"Coup de massue", "inadmissible et injuste", les professionnels s'insurgent contre la fermeture des restaurants

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(Crédits : Jean-Paul Pelissier)
Au lendemain de l'annonce du gouvernement de fermer les restaurants en zone "rouge écarlate", le président de la CPME demande une annulation de l'ensemble des charges et taxes qui pourraient peser sur les professionnels pour compenser ce nouvel arrêt de l'activité.

La fermeture des restaurants décrétée dans la métropole d'Aix-Marseille et en Guadeloupe pour lutter contre la reprise de l'épidémie de coronavirus est un "sacré coup de massue", a estimé jeudi sur Europe 1 le président de la CPME François Asselin.

"Aujourd'hui, le sol se dérobe sous leurs pieds parce que quand on ferme son activité, vous n'avez plus de recettes, vous n'avez plus de revenu, parce que ce sont des statuts d'indépendants, vous n'avez pas le droit à l'assurance-chômage", a déclaré le chef de cette organisation patronale représentant les PME.

"Pour les hôteliers, les bars et toute la filière amont, les fournisseurs, il faut tout simplement annuler leurs charges" et pas seulement les reporter, a-t-il demandé avant une réunion téléphonique à 11h30 du ministre de l'Economie Bruno Le Maire et du ministre délégué aux PME Alain Griset avec les représentants du secteur.

"Ils ne pourront pas rembourser, ou alors ça sera direction le tribunal de commerce et là, de toute façon, ils ne paieront pas", a estimé M. Asselin.

Il a aussi réitéré le souhait de la Confédération des petites et moyennes entreprises "que les dettes sociales des indépendants soient considérées comme des dettes de la personne morale et non pas de la personne physique".

Pour l'ensemble des secteurs, le président de la CPME a prédit qu'à partir du 7 octobre prochain "vous allez voir la sinistralité des entreprises augmenter en flèche" avec la reprise de l'obligation de déclaration des cessations de paiements devant les tribunaux de commerce.

Une profession en première ligne

Même son de cloche du côté des professionnels de la restauration et les bistrotiers ne décoléraient pas jeudi, dénonçant la "décision inique" d'un gouvernement "incapable de gérer la crise" sanitaire de fermer leurs établissements dans la métropole sudiste et dans celles comme Paris contraintes de fermer à 22 heures pour les bars.

"C'est une décision inique de la part du gouvernement qui ne cherche qu'à tenter de cacher son incapacité à gérer la crise", a déclaré à l'AFP Franck Trouet, porte-parole du syndicat patronal GNI, qui représente les indépendants de l'hôtellerie et de la restauration.

"Cette situation est absolument inadmissible et injuste et nous demandons un retrait immédiat de ces mesures", a renchéri, Roland Héguy, président de l'Umih, principal syndicat du secteur des hôtels, cafés, bars, restaurants et discothèques. "Notre profession sert à chaque fois de variable d'ajustement dans cette crise, alors même qu'elle travaille en permanence sur les protocoles sanitaires et que la hausse des contaminations est surtout le produit des rassemblements spontanés dans toutes les villes."

Pour M. Trouet, la mesure est "injustifiée car les contaminations surviennent dans le milieu privé et familial". En outre "c'est discriminatoire, parce qu'on nous stigmatise. Et c'est contre-productif: en fermant nos établissements à 22h, on pousse nos clients à faire la fête ailleurs: les plages et bords de fleuves tant qu'il fait beau, et demain les appartements privés."

Le GNI estime que cette situation résulte de "l'incapacité du ministre de l'Intérieur à faire respecter les règles: interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes, de la consommation d'alcool sur la voie publique, distanciation sociale et port du masque".

"Nos établissements, eux, ont dépensé des millions d'euros pour respecter les protocoles, et on veut nous faire fermer ?", s'interroge M. Trouet.

Reçus jeudi matin par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à Bercy, les professionnels demandent de nouvelles aides publiques pour leurs établissements.

Face à une remontée du taux d'incidence du Covid-19 à Aix-Marseille et en Guadeloupe, ces deux régions ont été placées en "zone d'alerte maximale", avec des bars et restaurants contraints de fermer dès samedi.

Onze autres métropoles dont Paris et sa banlieue ont été placées en "zone d'alerte renforcée", avec fermeture des bars à 22 heures et limitation des ventes d'alcool.

Lire aussi : Fermetures des bars à Aix-Marseille, interdictions après 22H: la nouvelle carte des mesures face au Covid-19

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Commentaires
a écrit le 24/09/2020 à 15:10 :
D'après ce que j'ai compris, le taux de prolifération du virus est très élevé à Marseille et surtout, d'après le représentant de l'Assistance Publique de Marseille, le nombre de lits disponibles en réanimation était déjà faible la semaine dernière, .
Ce sont des faits qui, peut-être, expliquent la décision. Quid de Paris ?
Cordialement
a écrit le 24/09/2020 à 13:29 :
Et oui la cigale et la fourmi : à faire la fête sur la plage, dans les boîtes de nuit, au bar et au resto (etc) sans masque et au mépris de la moindre protection et vigilance, il arrive un jour où la cigale se retrouve bien démunie et crie au scandale....Alors qu'elle n'a qu'à et ne peut que s'en prendre à elle-même.....Il est facile de s'en prendre aux autres, (le reste de la France, le gouvernement), alors que simplement faire attention et toujours porter le masque auraient éviter tout cela.
Réponse de le 24/09/2020 à 21:47 :
Bien sur,
le fait que Marseille soit concerné n'entre pas en ligne de compte (Il ne faut pas punir Raoult)
Le fait que selon les critères du Déconfinement tout aille bien non plus.
Ils veulent juste faire oublier la gestion désastreuse du début de l'épidémie et pour cela il faut que ca doure.
a écrit le 24/09/2020 à 11:36 :
Voilà ce qui arrive quand on préfère le savant de Marseille au savon de Marseille. Confier son avenir à un bonimenteur récidiviste et à sa copine verte-pastèque expose à des conséquences néfastes. Apparemment ils savaient tout mieux que tout le monde en mars-avril, qu'ils se débrouillent avec leur folklore local maintenant !

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