La France veut rétablir ses finances d'ici à 2027, au prix d'efforts sur la dépense

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Le ministère de l'Economie et des Finances
Le ministère de l'Economie et des Finances (Crédits : Reuters)
Dans sa trajectoire à moyen terme des finances publiques, transmise jeudi au Haut conseil des finances publiques (HCFP), le ministère des Finances prévoit ainsi que le déficit public repassera sous la barre des 3% en 2027, à 2,8%.

Une fois la crise passée, le gouvernement se donne cinq ans pour rétablir les finances publiques, et prévient d'ores et déjà que cela passera par des "efforts importants" sur la dépense publique, même s'il réfute toute volonté d'austérité.

Dans sa trajectoire à moyen terme des finances publiques, transmise jeudi au Haut conseil des finances publiques (HCFP), le ministère des Finances prévoit ainsi que le déficit public repassera sous la barre des 3% en 2027, à 2,8%.

Après avoir atteint le niveau record de 9,2% l'an dernier avec les moyens considérables engagés pour faire face à l'épidémie de Covid-19, la baisse envisagée est considérable.

Le ministère de l'Economie défend un objectif "ambitieux" mais aussi "le choix de la sincérité et de la responsabilité".

Après la récession historique de 2020 (-8,2%), il compte en partie sur le retour dès 2022 au niveau d'activité d'avant-crise, grâce notamment au plan de relance, et à une croissance qui se stabiliserait à 1,4% par an à partir de 2025.

Mais le gouvernement envisage surtout de s'attaquer aux dépenses publiques en ramenant leur hausse à +0,7% par an en moyenne (hors dépenses d'urgence et de relance) jusqu'en 2027, contre une hausse de 1% par an entre 2017 et 2019, et de 1,4% par an durant la décennie 2010.

Pas question de les réduire de manière "brutale", assure-t-on à Bercy, où on veut éviter le fiasco de l'après-crise financière de 2008, quand la politique d'austérité mise en place à partir de 2011, notamment via des hausses d'impôts, a freiné la reprise.

Montrer les efforts

Pas de hausse d'impôt en vue cette fois donc, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire martelant que, lui à Bercy, cela n'arrivera pas.

Mais des choix à faire sur les politiques publiques jugées prioritaires, avance Bercy, qui ne donne pas plus de détail à ce stade.

Et surtout: poursuivre les réformes structurelles, en particulier celle des retraites, suspendue du fait de la crise sanitaire.

L'enjeu est aussi de montrer à la Commission européenne que la France fait les efforts réclamés depuis des années, et redemandés dans le cadre des 40 milliards d'euros de subventions qu'attend la France du plan de relance européen.

Pour tenir la trajectoire, le ministère de l'Economie plaide pour l'instauration d'une règle pluriannuelle sur la dépense, reprenant ainsi une des recommandations du récent rapport Arthuis sur l'avenir des finances publiques.

Cela pourrait passer par le futur projet de loi organique sur la gestion des finances publiques, porté par le président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale Eric Woerth (LR) et le rapporteur général du Budget Laurent Saint-Martin (LREM).

Ce plan risque d'ulcérer à gauche, où on redoute depuis des mois que le rétablissement des finances publiques soit l'occasion d'"imposer des politiques d'austérité", selon les mots du leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Décrue du ratio d'endettement après 2025

 Le retour du déficit dans les clous des règles européennes qui prévalaient avant leur suspension décidée durant la crise doit permettre de réduire progressivement le ratio d'endettement public, qui a flambé à 115,7% du PIB en 2020.

Dans un premier temps, il continuerait d'augmenter jusqu'à 118,3% en 2025, avant une lente décrue à 117,7% en 2027, selon les prévisions du gouvernement.

Soit encore loin du plafond de 60% prévu dans le Pacte de stabilité européen.

