs mois sous la présidence de Javier Milei, craignant que cela ouvre la porte à « une violence physique ».
L'Association des entités journalistiques argentines (Adepa) qui regroupe 180 médias dit ainsi avoir recensé « plus d'une cinquantaine de journalistes et médias qui ont subi, au cours des deux derniers mois, des accusations infondées et des dénigrements stigmatisant », souvent ad hominem.
Javier Milei est coutumier de sorties virulentes contre des médias ou journalistes critiques, que ce soit lors de discours, d'interviews, ou via son compte X qu'il utilise abondamment, disant préférer ce dialogue direct avec les Argentins.
L'Adepa juge par ailleurs « inquiétant » un décret publié début septembre, qui modifie une loi régissant depuis 2016 l'accès à l'information publique. Le texte réduit notamment l'éventail des documents considérés d'intérêt public légitime, et multiplie les exceptions pouvant être invoquées par l'exécutif pour ne pas divulguer une information : des « documents de travail », des informations sur la « sphère privée » des dirigeants, ou risquant de causer « dommages et préjudices ».
(Avec AFP)
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