Il y a un large consensus chez les Européens sur la nécessité d'une solidarité internationale, dans un monde où le risque de divisions augmente, souligne Rémy Rioux, le directeur général de l'AFD.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Cette année, vous avez élargi votre enquête annuelle sur la perception par les Européens de la politique de développement à quatre autres pays en raison de la tenue des élections européennes : l'Allemagne, l'Italie, la Pologne et la Suède. Quel est le premier enseignement que vous en tirez ?
RÉMY RIOUX - À l'heure où l'on ne parle que d'une Europe divisée et tentée par des forces prônant le repli national, ce sondage montre à l'inverse des Européens très conscients des interdépendances et appelant à des réponses collectives. Les sondés s'intéressent à l'actualité internationale - six sur dix le font quotidiennement -, et pensent très majoritairement que les solutions passent par plus de coopération. Plus de deux Européens sur trois soutiennent l'action internationale, de l'Europe comme de leur propre pays, en direction du « Sud global ». J'ai été surpris par le soutien très élevé des Italiens et des Polonais. Ce sondage montre un fort consensus des Européens sur la nécessité d'une solidarité internationale, non sans angoisse bien sûr face à un monde qui se fragmente, comme on le voit sur l'enjeu migratoire.