Déficit : des économistes préconisent un régime drastique de 112 milliards d'euros
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le ministère de l'Economie et des Finances.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le ministère de l'Economie et des Finances.
Reuters
La France s'enfonce dans une situation budgétaire chaotique. Trois semaines après le second tour des élections législatives, la situation politique est toujours enlisée. La proposition du Nouveau Front Populaire (NFP) de nommer la fonctionnaire Lucie Castets à Matignon a été balayée d'un revers de main par le chef de l'Etat Emmanuel Macron mardi soir. À Bercy, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire planche toujours sur le budget 2025. « Il y a beaucoup de réunions pour préparer le budget », assure son entourage. Démissionnaire, le locataire de Bercy a dévoilé il y a quelques jours ses dernières pistes d'économies à La Tribune. Après les 10 milliards d'euros décidés par décret en février, le prochain exécutif va sans doute devoir trouver des nouvelles recettes fiscales ou des pistes d'économies pour respecter les objectifs budgétaires de la Commission européenne. Pour rappel, Emmanuel Macron s'est engagé à ramener la France sous la barre des 3% de déficit d'ici 2027.
Dans ce contexte, le conseil d'analyse économique (CAE), rattaché à Matignon et présidé par Camille Landais, a livré ses dernières recettes au prochain exécutif dans une note rendue publique ce mercredi 24 juillet. « Les futurs gouvernements feront face à un double défi. D'une part, pour garantir la soutenabilité de la dette, continuer à se financer à des taux d'intérêt bas et respecter ses engagements européens, la France doit réduire son déficit public dans les années à venir. D'autre part, pour protéger la croissance et éviter une hausse du chômage, elle doit éviter une consolidation trop rapide », soulignent les économistes. Pour mémoire, la dette de la France s'établit à 110% du produit intérieur brut (3.160 milliards) et le déficit public à 5,5% du PIB (154 milliards).
À lire également
La France va devoir faire face à d'immenses chantiers dans les années à venir en matière de transition écologique, de Défense et de santé. Les différentes évaluations menées par les économistes chiffrent les besoins d'investissements dans la transition écologique à plusieurs dizaines de milliards d'euros, sans compter les coûts de l'adaptation. Faisant désormais référence, le rapport de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouhz préconise des investissements de l'ordre de 60 à 70 milliards d'euros par an d'ici 2030 pour parvenir à baisser les émissions de CO2 de 55% (par rapport à 1990). Dans le même temps, l'Hexagone va devoir engager une trajectoire de rétablissement des comptes publics.