Colossal, la Chine promet à l'Afrique plus de 50 milliards dollars
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La Chine a promis d'aider à créer au moins un million d'emplois en Afrique.
Thomas Mukoya
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La Chine a promis d'aider à créer au moins un million d'emplois en Afrique.
Thomas Mukoya
La Chine continue à pousser son avantage en Afrique. Son président, Xi Jinping, a promis au continent, dans le cadre des Nouvelles routes de la Soie, une aide financière équivalente à environ 45 milliards d'euros au cours des trois prochaines années, qui vise à renforcer les échanges en infrastructures et commerce. La deuxième économie mondiale est déjà le premier partenaire commercial du continent africain, avec 167,8 milliards de dollars (151,8 milliards d'euros) en échanges bilatéraux au premier semestre 2024, selon les médias officiels chinois.
La déclaration du président chinois a été faite à l'occasion du sommet du Forum sur la coopération Chine-Afrique, le plus grand rendez-vous diplomatique organisé à Pékin depuis la pandémie. Il réunit de mercredi à vendredi plus de 50 dirigeants africains. L'Eswatini (ex-Swaziland) est le seul des 54 pays africains à manquer à l'appel, en raison de ses liens diplomatiques avec Taïwan que Pékin considère comme une partie de son territoire.
Les relations Chine-Afrique connaissent leur « meilleure période de l'histoire », a assuré Xi Jinping lors de la cérémonie d'ouverture, dans le Palais du Peuple. S'exprimant également au sommet, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a assuré que la Chine et l'Afrique, en coopérant ensemble, pouvaient « mener la révolution des énergies renouvelables ».
Mercredi, le président zambien Hakainde Hichilema a ainsi annoncé un accord entre la compagnie nationale d'électricité zambienne (ZESCO) et le groupe chinois PowerChina pour étendre l'usage de panneaux solaires sur les toits dans le pays africain. Le Nigeria et la Chine ont eux annoncé prévoir de « renforcer la coopération » dans les infrastructures, notamment « le transport, les ports et les zones de libre-échange ».
La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a de son côté obtenu l'engagement par Xi Jinping de faire avancer le projet de train entre son pays et la Zambie, qui a pris du retard. Quant au Zimbabwe, il a obtenu la promesse d'une coopération renforcée dans « l'agriculture, l'exploitation minière, les énergies propres et les infrastructures de transport », selon un communiqué conjoint. Le président kényan William Ruto a, lui, indiqué que son homologue chinois avait promis l'ouverture du marché chinois aux produits agricoles de son pays.
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L'an dernier, William Ruto avait demandé à la Chine un prêt d'un milliard de dollars et la restructuration de la dette existante: son pays doit aujourd'hui rembourser plus de 8 milliards de dollars à la Chine. Les prêts des banques publiques chinoises ont soulevé des interrogations en contribuant à creuser l'endettement de certains pays. Le montant des prêts accordés par la Chine aux pays africains l'an passé a toutefois été divisé par six par rapport aux sommets atteints en 2016, où ils approchaient les 30 milliards de dollars (27 milliards d'euros). « Certains de ces prêts sont devenus un lourd fardeau pour leurs bénéficiaires », affirme Alex Vines, analyste au centre de réflexion britannique Chatham House, citant l'exemple du Kenya.
Selon les analystes, le ralentissement économique actuel en Chine pousse Pékin à réduire ses investissements en Afrique, malgré la concurrence croissante avec les Etats-Unis sur ce continent, en matière d'influence politique et d'accès aux ressources naturelles. En 2022, la Maison Blanche avait accusé Pékin de considérer l'Afrique comme « une arène importante pour défier l'ordre international ». La Chine a ainsi ouvert en Afrique sa toute première base militaire à l'étranger à Djibouti. Une seconde serait à l'étude, d'après des analystes.
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La Chine a investi 7,8 milliards de dollars dans l'exploitation minière en Afrique en 2023, selon le think tank néoconservateur américain American Enterprise Institute. L'entreprise chinoise publique MMG a ainsi racheté la mine de cuivre de Khoemacau au Botswana, l'une des plus grandes du monde, pour 1,9 milliard de dollars la même année. En juillet, le chinois JCHX Mining Management a pris 80% des parts dans la mine de cuivre endettée de Lubambe en Zambie, pour seulement deux dollars symboliques. L'Etat zambien a annoncé que l'entreprise prévoit d'y investir 300 millions de dollars pour la relancer.
La Chine a également investi dans des mines de cobalt et de lithium en Zambie, Namibie et au Zimbabwe. Elle investit également dans des compagnies minières au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, mais le gouverneur de la province a décidé en juillet de suspendre toutes les activités du secteur afin de « remettre de l'ordre dans l'exploitation de minerais ».
(Avec AFP)
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