Si, pour Bercy, l'Europe a besoin de "règles communes", cette règle sur le ratio d'endettement public devrait être "revisitée", pour ne pas imposer un rythme unique de réduction, alors que les niveaux diffèrent largement d'un Etat à l'autre.

Surtout, tout effort doit attendre la fin de la crise sanitaire. Car celle-ci va encore demander des efforts budgétaires cette année.

Après avoir dépensé près de 160 milliards d'euros en 2020, Bercy prévoit désormais encore 40 milliards d'euros de dépenses de soutien cette année (fonds de solidarité, activité partielle, etc.), et 15 milliards d'euros de dépenses de santé.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2021 à 23:51 :
Quelle drôle d'idée que de vouloir réduire les dépenses en faisant appel à des cabinets anglo-saxons qui coûtent un bras et échappent à l'impôt en France (Mc Kinsey, Accenture, ...) ?
a écrit le 09/04/2021 à 17:10 :
Après la pluie le beau temps? On peut émettre des doutes sur les capacités
à réaliser les objectifs voulus, car les dépenses qui ont été déclenchées en marge de la Covid sont considérables.
a écrit le 09/04/2021 à 14:32 :
Ce gouvernement veut dans l'avenir réduire les effectifs de l'hôpital, des finances, etc.....
La France est devenue en immense ZOO tout simplement. Viendra rapidement le jour ou les revenus supérieurs ne pourrons plus payer pour tout cet assistanat.
a écrit le 09/04/2021 à 14:18 :
Si loin et long, désespérant. PAS CREDIBLE.
Les rapports de La Cour des Comptes toujours JETES depuis 1981.

Les taux longs remonteront,
les dépenses publiques demeureront 13 points au dessus de l'Allemagne.

DESESPERANT
a écrit le 09/04/2021 à 14:17 :
Hihihi...
a écrit le 09/04/2021 à 14:15 :
Décourageant de constater que l'on continue à considérer les français pour des.. Non crédible! On constatera que 2027 est la fin du prochain quinquennat....
a écrit le 09/04/2021 à 13:22 :
Il faut supprimer le sénat, les commissions et observatoires theodule, supprimer les avantages des anciens présidents de la république , diminuer la rémunération des hauts fonctionnaires, supprimer les dépenses superflues de communication, réduire le nombre d'élus, le millefeuille administratif, notamment les conseils départementaux......ah de l'audace !!!
a écrit le 09/04/2021 à 13:10 :
Rétablir les finances veut dire arriver à l'équilibre et avoir des finances saines veut dire faire des excédents pour rembourser la dette.
Repasser sous la barre des - 3% veut dire continuer à dépenser plus et à continuer à creuser le trou.
Faudrait peut-être introduire des cours de comptabilité basique à l'ENA!!!
a écrit le 09/04/2021 à 12:47 :
Sans une véritable réforme qui réorganise l'état,
Qui supprime tout ce qui est inutile, aucune économie ne pourra être faite.
a écrit le 09/04/2021 à 11:47 :
Une solution pourrait être de nommer un ministère "technique" réduit puisque qui trop embrasse mal étreint; une petite dizaine de ministres devrait suffire, ce qui libérerait l'activité économique ingénieuse; en rajoutant la mise en demi-solde de nos parlementaires déjà en demie activité, nous pourrions gagner en temps et donc en argent. En fait, la vraie solution serait de confier la gestion du pays à un patron dont l'entreprise a réussi brillamment industriellement et où le personnel est heureux (une quadrature du cercle) mais où est cette perle rare?
Réponse de le 09/04/2021 à 13:35 :
Air Liquide ?
a écrit le 09/04/2021 à 11:05 :
amusant si Pinocchio était en politique les ministres de Bercy depuis des décennies auraient le nez qui toucheraient la lune celle qu'ils veulent décrocher. Les 3 points font rêver nos politiciens mais le rêve malheuresement n'est pas réalité surtout en politique. Pour que notre pays puisse un jour se conformer à l'ensembles des critères européens déficit, budget etc il faudrait un changement radical de la gestion de la France c'est à dire accepter des réformes de fond et non des saupoudrages électoraux. Les politiques qu'ils soient de droite de gauche du plus souple au plus extrême ne changeront jamais le déclin national les seuls qui peuvent modifier nos gouvernances les préteurs de nos fins de mois mais la gageons une forme de 1789 avec un après qui ne changera rien car après une révolution ceux qui gouvernaient se parent d'une nouvelle tenue mais garde le pouvoir. En général l'après montre que les mêmes sont au pouvoir et les pauvres sont encore plus pauvres mais ils auront eu leur moment de gloire les autres continueront leur gavage.
a écrit le 09/04/2021 à 11:01 :
Je vois pas comment un gouvernement qui a jamais ete capable de reduire la depense va y arriver demain. Surtout que la conjoncture va etre defavorable avec un grand nombre de boomers qui vont prendre leur retraite et couter un max en soins medicaux (le paiement des pensions est le premier poste de depense, les soins medicaux le second)
Alors on peut evidement faire des economies de bout de chandelles en reduisant l entretien des routes ou sous payant les chercheurs mais ca a ses limites (par ex dans le declassement technologique de la france)



