« La France n'a pas de problème pour se financer actuellement », Xavier Ragot (OFCE)
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Xavier Ragot est directeur de recherche au CNRS et professeur d'économie à Sciences-Po.
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Xavier Ragot est directeur de recherche au CNRS et professeur d'économie à Sciences-Po.
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LA TRIBUNE - La France est actuellement dans une situation budgétaire périlleuse. Elle doit faire face à des investissements colossaux dans la transition écologique, la défense ou la santé. Et dans le même temps, l'Hexagone s'est engagé à respecter les nouvelles règles budgétaires européennes. Que préconisez-vous ?
XAVIER RAGOT - La France sort des différentes crises financières avec une dette et un déficit bien élevés. La dette est passée d'environ 20 points de PIB dans les années 1970 à 110 points actuellement. Avec les prévisions actuelles de taux d'intérêt et de croissance, la réduction de la dette devra passer par un dégagement de surplus primaires, c'est-à-dire hors charge d'intérêt sur la dette publique.
La note du Conseil d'analyse économiques préconise une cible de surplus primaire d'environ 1 point de PIB à moyen terme. Le but est déjà d'arriver à stabiliser la dette publique à un horizon raisonnable. Cela peut sembler peu ambitieux, mais c'est déjà un effort important, car il ne faut pas que la consolidation budgétaire pèse sur la croissance, si elle est faite trop brusquement.
Vous évoquez des taxes temporaires dans la note du Conseil d'analyse économique. À quoi pensez-vous en particulier ?
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Volontairement, nous n'avons pas évoqué le détail des baisses de dépenses ou de hausse de taxes pour atteindre cet objectif, même si dans le texte nous évoquons des pistes, et que les trois auteurs (les deux autres auteurs sont Thomas Philippon et Adrien Auclert, NDLR) ont des idées sur le sujet. En effet, ce qui nous semble essentiel, en comparant les succès des autres pays en matière de finances publiques est l'atteinte d'un consensus large national sur le sujet, qui soit vraiment opérationnel.