La France évite la récession et enregistre une croissance meilleure que prévu en fin d'année
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Villeroy de Galhau, le Gouverneur de la Banque de France
BENOIT TESSIER
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Villeroy de Galhau, le Gouverneur de la Banque de France
BENOIT TESSIER
Pas de récession en France. Selon la Banque de France, l'économie tricolore a enregistré une croissance de 0,2% au quatrième trimestre. Et échappe à la récession dans la mesure où, après un recul de 0,1% au troisième trimestre, la France n'enchaîne pas deux trimestres consécutifs de baisse du PIB, qui définit récession. Cette croissance en fin d'année provient notamment de la progression des services marchands, indique la Banque de France dans son enquête mensuelle de conjoncture (EMC). La France fait même mieux que prévu dans la mesure où la Banque de France anticipait jusqu'ici une croissance de seulement 0,1% au quatrième trimestre.
« L'activité serait portée ce trimestre par les services marchands, grâce notamment à l'information-communication, l'hébergement-restauration et les services aux entreprises. Dans l'industrie manufacturière, la valeur ajoutée rebondirait après la baisse du troisième trimestre », ajoute-t-elle.
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui table sur une croissance nulle entre octobre et décembre 2023 après un recul de 0,1% du PIB à l'été, doit publier fin janvier une première estimation de la croissance au quatrième trimestre. Si jamais les 0,2% attendus par la Banque de France au quatrième trimestre se confirmaient et que le chiffre de croissance des trois autres trimestres de l'année 2023 n'était pas révisé, la croissance française pour l'ensemble de l'année atteindrait alors 0,9%, a expliqué Olivier Garnier, le chef économiste de la banque centrale. Celle-ci anticipait jusqu'ici une progression annuelle du PIB de 0,8%, comme l'Insee. Le gouvernement parie lui sur une croissance d'1% en 2023, après 2,5% en 2022.
La révision à la hausse de la croissance du 4e trimestre résulte d'une « bonne surprise sur l'activité en décembre », qui a progressé à une vitesse « un peu plus soutenue que ce qui était anticipé » par les chefs d'entreprise, selon Olivier Garnier.
La banque centrale française prévient toutefois que la petite embellie pourrait ne pas durer.
« Dans le reste de l'industrie, le niveau des carnets est dans l'ensemble jugé bas », rappelle-t-elle cependant. Sur le front de l'inflation, la modération des prix de vente se poursuit, souligne la BdF, qui pointe une stabilisation des prix des matières premières et une faible progression des prix des produits finis.
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Pour 2024, Bruno Le Maire a indiqu lundi que la croissance serait positive, sans donner de chiffre alors que le gouvernement tablait jusqu'ici sur une croissance de 1,4%. Un objectif difficile à tenir. En fin d'année dernière, la Banque de France tablait de son côté sur 0,9% et les prévisions de l'Insee, qui ne vont pas au-delà du premier semestre, prévoient une très légère croissance de 0,2% au premier et au deuxième trimestre.
Cette annonce intervient alors que le ralentissement de l'économie en fin d'année dans la zone euro a accru le risque d'une récession au deuxième semestre 2023 et les perspectives restent moroses, a estimé mercredi un haut responsable de Banque centrale européenne (BCE).
Le PIB des 20 pays de la zone euro a déjà reculé de 0,1% de juillet à septembre et selon lui, une contraction de l'activité au quatrième trimestre est donc probable.
Parmi les économies principales, l'Allemagne connaît un ralentissement marqué, pénalisée à la fois par la flambée des prix énergétiques, les hausses des taux d'intérêts et l'affaiblissement d'importants marchés à l'exportation, Chine en tête.
Sur le plan de l'inflation, contre laquelle la BCE mène un resserrement sans précédent de sa politique monétaire, la trajectoire de baisse constatée depuis plusieurs mois va se poursuivre, mais moins vite, estime-t-il.
« Le rythme rapide de désinflation (...) devrait ralentir en 2024 », selon Luis de Guindos.
L'inflation a chuté rapidement pendant la majeure partie de 2023 en zone euro, mais est remontée à 2,9% le mois dernier, principalement en raison d'effets statistiques liés à l'expiration de mesures prises pour compenser l'envolée des prix de l'énergie.
Après dix hausses consécutives de taux d'intérêt, la BCE a laissé ses taux inchangés depuis septembre et vise un retour progressif de l'inflation à son objectif de 2%.
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« Les pressions salariales élevées, l'issue des négociations salariales à venir et l'intensification des tensions géopolitiques ajoutent à l'incertitude quant à la trajectoire future de l'inflation », a expliqué le responsable.
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