PS:
1) la pseudo reforme des retraites n aura des effets que dans 10-15 ans alors que c est les pensions des retraités d aujourd hui qu il faudrait reduire, pas celle qu on devra payer dans 20 ans.

2) comment croire qu un gouvernement va reelement reduire la depense alors qu il s apprete a depenser des millions pour acheter des tampax (si si ca s appelle la precarite menstruelle ... on se demande comment faisaient les femmes il y a 20 ans ...)
Réponse de le 09/04/2021 à 11:29 :
En bref, les plus aisés ont été peu touchés par la crise, et ce sont les plus pauvres qui vont payer les échecs de la politique sanitaire de M. MACRON.
Après avoir été les plus touchés sanitairement et économiquement.
a écrit le 09/04/2021 à 10:34 :
Pour réduire la dépense publique faut-il avoir encore le courage de réformer : fermeture des administrations publiques ou territoriales en doublons ou sans utilités, sureffectifs des fonctionnaires et augmentations de la productivité de ceux-ci, réforme des retraites des fonctionnaires injustifiés et très inégalitaires avec le privé... Le gouvernement et Macron comme ses prédécesseurs a une facilité de taper sur les pauvres chômeurs ou le privé sans défenses pour faire les réformes mais se frotter aux syndicats publics et des fonctionnaires c'est toute une autre histoire par manque de courage !
a écrit le 09/04/2021 à 10:21 :
Solutions : couper à la hache dans les fraudes fiscales et sociales, fermer les comités théodules, stopper les subventions, Interdire les indemnités supérieures à celles du Président, limiter les retraites par répartition à 4000 euros par foyer fiscal, Suppression des sciences Po (c'est en cours avec la réflexion sur l'ENA), Imposer un niveau de prélèvement fiscal pour l'ensemble des sociétés en Europe 25% par exemple, Stopper l'immigration, Votation populaire pour les grands projets, reformer le système scolaire, Etc... Bref, il y a du boulot..
a écrit le 09/04/2021 à 10:16 :
Trop drôle
on n'y croit même pas une seconde
Ce n'est pas un article que la tribune a oublié de faire paraître le 1et Avril ?
a écrit le 09/04/2021 à 10:15 :
Les promesses n'engagent...bla..bla..bla.
En même temps quand on sait comment a été déterminé le "3%" de déficit tout et son contraire peut être dit.
a écrit le 09/04/2021 à 9:30 :
Avec lemaire il faut tjrs prendre le contrepied de ses declarations.
Entre enarques, c'est un signe de reconnaissance.
a écrit le 09/04/2021 à 8:04 :
Nous aimerions bien les croire.

Cependant, les 40 dernières années nous ont montré que ce genre de promesses pluri-annuelles n'ont jamais été tenues.

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