"L'urgence et la relance doivent fonctionner de pair" Laurent Saint-Martin
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Laurent Saint-Martin.
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LA TRIBUNE - Avec le budget 2021, le PFLR 4 pour 2020 et le nouveau confinement, comment concilier mesures d'urgence et plan de relance à long terme ?
LAURENT SAINT-MARTIN - La spécificité de la crise que nous vivons crée ce besoin de disposer de mesures d'urgence et de mesures de relance en parallèle. Cela risque encore d'être le cas pour encore plusieurs mois. Nous allons avoir besoin d'aider des secteurs d'activité qui sont en difficulté par rapport aux décisions administratives qui sont prises comme les confinements à répétition. Dans le même temps, l'économie française a besoin d'investissements pour relancer des secteurs qui le peuvent. C'est une forme "d'en même temps" très atypique. La crise n'a pas de comparaison historique sur laquelle on peut se baser.
L'urgence et la relance doivent fonctionner de pair. C'est néanmoins important de les distinguer. Ce ne sont pas les mêmes outils. Pour les outils d'urgence, nous avons mis en place le fonds de solidarité, l'activité partielle, les prêts garantis par l'Etat, les annulations de charges. Pour la relance, il faut plutôt anticiper des investissements pour demain afin de permettre aux entreprises de se moderniser, verdir leur processus industriel, améliorer leur compétitivité et mieux former leurs salariés. Le projet de loi de finances rectificatif 4 (PLFR 4) est dédié à l'urgence, et le projet de loi de finances 2021 est tourné sur l'avenir et la relance.
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Les économistes de l'Institut des politiques publiques (IPP) et du Cepremap ont montré que certaines mesures du plan de relance, comme la baisse des impôts de production, n'allaient pas cibler les entreprises les plus pénalisées par le confinement. Que leur répondez-vous ?
La baisse des impôts de production, qui est une mesure de relance, vise à rendre nos entreprises plus compétitives, et notamment nos industries. L'un des objectifs, très clair, est de relocaliser l'emploi industriel. Le ciblage de la baisse des impôts de production n'est pas une réponse à la crise en tant que telle. C'est un ciblage pour nos emplois industriels. La France sera plus forte dans une Europe plus forte si nous redevenons souverains à l'échelle industrielle.
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